Compains

Histoire d'un village du Cézallier

ERRANCES

  

 

                       

 

 

 

 

        ERRANCES

                               des pierres

                                     des eaux

                                           des humains

 

 

 

 

 

 

       Torrents de laves qui déboulent ou s’érigent, orgues de basalte dressées en murailles protectrices, sources en fuite sur les pentes des puys, rugissement des gorges sous les ponceaux, cavalcades insoumises des Diablaires qui dévalent la roche, pièges des chausses-trappes sagneuses, errances des sentes entrecroisées évanouies dans la brume où s’égarent les passants, sombres repaires des vallées hantées de ola !, silence feutré des Couzes assoupies sous les glaces…

         Menaces et luttes rythmaient le quotidien des hautes terres. Menace du désorient dans la montagne, menace de l’hiver impitoyable et oiseux qui immobilisait l’énergie, poussant vers les lointains de la survie, menace des maladies faucheuses de vies. Lutte jour après jour recommencée pour la survie des âmes,  des récoltes, du troupeau.

         La vie est là pourtant, inscrite sur les montagnes incisées des vigies du passé. La vie qui brave le mystère des montagnes, la vie qui enjambe les siècles et sourd des chaos basaltiques devenus accueillants aux chaumières fumantes dressées sur la cheire. La vie devenue ruine, tapie dans les bois où rodaient les pestes battues en brèche par la conjuration des sources guérisseuses et des oratoires. La vie a peuplé les montagnes, les a apprivoisées. La vie a vaincu.

         C’est le cheminant qui défiant les tourbillons de l’écir affronte les bruines enrobantes, guidé dans son désorient par les pierres piquées salvatrices et la cloche familière. Ce sont les sources qui caracolent, salutaires aux malades. Cadeau des millénaires, c’est la tourbe flambée dans le cantou au bruit des grains nourriciers qui moulinent sous la pierre, ce sont les sillons des razes vagabondes qui donnent vie aux herbages. Au loin, les errantes à sonnailles remâchent les feuilles plumées dans la frênaie, foulant le regain au pied de la tour ruinée.

         La pensée symbolique hante le religieux et l’imaginaire est peuplé de déités. Unis sont la face espérée protectrice sur la tourelle, les dragons de la porte, farouches gardiens bouteurs de diables rôdeurs, les reliques rassurantes qu’on accumule pour conjurer.

Tout ici relie les énergies du Ciel et de la Terre.  La pierre, l’arbre, l’eau ont leurs mystères, tout comme les croix et les oratoires. Tout recentre vers l’Etre, ses croyances, son labeur, ses espoirs. Vers ses errances aussi, car l’univers du compainteyre ne fut jamais borné aux limites de ses champs et multiples furent les sentiers de liberté qui évadèrent des montagnes pour conduire vers une autre vie, rêvée moins rude.

          Disparue ici, accrochée là, s’enracine et s’écoule l’existence arrachée à la terre, s’enroule le temps et se dissout la vie dans la cendre du Montcineyre.

 

 

Errance des pierres

 

Compains-Belleguette : pierres réemployées dans un mur extérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bourg de Compains – Pierre réemployée dans le jambage d’une cheminée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Compains-Brion

Partie centrale d’un linteau réemployé dans une cheminée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Linteau triangulaire portant un écu inscrit dans un cercle. Réemployée, la pierre surmonte

la porte d’une cave à fromages

L’écu porte trois besants : deux en chef et un en pointe avec au centre un poisson

 

Errance des humains

 

 

 

Errance des eaux

 

Presqu’île du Verdier -Extrémité nord-est de la cheire du Montcineyre

Confluence de la Couze née à Compains et du ruisseau de la Gazelle (vue depuis la Roche Nité)

 

 

Presqu’île du Verdier – Confluent de la Couze de Compains et de la Gazelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieux pont sur la Couze

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieux pont sur la Gazelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dévalade des Diablaires (flanc nord du Cézalier)

 

 

 

La Couze à Compains