Compains

Histoire d'un village du Cézallier

– Fontaines – Puits

 

    La création des fontaines publiques à Compains

(dernier quart du XIXe siècle)

 

      L’eau est si abondante à Compains qu’en cas de sécheresse estivale la commune est devenue le “château d’eau” de la région d’Issoire grâce à la réserve constituée par le lac de Montcineyre. En remontant le temps voyons comment,  précédant l’installation de l’eau courante à domicile, des fontaines furent installées au bourg et à Brion par captation des sources les plus proches dans le dernier quart du XIXe siècle.

 

AU BOURG

      Jusqu’en 1887, le bourg de Compains ne bénéficiait d’aucune fontaine. Pour leurs besoins quotidiens, les compainteyres devaient se contenter de l’eau du ruisseau de la Couze qui coule près du centre du bourg, une eau souvent polluée par les animaux, surtout en fin de saison.

      Pour trouver une eau vraiment pure, les habitants devaient se rendre jusqu’à la source Saint-Georges, éloignée d’environ 400 mètres. La source fournissait une eau abondante et de bonne qualité dont la température restait invariée en toutes saisons. A l’étiage après deux mois de sécheresse, la source conservait un bon débit qu’on pouvait estimer au double en hiver et au printemps.

 

Compains – Source de Saint-Georges

 

     Considérant que cette eau serait excellente pour tous les usages domestiques, on décida en 1887 que l’eau pure de la source Saint-Georges conviendrait parfaitement à l’alimentation d’une fontaine publique. Pour mieux rentabiliser l’investissement, le conseil municipal décida en outre qu’on vendrait ou affermerait une partie de l’eau aux propriétaires dont les prairies situées à la sortie du bourg avaient besoin d’irrigation.

 

      La source servit à alimenter deux fontaines publiques. L’ancienne fontaine située face à la mairie en contrebas de l’ancien cimetière était dotée d’un mascaron qui crachait l’eau. Aujourd’hui, l’eau y est recueillie dans des auges.

 

Compains – Abreuvoir face à la mairie

 

      Sur la place publique, on installa la seconde fontaine toujours présente de nos jours. De facture classique dans la région, la fontaine tire son originalité de la belle statue équestre de Saint-Georges qui la surmonte.

 

Compains – Fontaine Saint-Georges

 

      Creusée pour accueillir la conduite d’eau, la colonne centrale est décorée de quatre masques léonins d’où sortent les aigrettes des jets (dits aussi canelles) par lesquels on peut capter l’eau potable. Des barres métalliques placées entre la colonne et le bord du bassin permettent d’y poser le seau. L’eau du bassin était laissée aux animaux.

 

Fontaine de la place – Saint-Georges terrassant le dragon

 

A BRION

Deux nouvelles fontaines  

      Comme Compains, Brion en 1895 était insuffisamment alimenté en eau. La population était alors estimée à 130 personnes, celle des animaux à 180 bêtes environ et il devenait urgent d’augmenter la capacité des deux fontaines existantes. Pour ce faire, le conseil municipal voulut rénover les deux conduites qui acheminaient l’eau depuis la source de Roncevoux jusqu’à Brion-Haut et Brion-Bas.

 

      On décida d’installer deux bornes fontaines en pierre de taille et de les compléter de bacs en bois qui serviraient d’abreuvoirs aux animaux. La canalisation qui devrait être en fonte pour mieux résister au froid, courrait depuis la source sur 701 mètres vers Brion-Haut et sur 838 mètres vers Brion-Bas. Le débit de la source (22 litres/minute) permettrait une consommation journalière de 47 litres par personne et de 147 litres par animal.

 

 

 

Fontaines à Brion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouveau conflit avec un Laizer (1907)

      La rénovation des fontaines à Brion fut à l’origine d’un nouveau conflit entre un descendant des Laizer et le maire de Compains. En 1907, Gabriel-Casimir de Laizer habitait en Poitou mais conservait des terres à Brion. Deux ans avant sa mort (1909) il détenait encore 70 hectares à Brion incluant notamment la Motte et le foirail, des terres ancestrales que sa famille vendra en 1921 à François Chabaud et Marie Echavidre, cultivateurs à Brion. Lors de la réalisation des fontaines en 1902, Gabriel-Casimir avait dû céder à la commune un droit de prise d’eau et de passage pour l’alimentation des nouvelles fontaines ce qui, disait-il, avait fortement porté préjudice à ses prairies. La commune lui devait de ce fait selon ses propres dires, la “modique somme” de 400 francs. Mécontent, il faisait encore parvenir cinq ans plus tard une réclamation au préfet dans laquelle il dénonçait le mauvais vouloir du maire de Compains qui ne lui payait pas la somme due.

 

PUITS à BRION

 

A Brion, à “chaque maison son puits”

      Le village de Brion est placé sur une couche de basalte qui renferme des poches aquifères ce qui, selon les habitants, permettait à chaque maison d’avoir son puits. Cette particularité détermina sans doute l’emplacement des deux villages de Brion-Haut  et Brion-Bas, placés là où l’eau était la plus accessible. Elle permit sans doute aussi l’alimentation en eau du château.

 

 

Puits à Brion

 

Une couverture “moderne” remplace les ardoises ou les lauzes qui, initialement, durent couvrir ce puits restauré. Selon des habitants “à Brion, chaque maison avait son puits”.

 

 

LES ABREUVOIRS

       Exceptionnels sont les textes qui évoquent l’abreuvement des bestiaux. On sait cependant que longtemps, les auges furent en bois. Un texte de 1866 émanant de la Direction générale des forêts explique qu’on utilisait pour les abreuvoirs du bétail des hêtres de deuxième catégorie, ceux âgés d’environ 70 ans. Ils étaient délivrés selon les besoins exprimés par les habitants, lorsque l’administration des forêts procédait à des coupes d’exploitation.

 

A SUIVRE