Compains

Histoire d'un village du Cézallier

– Les domaines

 

Cureire et la Montagne du Rouget du Moyen Âge à la fin de l’Ancien Régime

 

Les domaines

     A Compains, les domaines tenus par des propriétaires – nobles ou roturiers, résidents ou non –  se sont multipliés dans la seconde moitié du XVIIe siècle (Cureire, Redondel, Moudeire, Yvéra, Joran, Malsagne, Groslier…).

      Rappelant une ordonnance plus ancienne,  un texte royal du 8 décembre 1705 définissait ainsi le domaine : « est réputé corps de domaine toute ferme ou métairie de quelque nature de biens qu’elle soit composée, où il y aura maison suffisante pour loger un métayer, où il puisse mettre à couvert ses grains, fourrages et bestiaux, et qui sera du rapport de 150 livres pour le propriétaire, frais de culture déduits », [Poitrineau].

      Le domaine est donc un vaste ensemble d’un seul tenant composé d’éléments complémentaires : le logement de l’exploitant métayer, les étables des bestiaux, les granges de stockage, des jardins potagers, des prés et des montagnes qu’on convertissait parfois en prés. On est à l’opposé des modestes « héritages » dispersés complétés de communaux exploités par la majorité des paysans des montagnes, qu’ils soient dits « laboureurs »  ou, pour les plus pauvres,  journaliers ou brassiers.

 

De Bréon à Montmorin-Saint-Hérent

     Le village de Cureire avait été vendu par Maurin de Bréon en 1359 pour la somme de 600 livres à « noble Guilhaume de Tinerie, seigneur de Val » [en Artense]. La fille de Guillaume de Tinière, Dauphine, hérita de Cureire qui de ce fait, passa à son mari Geoffroy de Montmorin. Cette transmission  initiait la présence des Montmorin à Compains pour plus d’un siècle. En 1546, François de Montmorin-Saint-Hérent dans son hommage au seigneur de Mercoeur, déclarait tenir, outre sa seigneurie de Brion, les quatre villages de Cureire, Espinat, La Fage et Chaumiane déjà aux mains de Jean de Montmorin au moins depuis 1513.

 

Antoine Ribeyre, seigneur d’Opme, grand propriétaire foncier à Compains

    

     Conseiller du roi en tous ses conseils, lieutenant général en la sénéchaussée et juge provincial d’Auvergne, Antoine Ribeire résidait dans son hôtel de Clermont. En 1665, il est propriétaire non exploitant d’importants biens fonciers au sud de Compains : la Montagne de Joran dont il est « seul seigneur haut justicier proprietaire desdites montaignes de Giaurand ». Le Joran contient plus de 300 têtes d’herbage (une tête équivaut environ à un hectare). S’y ajoutent près de Cureire la Montagne du Rouget dite aussi Montagnoune et la Montagne du Cros de Joran, au nord de La Godivelle.

     A partir de 1665, la réorganisation de ses biens par Antoine Ribeire sera à l’origine d’importants mouvements fonciers dans la commune.

 

Opme – Château d’Antoine Ribeire

 

Antoine Ribeyre achète le domaine de Cureire (3 octobre 1665)

     La « métairie et le domaine de Cureire » sont achetés par Ribeire 950 livres à Michel Chandezon, un bourgeois endetté de la paroisse de Collamine-le-Puy (Saint-Pierre Colamine près de Besse). Comme souvent quand le vendeur a des dettes, le montant devait être versé par Ribeire, non au vendeur,  mais directement à ses créanciers.

     Le domaine de Cureire comprend le logement des métayers (maison, longère), des bâtiments d’exploitation (granges, étables), des jardins (un « jardin à viande », c’est à dire un jardin potager) et un jardin à chanvre, de nombreuses parras (prairies de montagne situées à proximité des maisons ou des étables et mises tour à tour en culture ou en pâture), des chezaux, des bois, des montagnes, des communaux, des fraux et une vaste parra de 30 septerées dont nous tracerons un jour l’histoire au chapitre « Maisons », la parra dite de La Plane et le Couny où, à cette époque, n’est encore construite aucune maison.

 

Antoine Ribeire revend immédiatement  Cureire à Jean Morin, notaire de Compains (24 octobre 1665)

     Trois semaines après son achat, Antoine Ribeire revend le domaine de Cureire à Jean Morin, notaire royal de Compains où il résidait. Le notaire exerce aussi son activité dans plusieurs communes voisines  et remplit des offices de bailli ou de procureur d’office. Depuis quelques années, Jean Morin s’est constitué un domaine au sud de la commune, en rachetant d’abord des terres à Bogon, puis à Redondel.

     Les deux hommes concrétisent cet achat en procédant à une « permuttation et eschange », en fait un bail à rente foncière. Ribeyre  baille à Jean Morin le domaine de Cureire qu’il vient d’acheter, et en échange Morin verse au seigneur d’Opme 60 livres de rente annuelle. Le tout est rachetable par Morin pour 1200 livres. Pour compléter la somme, Morin baille en sus à Ribeire son domaine de Redondel, acheté 500 livres en 1662.

     Pourquoi acheter et se dessaisir trois semaines plus tard ? C’est que Ribeire n’avait acheté le domaine de Cureire que pour rendre service à Morin qui n’avait pas les moyens d’avancer les 950 livres comptant nécessaires pour que  Michel Chandezon puisse rembourser ses créanciers.

 

Domaine après-1665

 

 

 

Antoine Ribeire vend la Montagne du Rouget et le Joran

(4 septembre 1665)

    

En 1665, Ribeire est seul seigneur propriétaire de la Montagne du Rouget, confinée aux prés et maisons du village de Cureire.  A l’est, le Rouget longeait la Montagne de Barbesèche exploitée par les habitants du bourg de Compains.

 

Montagne de Barbeseche

Le buron de la Montagne de Barbesèche

 

Bail à rente du Rouget et de la montagnoune pour les habitants de Cureire

Antoine Ribeire cherche d’abord à vendre le Rouget à des habitans de Cureire (Jeanne Morin, veuve de Michel Goigoux, François Roux dit Joye, Pierre Vigier, Jean Reynaud, Michel Crégut et Louis Amigon ), des patronymes encore bien connus aujourd’hui à Compains.

     Le 4 septembre 1665, Ribeire convient avec eux d’un échange. Le bail à rente foncière stipulait qu’outre les deux montagnes du Grand et du petit Joran, les habitants de Cureire pourraient exploiter 60 têtes d’herbages dans la Montagne du Rouget. Pour cet achat, les habitants devaient payer solidairement à Antoine Ribeire 150 livres de rente annuelle. L’argent devrait être porté à chaque Saint-Martin d’hiver en l’hôtel de Ribeire, à Clermont.

     Dans ce type de bail à rente foncière, le vendeur qui aliène son bien perçoit une partie du revenu de la terre sous la forme d’une rente annuelle en argent. Les paysans, qui ne disposaient pas des 3000 livres nécessaires pour acheter comptant, font en principe une bonne affaire : ils peuvent devenir propriétaires en payant chaque année une petite somme et jouissent ainsi des avantages du propriétaire.

     C’était sans compter sur les impondérables. Les paysans qui vivaient sur le fil et sans réserves étaient à la merci d’une conjoncture imprévisible.  La vente du bétail connaissait alors des hauts et des bas. Un mémoire de l’intendance d’Auvergne évoque en 1763 la mévente du bétail consécutive à « la peste des bestiaux », catastrophique dans les communes de Montagne, qui « a obligé plusieurs habitants à quitter la province en abandonnant leurs biens ».

     On ne sait qu’elle raison précise invoquer : climat déréglé qui aurait ruiné les cultures, épizootie, épidémie ? Toujours est-il que les acheteurs du Rouget ne purent verser les arrérages durant trois années consécutives. Ribeire récupéra donc le Rouget, laissant les Goigoux exploiter le seul Joran.

 

Nouveau bail à rente pour Jean Morin (7 janvier 1669)

     Pour trouver un nouvel acheteur solvable, Ribeire se tourne vers le notaire, Jean Morin et  passe avec lui un nouveau bail à rente, aux mêmes conditions qu’avec les paysans : 150 livres de rente annuelle, assise sur le domaine de Cureire acheté en 1665, mais aussi pour plus de sûreté, assise sur 80 têtes d’herbages que le notaire possède en indivision à Redondel. Comme précédemment, la rente est rachetable 3000 livres, si Ribeire le souhaite. L’affaire est avantageuse pour les deux parties : le nouveau propriétaire est solvable, Ribeire est assuré de toucher sa rente.

     Non-exploitant, Jean Morin n’est pas non-résident contrairement à Antoine Ribeire, et il va pratiquer une gestion moins lointaine que celle du seigneur d’Opme. Quand il décide de transformer la Montagne du Rouget en parra (pré tantôt fauché, tantôt cultivé),  ce nouveau mode de gestion  ne tarde pas à soulever les protestations des habitants.

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   Compains – Maison à Cureire

 

 

 

 

 

 

 

Conflit pour le partage des eaux et des bois (16 janvier 1670)

     Le conflit entre Morin et les habitants éclate pour deux causes : son refus de partager les eaux qui descendent des Montagnes du Rouget et du Joran et son refus de maintenir une servitude de passage à travers le domaine du Rouget. Dans les deux cas, les paysans perdent.

     Récurrente entre les communautés d’habitants comme entre les habitants et leur seigneur, la question du partage des eaux était une cause majeure de désaccords. A Cureire comme au lac des Bordes à la même époque, les habitants arguent de pratiques ancestrales et invoquent des droits d’usage consacrés par le temps. Morin défend les droits du propriétaire sur sa propriété, au grand dam des paysans avec qui les relations ne tardent pas à s’envenimer.

      Pour Morin, nul ne pouvait plus utiliser les eaux du Joran et du Rouget situées sur sa propriété. Constatant son désaccord avec les villageois, il fait appel à Antoine Ribeire, seigneur du lieu qui prend fait et cause pour le notaire qui « a souffert l’année précédente à cause des bestiaux des habitants ». Antoine Ribeire reconnait cependant que « pendant quelque temps » et « pour leur faire plaisir », il avait permis aux habitants d’utiliser les eaux des montagnes pour abreuver leurs bêtes. Mais visiblement, le nouveau propriétaire des lieux n’entend plus rendre service à qui que ce soit et exige qu’on respecte son bien. Un an après avoir pris possession du Rouget, Jean Morin fait donc assigner en justice les contrevenants pour qu’ils soient condamnés à lui laisser la jouissance de toutes les eaux « naissantes et croissantes » dans les tènements du Joran et du Rouget.

     Au village, bien qu’on soutienne ne pas usurper les bornes du Rouget et du Joran, on réclame « a tous le moingt un bassin pour faire boire les bestiaux ». A l’appui de son refus, Morin évoque l’existence d’une fontaine au village et d’un point d’eau sur le chemin qui conduit de Cureire à Egliseneuve.

     Pour éviter le procès, les habitants viennent à résipiscence et un accord est finalement conclu entre  le seigneur d’Opme et François Roux porte-parole des habitants. Tous doivent reconnaitre n’avoir aucun droit aux eaux du Rouget et du Joran, pas plus qu’aux bois taillis où, à l’occasion, ils prenaient du bois de chauffage. A cause des dommages occasionnés, on paya une amende de 20 livres et l’affaire en resta là. Pour le moment.

 

Conflit pour le droit de passage (22 février 1673)

     Jean Morin ne tolérait plus non plus les allées et venues de ceux qui traversaient la Montagne du Rouget pour se rendre sur leurs terres. En 1672, il intente un procès à la famille Goigoux-Verneyre de Cureire pour « troubles possessoires » afin qu’ils cessent de « passer et repasser a travers le Rouget avec leurs charettes et leurs bestiaux et de les y faire pacager ». Pour leur défense, les Goigoux objectent qu’ils jouissent d’un ancien droit de passage pour veiller sur les bestiaux de leur tènement de Sagniol et pour se rendre à « Gliseneuve » et Condat. Emprunter le chemin qui conduit de Cureire à Escouailloux représenterait un très grand détour. Objection sans fondement pour Morin pour qui le tènement de Sagniol n’est qu’un petit tènement de montagne que les Goigoux n’utilisent qu’à la montaison du 15 mai et lors de la dévalade à la Saint-Géraud.

     Conscient du coût d’un procès qu’ils risquent bien de perdre, les Goigoux s’inclinent et s’engagent en 1673 à ne plus traverser la propriété de Morin. Le dédommagement des troubles causés leur coûta 100 livres, aggravant sans doute leur situation puisqu’entre 1675 et 1678 ils n’arrivent même plus à payer leurs arrérages pour le Joran.  Ce que voyant,  Ribeire moyennant un bail à rente de 40 livres, subrogea Morin et lui laissa le soin de récupérer les impayés.

     Ses démêlés avec les habitants n’arrêtèrent pas Jean Morin. Continuant d’étendre sa main-mise sur la région, le notaire acheta encore à Antoine Ribeire 50 hectares dans la Montagne de Joran « vulgairement appelée sous la pierre sarraillade » et à La Godivelle, l’important domaine du Cros de Joran, qui comptait  160 têtes d’herbages.

 

 

Révoltes des compainteyres au XVIIIe siècle

 

     En dehors des conflits mineurs qui ne manquaient pas de surgir comme dans toute communauté d’habitants, des désaccords majeurs portant sur la fiscalité revenaient de façon récurrente. Profitant de franchises fiscales, les propriétaires de domaines refusaient de payer l’impôt, ce qui soulevait l’indignation des habitants, victimes  de crises économiques répétées qui les laissaient dans la misère.

 

Les crises vident les campagnes d’une partie de leurs habitants

     L’année 1737 avait vu la disette s’installer en Auvergne. Selon un courrier de Bonaventure Rossignol intendant d’Auvergne, « les habitants sont réduits à la triste nourriture d’une espèce de pain fait avec de la farine de chanvre, d’autres avec de la farine de paille de fève et du son, et les moins pauvres mangent du pain d’avoine ».

    La fiscalité était au centre des débats. Le montant de l’impôt à payer par un village était fixé a priori « le fort portant le faible ». La franchise dont bénéficiaient les propriétaires de domaines qui exploitaient une importante partie du territoire communal augmentait donc d’autant la charge fiscale qui pesait sur les autres. L’intérêt des compainteyres était évidemment que le nombre de cotisants fût le plus grand possible et que nul n’échappât à l’impôt.

     Chaque crise éconoique ramenait les mêmes plaintes. Pendant l’hiver 1739-1740,  le plus froid du XVIIIe siècle dans toute l’Europe occidentale, le prix des céréales explose après que des pluies diluviennes aient anéanti les récoltes. Des vagues d’épidémies frappent les populations sous alimentées et fragilisées.

      A Compains, les consuls-collecteurs d’impôts des années 1739 et 1740 décident de convoquer un conseil de paroisse à la sortie de la messe. Visant ceux qui exploitent les domaines, ils déclarent que plusieurs « forains métayers » jouissent des biens et des forêts et afferment des montagnes sans être imposés pour les profits qu’ils font dans la paroisse et que pendant ce temps les habitants sont dans « une extrême nécessité » et que « la plupart desquels contraints d’abandonner leurs biens aux consuls de la paroisse pour s’en aller et changer leur domicile dans d’autres paroisses pendant que les étrangers profittent et deviennent riches en jouissant des biens qui sont les meilleurs ».

      Tous , y compris Nicolas Morin notaire royal, un des descendants de Jean Morin notaire au XVIIe siècle, décident de donner pleins pouvoirs aux consuls de 1740 pour cotiser [imposer] les domaines visés. S’il y a procès, le compainteyres soutiendront solidairement les consuls.

      En 1740 toujours, Françoise Morin, tutrice de ses enfants et autre descendante de Jean Morin, poursuivait pour dettes les fermiers et métayers de Cureire Jean et Pierre Amblard. Et curieux retour des choses, en 1742,  l’arrière-petite-fille de Jean Morin, Marie de La Rochette qui avait épousé Joseph de La Rochette, se retrouvait condamnée à son tour pour non paiement des rentes passées par son aïeul dans la montagne du Cros de Joran.

     Insuffisante, l’union des habitants ne suffit pas et le même scénario se reproduisait d’année en année. Dans le rôle de taille de 1760 sur les onze domaines qu’on trouvait à Compains seuls deux appartenaient à des habitants du village. Deux étaient à Jean de Laizer, seigneur de Brion, les autres étaient à plusieurs nobles ou à des bourgeois.

 

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La crise de 1762

      En 1762, un nouveau dérèglement climatique frappe l’Auvergne et ruine les récoltes. Le marasme est encore aggravé par l’épizootie qui guette aux portes de Compains : la maladie du charbon frappe les bestiaux à Saint-Alyre-ès-Montagne. 

     Alors que les villageois réclament comme toujours plus de justice fiscale, Jacques-Gaspard de La Rochette « se disant écuyer » fait une demande de décharge de l’imposition qui frappe son domaine de Cureire et le domaine de sa soeur à Redondel. Non-résident, Jacques-Gaspard habite en son château de La Bastide dans la paroisse de Saint-Just, près de Brioude. 

     Le frère et la soeur ont obtenu du tribunal – en faisant une fausse déclaration, disent les compainteyres – une sentence qui fait défense aux consuls de Compains de continuer d’imposer les domaines de Cureire et Redondel aussi longtemps que les La Rochette feront valoir leurs domaines par des « valets ni mariés, ni cotisés ». Cette pratique permettait de bénéficier d’une franchise fiscale.

     C’est l’indignation au village en ce dimanche 19 décembre 1762. Convoqués par les quatre consuls de Compains pour 1763, soixante dix hommes  se sont assemblés à la sortie de la messe, tous « composant la majeure et la plus saine partie du corps commun des habitants de la paroisse ». Il faut décider de la conduite à tenir après le succès des La Rochette devant les tribunaux.

     Tous tombent d’accord : les La Rochette – sont-ils même nobles ? se demande t-on à Compains – doivent être maintenus sur les rôles d’impôt car leur argumentation est fausse : tous savent à Compains que les métayers des deux domaines sont mariés et sont cotisés pour leurs biens propres dans la commune.

     L’assemblée donne tous pouvoirs aux consuls pour porter l’affaire devant Siméon de Ballainvilliers, intendant d’Auvergne. Le comte de Laizer comme les La Rochette attaqueront à plusieurs reprises en surtaux les consuls qui établissent les rôles, et le tribunal admettra la surtaxe et réimposera les habitants.

     Cureire restera aux La Rochette jusqu’à la Révolution. En 1788, Jacques de La Rochette, officier de cavalerie habitant Issoire léguait le domaine de Cureire au chevalier Louis de La Rochette. Il valait alors 24 000 livres.

 

A SUIVRE