Compains

Histoire d'un village du Cézallier

– L’oratoire de Saint-Georges

 

 

L’ORATOIRE DE SAINT-GEORGES

     

      L’emplacement choisi pour bâtir l’oratoire de Saint-Georges n’est pas fortuit. On connaissait depuis des temps immémoriaux en Auvergne les propriétés guérisseuses des eaux des montagnes. La superposition des croyances païennes et chrétiennes chez les villageois incita pour installer l’oratoire à choisir de christianiser la source qui jaillit non loin du centre de Compains, près du chemin qui conduit du bourg à Cureyre. L’eau de cette fontaine était réputée soigner la gale.

      De dimensions modestes, l’oratoire dédié à saint Georges, patron de la paroisse, prit la forme d’une petite chapelle totalement ouverte sur l’un de ses côtés, couverte de lauzes et surmontée d’une croix. Au fond de l’oratoire, une niche aujourd’hui vide abritait  derrière une grille une représentation du saint  aujourd’hui disparue.

 

   L’oratoire de Saint-Georges

 

       Dans la première moitié du XVIIe siècle, le témoignage d’un religieux étranger à la paroisse vient attester de l’existence à Compains de ce petit oratoire. Ce récit d’un contemporain permet de préciser l’ancienneté de l’oratoire et d’en fixer la construction avant 1646.

      Lors de son passage à Compains le 11 septembre 1646, le religieux Jacques Branche (1590-1662), prieur de l’abbaye de Pébrac, fut  conduit jusqu’à l’oratoire de Saint-Georges par ses deux collègues Antoine Dalbert, curé de Compains, et Chabaud, curé de Besse. Dans un ouvrage qu’il publia en 1652, Jacques Branche évoque cette visite et en particulier les vertus attribuées à la source guérisseuse de l’oratoire où il avait pu découvrir une belle fontaine en façon de chapelle dédiée à sainct Georges martyr […] où tant les hommes que les chevaux qui en boivent guérissent ordinairement de la gale.

 

Source Saint-Georges

Edit Perrière, Compains, P.-de-D.

     

      L’oratoire avait donc bien à cette époque la forme de chapelle que nous lui connaissons encore aujourd’hui. Mais quand fut-il construit ? La suite de nos recherche nous l’apprendra peut-être. En tous cas, l’existence d’un oratoire n’est pas évoquée dans le procès-verbal de la visite pastorale que fit en 1634 à Compains Robert Brossel, archiprêtre d’Issoire, pas plus que dans les procès-verbaux des visites pastorales suivantes qui ne s’intéressent il est vrai qu’aux édifices cultuels.

       Un siècle plus tard, des habitants testent en 1746 et font des dons pour la continuation d’un oratoire a la fontaine de Saint-George », indiquant que l’édifice a sans doute besoin de rénovation.