Compains

Histoire d'un village du Cézallier

– Les “chemins de Brion”

LES “CHEMINS DE BRION

L’accès aux foires de Brion

d’après les plans cadastraux napoléoniens

Les éléments cartographiques de ce chapitre ont été réalisés à partir des plans cadastraux d’une quinzaine de communes du sud du Puy-de-Dôme et du nord du Cantal, numérisés par les Archives départementales du Puy-de-Dôme et du Cantal.

Tous les chemins mènent à Brion

       Sous l’Ancien Régime, une ancienne liève (résumé de terrier) montre qu’en 1607 une route empierrée qui partait du château de Brion permettait de gagner facilement Brionnet et Vodable en passant par le village de Chassagne dans le canton d’Ardes. Cet ancien chemin était nommé “l’estrade de Bryon” ou “la voie allant à Brion” , rappelant que le nom “estrade publique et antique”, était aussi donné à la grande route qui conduisait de Besse à Egliseneuve d’Entraigues et Condat.

         Une estrade (du latin strata, voie, route), était au Moyen Âge une route empierrée, et non un simple chemin de campagne. Située au sud du Dauphiné d’Auvergne, cette route fut sans doute construite puis entretenue au Moyen Âge à cause de son rôle stratégique pour la défense des terres du dauphin. Elle desservait le château de Vodable où se tenait le dauphin et le château de Brionnet.

         Lors d’une réfection du terrier de la baronnie du Luguet en 1724, on découvre qu’un chemin rural sans doute pavé était dit “la charreire-farrade”. Situé dans la paroisse de Saint-Alyre-ès-Montagne, il joignait Auzolle à Brion en passant vraisemblablement par La Ribeyrette. Le terrier signale deux péages pour se rendre aux foires de Brion. Sur ce chemin se trouvait sans doute l’un de  ces deux péages.

Les chemins cadastraux

       Brion, simple village site de foires qui se tenaient une douzaine de fois l’an, n’obtint jamais le statut de commune. Pourtant, l’examen d’une quinzaine de plans cadastraux révèle que le  village bénéficia d’un rayonnement singulier au sud du Puy-de-Dôme et au nord du Cantal. Venant de tous les horizons, de nombreux chemins situés hors de la commune de Compains sont nommément désignés “chemin de Brion à…” ou, par exemple et à l’inverse, “chemin de Marcenat à Brion”.

       Signe de l’importance acquise au fil du temps par les foires de Brion, ces chemins forment autour du foirail un réseau étoilé qui rayonne sur une quinzaine de communes, certaines parfois situées à plusieurs dizaines de kilomètres. On suivait le “chemin de Brion” depuis le Puy-de-Dôme (Issoire, Saint-Germain-Lembron, Ardes) comme depuis le Cantal (Montgreleix, Marcenat, Pradiers).

       Transcription du ressenti de la population, l’importance de la foire de Brion révélée par le nom des chemins haussait le village au rang de commune. On se souviendra à ce sujet qu’en 1884 Brion revendiqua  de former une commune indépendante de celle de Compains. Sans succès.

Compains -cadastre (1828)

Les “chemins de Brion” indiqués sur les plans cadastraux au nord de la commune

Compains -cadastre (1828)

Les “chemins de Brion” indiqués sur les plans cadastraux au sud de la commune

    1873 : enfin une route Compains-Brion !

      Dans le dernier quart du XIXe siècle, une route carrossable se profile. Son tracé prévoit de réunir Ardes à Besse par Brion et le bourg de Compains en traversant le Bois de Saint-Georges . Ci dessous, sur un plan détenu par la Mairie de Compains, on distingue la route dans la traversée du bourg, le pont sur la Couze et les expropriations envisagées. Au sud du plan, l’ancien chemin de Brion.

Compains – Plan de la route Compains-Brion (1873)

Source : Mairie de Compains

Compains – Plan de la route Compains-Brion (1873)

Franchissement du ruisseau des Règes peu avant Brion.

Source : Mairie de Compains

A SUIVRE