– Jean Ier de Laizer seigneur de Brion de 1654 à 1676
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Jean Ier de Laizer (v. 1611-1676) – Jeanne de Bonafos
seigneur de Brion, Compains, Chaumiane et La Meyre (La Mayrand)
de 1654 à 1676
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Le prénom Jean fut donné à plusieurs reprises à des Laizer à l’Époque Moderne. Afin de limiter les confusions, des numéros d’ordre ont été attribués aux chefs de famille homonymes. Jean de Laizer, premier des Laizer seigneur de Brion de 1654 à 1676 sera à ce titre nommé Jean Ier pour le distinguer de ses frères et descendants homonymes.
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François-Gaspard de Montmorin – Saint-Hérem vend (1654) la seigneurie de Brion à Jean Ier de Laizer, seigneur de Siougeat
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• Déroute financière de François-Gaspard de Montmorin – Saint-Hérem
Comme nombre de nobles sous l’Ancien Régime, François de Montmorin faisait flamber son patrimoine. Poursuivi par de multiples créanciers, Saint-Hérem croulait sous une cascade de dettes que la saisie de sa seigneurie du Broc n’avait pas suffi à éteindre. Pour desserrer l’étau, il dut vendre le 12 mai 1654 la seigneurie de Brion, Compains, Chaumiane et La Mayre (La Mayrand) achetée vers 1525-1530 par son ancêtre homonyme et à lui donnée en 1648 par son père Gilbert-Gaspard de Montmorin – Saint-Hérem. La mention La Meyre désigne dans l’acte la partie de la seigneurie de Brion qui empiétait sur l’ancienne paroisse de La Mayrand, aujourd’hui Roche-Charles-la-Mayrand.
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• Un paiement compliqué pour Jean de Laizer
La seigneurie de Brion avait été vendue 71 000 livres tournois par Montmorin à Jean de Laizer. La vente incluait les bestiaux, les métairies et les baux à ferme. Le règlement du prix de la seigneurie ne fut pas versé directement à Montmorin. C’est Jean de Laizer qui dut payer lui-même les créanciers du vendeur. Le paiement fut rendu complexe par le nombre des créanciers qui poursuivaient Montmorin et l’ancienneté de nombreuses créances attachées tant à François qu’à ses parents. On ne s’attardera pas ici sur les arcanes du paiement, sans rapport avec Compains. Disons simplement que le détail des modalités du paiement montre que, prudents et soucieux que l’argent de la vente ne s’évapore pas entre les mains de Montmorin, les créanciers voulurent être remboursés directement par Laizer qui les paya « en louis d’or et d’argent » sans que le numéraire soit passé par Montmorin qui ne vit pas la couleur de l’argent. Ces remboursements ne suffirent cependant pas à éteindre les dettes qui continuèrent d’accabler Montmorin. Quelques années plus tard, à nouveau acculé, il dut vendre sa seigneurie éponyme de Saint-Hérem dont il continua cependant à porter le nom.
Nombreuses, les dettes de François et de ses parents concernaient des objets très divers. Dots jamais versées, arrérages et principal de rentes remontant à 1617 et 1633 qui seront payés par Laizer en 1657, rente due à des religieuses du couvent de Notre-Dame de Riom. En 1655, un accord entre Laizer et les créanciers de François de Montmorin organisait encore le transfert d’une partie du montant de la seigneurie de Brion vers certains créanciers, notamment Gaspard d’Allègre, comte de Beauvoir, pour le compte de sa femme ou encore vers Philippe de Beaufort-Canillac pour son épouse Marie d’Allègre. Finalement, ce ne sera que le 2 mars 1664 que quittance générale sera donnée par le marquis de Saint-Hérem au profit de Jean de Laizer qui avait passé dix ans à démêler les dettes de Montmorin et à les payer.
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• Stabilité du foncier depuis le Moyen Âge
La vente de 1654 est l’occasion d’observer que les confins de la seigneurie ont peu évolué depuis le Moyen Âge. Dans l’acte de vente, Saint-Hérem déclarait vendre la seigneurie telle que la lui avait cédée son père en 1648, sans en avoir rien retiré. Cette remarque, confirmée par la documentation notariale, illustre la stabilité territoriale des biens fonds de la seigneurie sur le long terme. Au XIIIe siècle déjà, une partie du fief des Bréon débordait la paroisse de Compains, à l’est vers les paroisses du Valbeleix et de La Meyrand, alors qu’à l’ouest elle dépassait le Montcineyre jusqu’au Cocudoux. A l’est au Valbeleix, on trouvait des possessions de l’abbaye de Saint-Alyre-lès-Clermont depuis que les Bréon avaient donné en 1222 la terre du Cheix à l’abbaye tout en conservant la seigneurie éminente des lieux et donc la perception du cens. Dans un chapitre ultérieur qui sera consacré aux terriers retrouvés ou pas depuis 1500, nous verrons, principalement à l’aide des apports des textes notariaux, que la surface de la seigneurie est restée invariée depuis le Moyen Âge. Tous les propriétaires forains, nobles ou roturiers, sont non-résidents. Seul le mode d’exploitation a évolué avec la création de plusieurs domaines seigneuriaux ou non.
A sa mort en 1676, Jean de Laizer possédait outre sa seigneurie quatre petits domaines, deux à Brion, un autre à Groslier, dit « corps de métairie », acheté pour la somme de 300 livres le 13 février 1672 à Anthoine Peyronnet son « maître d’hôtel » et Jeanne Auzolle son épouse qui, devenue veuve, deviendra la gardienne de la maison seigneuriale du bourg. Un dernier domaine se trouvait à Malsagne près des herbages de la Montagne de Barbesèche où se tenaient les communaux des habitants du bourg.
La terre et seigneurie de Brion, Compains, Chaumiane et La Meyre consistait donc, selon l’acte de vente de 1654, en une vaste seigneurie en forme de croissant composée d’une maison seigneuriale et autres bâtiments au bourg de Compains, justice haute, moyenne et basse, droits seigneuriaux et féodaux, cens, rentes, bois, taillis, moulins, lacs, étangs, rivière, terres labourables, prés, montagnes, métairies, dîmes, villages et hameaux en dépendant : le village bipolaire de Brion, le bourg de Compains, le village de Chaumiane et quelques hameaux dont Belleguette, siège d’un important moulin. Par contre, elle avait perdu au XVIe siècle le hameau de Chandelière, vendu par Etienne Souchet à Robert de Balzac au profit du chapitre de Saint-Chamant.
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Le nouveau seigneur de Brion : une ancienne famille ancrée au Dauphiné d’Auvergne
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Jean Ier de Laizer seigneur de Siougeat, Riben (Ribain et son château) et Montauron (Montoron) près de Chidrac n’appartenait pas à une famille auréolée du prestige des Montmorin issus d’une famille connue autour de l’An Mil. La trace des Laizer apparait en 1227 selon Remacle et Bouillet et en 1352 selon Chérin. Jean de Laizer est le fils de Julien de Laizer et Charlotte de Chambon fille unique de Jean de Chambon et Jeanne de Binazat. Jean Ier fut notamment écuyer de la Grande Ecurie de Louis XIII et capitaine au régiment d’Effiat. Sa famille ne resta pas étrangère à la vie politique de la province : en 1631, un Laizer de Siougeat participait aux États de Basse Auvergne.
L’enracinement des Laizer au Pays des Couzes est ancien. On retrouve le point d’ancrage de la famille dans une maison à Chidrac (Puy-de-Dôme) et non dans un château. C’est la maison d’un gentilhomme campagnard qui nous est décrite en 1676 lors de l’inventaire de ses biens établi après la mort de Jean de Laizer. Outre la seigneurie de Brion, les Laizer possédaient au XVIIe siècle entre Couze Pavin et Couze Chambon, les deux fiefs de Siougeat (aujourd’hui Sionjat sur la carte I.G.N.) au nord de Chidrac et Montoron sur le chemin qui conduit de Chidrac à Nescher, fief pour lequel Jean de Laizer rendait hommage au roi en 1669.
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• Les Laizer au XVIIe siècle : un déficit de notoriété
La Relation de l’état de la province d’Auvergne établie en 1637 par l’intendant d’Auvergne Jean de Mesrigny cite au chapitre consacré aux Terres des gentilshommes, une cinquantaine de familles nobles d’Auvergne. Les Montmorin – Saint-Hérem, les Saint-Nectaire, les Espinchal y sont mentionnés. Les Laizer en sont absents. Soixante ans plus tard, cette absence sera réparée dans le Mémoire sur l’état de la généralité de Riom en 1697 dressé pour l’instruction du duc de Bourgogne par l’intendant Lefèvre d’Ormesson. Après une longue énumération de familles auvergnates, les Laizer y sont cités in extremis, en dernière position et, contrairement à la plupart des autres familles, leur patronyme n’est accompagné d’aucun détail biographique ou généalogique. Cette simple citation peut cependant être considérée comme l’écho d’une certaine montée du renom de la famille au XVIIe siècle.
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• Jean Ier de Laizer épouse Jeanne de Bonafos de Bélinay (1648)
Montrant une nouvelle fois qu’une bonne politique matrimoniale pouvait soutenir efficacement le développement du patrimoine familial, le petit noble qui voulait améliorer sa santé financière savait qu’il devait convoler dans la roture. Ainsi voit-on Jean de Laizer épouser le 29 juillet 1648 Jeanne de Bonafos, fille et héritière de François de Bonafos, seigneur de la Peyre. Officier dans l’armée du roi, Bonafos qui n’est pas encore anobli à cette date, est possessionné dans la région de Brioude. La mère de l’épouse, Jeanne de Pélamourgue, est issue d’une ancienne famille du Pays des Montagnes d’Auvergne. Les Bonafos avaient acquis au XVIe siècle le château de Bélinay dans la commune de Paulhac (Cantal). Combattant comme les Laizer dans les armées royales, François de Bonafos sera lieutenant-colonel du régiment de Canillac et l’un des cent gentilshommes de la chambre du roi. Pourvu de la charge d’écuyer de la Grande Ecurie du roi en 1648, François de Bonafos sera anobli en 1654 en récompense de ses services militaires et son anoblissement sera confirmé en 1669.
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• Le maintien dans la noblesse (1667)
Quand Louis XIV voulut « débusquer les usurpateurs de noblesse », il ordonna une enquête pour vérifier les titres des nobles (1666-1674). Ceux d’entre eux qui avaient adhéré à la révolte nobiliaire et vu décliner leur influence après la fronde, se montraient favorables à cette recherche qui devait conforter leur position. Nombre de ces « usurpateurs » se baptisaient en effet écuyer, portaient l’épée et vivaient « noblement » alors qu’ils n’avaient fait qu’acheter un office sans jamais servir dans les armées du roi. Leur objectif était en réalité d’échapper à l’impôt qui frappait les non-nobles.
Jean de Laizer prouva l’ancienneté de la noblesse de sa famille en fournissant les preuves de sa filiation sur plusieurs générations depuis 1470. Un jugement le maintint dans la noblesse le 12 septembre 1667, date à laquelle Fortia, le commissaire départi par le roi dans la province d’Auvergne (intendant), lui donna acte de la représentation qu’il avait faite des titres de sa famille : « Jean de Laizer escuyié, seigneur de Brion et Compain » logeant à Chidrac, « pour justifier qu’il a droit de prendre la qualité d’escuyié et jouir de tous les privilèges et prérogatives appartenant aux nobles et gentilhommes ».
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« Atavis et armis », par nos ancêtres et par les armes
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• L’hommage de 1670 à la duchesse de Montpensier
On continuait à l’Époque Moderne de respecter le vieux droit féodal qui consistait à hommager le seigneur dominant. Rien n’avait changé depuis le XIIIe siècle, quand le seigneur de Brion devait rendre hommage au Dauphin d’Auvergne. Quand Jean Ier devint seigneur haut justicier de Brion, la châtellenie relevait en fief du duché de Montpensier tenu alors par Anne-Marie Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier (1627-1693). Lui succèdera Monsieur, son héritier Philippe de France, duc d’Orléans. Ce frère unique de Louis XIV mourra en 1701. Héritier de la duchesse, Philippe tiendra notamment à son tour en Auvergne le duché de Montpensier auquel, en 1543, avait été réuni le Dauphiné d’Auvergne.
Suivant la tradition, « Jean de Laizer, écuyer seigneur de Sioughat », rendit « foy et hommage » à la duchesse le 26 avril 1670 pour ses terres de Brion, Compains, Chaumiane et Riben sur un parchemin signé de mademoiselle de Montpensier qui portait le sceau de ses armes. Toujours selon la tradition, l’annonce de cet hommage dut être faite par le curé deux dimanches de suite au prône de la messe à Compains.
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• Au service du roi
Le service armé était dû au roi et les Laizer ne dérogèrent pas à cette règle qui voulait que, de par son statut, la noblesse doive consacrer sa vie aux emplis militaires. Leur devise en atteste, de génération en génération, ils servirent le roi et l’un d’eux fit même une carrière remarquable qui mérite d’être soulignée : âgé de 76 ans et après 54 ans de service, Jean de Laizer (un cadet homonyme du seigneur de Compains) avait fait 21 campagnes de guerres ou de sièges. Autre exemple plus tardif : à près de 60 ans, un des fils de Jean Ier, François de Laizer (1664-1722), seigneur de Brion de 1716 à 1722, aura le bras emporté à la bataille de Denain lors de la guerre de succession d’Espagne. Il quittera alors le service, nanti d’une pension de 2000 livres réversible à ses enfants.
Exemption de service pour Jean Ier de Laizer
Jean Ier vécut la dernière partie de sa vie pendant le règne de Louis XIV, en un temps où les guerres répétées conduisaient le roi à réunir à plusieurs reprises le ban et l’arrière-ban, une pratique qui trouvera son terme à la fin du siècle. Ceux qui ne pouvaient pas, ou plus, se battre, devaient fournir un remplaçant. Arrières-vassaux du roi, les Laizer devaient répondre à ses convocations et servir à la guerre. Le cas de ceux qui, vieux ou impotents, ne pouvaient plus servir à l’armée était évidemment prévu. L’âge, la maladie ou des blessures donnaient droit à des exemptions de service. Ainsi, deux ans avant sa mort en 1676, requis de marcher au ban, Jean de Laizer sollicitait en 1674 d’être déchargé du service personnel attendu qu’il avait 63 ans et « qu’il est travaillé par la maladie de la pierre depuis cinq ans, ce qui l’empeche de monter à cheval ». Il requiert à nouveau sa décharge du service personnel peu avant sa mort, attendu que son fils homonyme, Jean comte de Brion (que nous nommerons Jean II), se trouve placé en 1675 cadet de la première compagnie des gardes du corps du roi, ce qui permet à son père de requérir pour lui-même « sa descharge du service personnel et contribution dudit ban et arriere ban ».
Les sœurs aussi
Mieux valait être le fils aîné pour bénéficier de la meilleure partie des biens de la famille. Dans la moyenne noblesse provinciale peu fortunée, petitement dotées, les filles étaient souvent petitement mariées ou vouées à la religion. Une sœur de Jean Ier, Marie de Laizer, avait épousé Philibert de Chauderasse, un gentilhomme campagnard dont la famille tenait château à Courgoul, non loin de Compains. Seigneur du Creste qu’il tenait de sa mère, Philibert était un noble désargenté. Marie de Laizer, sa veuve sans enfant, âgée d’une soixantaine d’années et sa soeur Catherine de Laizer ne possédaient en fief en 1675 qu’une rente et un petit domaine à Chidrac, le tout d’une valeur de 300 livres de revenu. Ne pouvant combattre, les femmes nobles devaient s’exonérer du ban en payant une taxe. Marie déclarait « n’etre pas héritiere de son mari » et requérait « la décharge du service dudit ban et arriere ban attandu qu’elle en jouit lesdits biens que pour le capital de son mariage en dot, n’ayant aucun enfant dudit sieur de Chaderesse (Chauderasse) et qu’elle est agée de 60 années et que François de Chauderasse frere dudit défunt et qui réside au lieu de Solliat, par. de Poligniat (Polignac) en Velay et le sieur de Combette au lieu de Jourssat parroisse de Vialle sont héritiers dudit feu de Chauderasse ». Dans la gêne, Marie et Catherine demandèrent à être déchargées du ban « attendu le peu de biens qu’elles ôssèdent pour les faire subsister et que le défunt [Philibert de Chauderasse] est décédé en ayant laissé la terre et seigneurie de Chauderasse couverte de tant de dettes que personne n’a voulu prendre qualité d’héritier ». Nos sources sont muettes sur la suite, favorable ou non donnée à cette requête.
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De sable à bande d’or accompagné en chef d’une étoile et d’une rose de même
et en pointe d’une rose et d’une étoile d’argent
Jacques de Laizer, seigneur de Siougeat, fit inscrire ces armes à la Chambre des comptes en 1520
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Signatures apposées au bas de l’acte de vente de la seigneurie de Brion
Francois gaspart de montmorin sainct herem
Siougeat delaize
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Le temps des abus en Auvergne
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• La mise au pas de la noblesse
La seconde moitié du XVIIe siècle voit la mise au pas d’une noblesse frondeuse par le pouvoir royal. Après la destruction de nombreux châteaux ordonnée par Richelieu, suivie de la Fronde des nobles sous Mazarin, l’accession au pouvoir de Louis XIV installe la monarchie absolue. Les évènements évoqués ci-après tant en Auvergne qu’à Compains reflètent cette volonté royale de reprise en main. Ils en montrent aussi les limites.
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• Rétablir l’ordre : les Grands Jours d’Auvergne (1665-1666)
Le roi voulait « faire puissamment régner la justice », ce qu’expriment particulièrement les Grands Jours d’Auvergne (16651666). Selon Talon, avocat au parlement de Paris, l’objectif des Grands Jours était « moins de punir que de soumettre » au roi les nobles pour « tirer les peuples de l’oppression des puissants ». A l’automne 1666, une cour de justice itinérante vint donc s’installer à Clermont-Ferrand et au Puy pour désencombrer les tribunaux et punir les abus les plus criants au premier rang desquels ceux de la noblesse. Incarnée par ce tribunal, la justice royale voulait « porter la crainte dans des lieux inaccessibles à la justice » (E. Fléchier) et en particulier dans les montagnes d’Auvergne où l’isolement des habitants en faisaient des cibles faciles des excès de la domination seigneuriale. Des enquêteurs parcoururent donc les montagnes pour faire émerger la dénonciation des crimes et délits restés impunis. Contournant les justices seigneuriales, certains déshérités purent ainsi faire reconnaître leurs droits par la justice royale.
Grands Jours d’Auvergne, 26 septembre 1665 – BnF, Ecole française XVIIe siècle
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Témoin des débats, Esprit Fléchier, « bel esprit » doté d’une plume alerte et caustique, décrivait l’Auvergne comme une « province bien déréglée où l’éloignement de la justice souveraine, la faiblesse des justices subalternes, la commodité de la retraite dans les montagnes et peut-être l’exemple ou le mauvais naturel de quelques uns avaient donné le courage à la plupart des gentilshommes de faire les tyrans et d’opprimer les peuples ». Le tribunal réprima bien quelques abus mais ne put malheureusement empêcher leur reprise sitôt partis les juges. En dépit de l’impact limité des Grands Jours, l’intendant d’Auvergne Lefèvre d’Ormesson se crut autorisé à écrire de façon lénifiante en 1697 que les Grands Jours avaient « réformé l’excez du pouvoir des gentilshommes qui sont présentement fort soumis et esloignez de toutes vexations à l’égard de leurs vassaux et de leurs voisins ». On verra qu’à Compains cet avis optimiste doit être relativisé au vu des procès qui ne cessèrent d’être intentés aux habitants par Jean Ier qui cherchait à abuser de sa position dominante, qu’il s’agisse du pacage des moutons ou de la captation des dîmes qui devaient revenir de droit au curé.
La famille Laizer ne défraya pas la chronique lors des Grands Jours d’Auvergne. A peine une source incomplète nous autorise-t-elle à signaler une controverse survenue entre Jean de Laizer et Christophe de Tourzel d’Alègre qui suscita deux arrêts, l’un de la cour du parlement, l’autre des Grands Jours.
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Relations conflictuelles entre Jean Ier de Laizer, les brionnais et le curé de la paroisse
En ne cessant pas de le défier par juges interposés, les brionnais mais aussi le curé de Compains vont mener la vie dure à Jean Ier durant la vingtaine d’années où il sera seigneur de Brion.
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• La création du Lac des Bordes : un casus belli
Pas plus que leurs prédécesseurs, les Montmorin – Saint-Hérem ne semblent avoir cherché à mieux rentabiliser leur seigneurie en y apportant des modifications notables et à peine voit-on Claude de Chazeron procéder en 1624 à des échanges de terres destinés à rationaliser le domaine de Malsagne. Tout changea après l’achat de la seigneurie de Brion par Jean de Laizer, quand il décida d’ennoyer la dépression naturelle tourbeuse et herbagère où les brionnais avaient coutume d’abreuver et de faire paître leur bétail pour en faire un lac. Cette décision seigneuriale surprenante allait à l’encontre d’un édit d’Henri IV (8 avril 1599) qui, pour développer la mise en culture, avait prescrit l’assèchement des lacs partout dans le royaume. A Brion, l’ennoiement de la dépression des Bordes jusqu’alors pâturée et consacrée à l’abreuvement du bétail, allait réduire les surfaces agricoles et herbagères. Sans doute mal préparée, l’initiative souleva la colère des habitants qui n’y trouvèrent aucun bénéfice. La mesure qui ne visait qu’à mieux rentabiliser les terres du seigneur, mit en émoi la population qui craignit de manquer d’eau pour le bétail. On opta pour un affrontement durable et on alla au procès.
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Au premier plan la Motte de Brion, au fond le Lac des Bordes
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Rentabiliser la seigneurie
Quels objectifs Jean de Laizer poursuivait-il en créant le Lac des Bordes ? Les avantages du lac pouvaient être multiples pour le seigneur. Le lac était réalisable sans grands travaux. Il suffirait de barrer l’émissaire de la dépression et le lac permettrait de développer des productions spécifiques aux zones humides : une chènevière – la culture du chanvre, comme celle du lin étaient très développées dans la région de Compains – ou une roselière dont on vendrait la production aux habitants du voisinage pour couvrir leurs mas. Enfin et surtout, ennoyer la dépression permettrait d’empoissonner le lac. Donc, après avoir réalisé un investissement peu onéreux favorisé par la morphologie du milieu naturel, le seigneur pouvait compter sur un bon retour sur investissement.
Un procès gagné contre les habitants
L’opposition des habitants qui se sentaient désavantagés par cette mesure n’incita pas Jean de Laizer à abandonner son projet. On saisit la justice. Jean Verdier, notaire à Brion et son frère, autre Jean Verdier dit Pinson furent choisis comme syndics des contestataires brionnais. Un premier jugement arbitral qui avait donné gain de cause aux habitants en 1665 fut contesté par Jean de Laizer qui fit appel. La controverse ne sera finalement tranchée qu’en 1675 après une décision du parlement de Paris auquel ressortissait l’Auvergne. Interdiction fut faite aux paysans de faire pacager leur bétail dans l’espace dévolu au lac, ni de troubler en quoi que ce soit le seigneur sur ses terres sous peine de confiscation des bestiaux des paysans et d’une amende de 500 livres. Pour apaiser les esprits, Jean de Laizer consentit à laisser aux habitants suffisamment d’eau « au dessous de la bonde dudit lac » pour qu’ils puissent abreuver leurs troupeaux.
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La parcelle de Brion et le Lac des Bordes, (10 ha, 90 ares)
Cadastre de Compains (1828) – Arch. dép. du Puy-de-Dôme
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Le seigneur gagnait donc contre les habitants. L’affaire avait cependant été l’occasion d’une prise de conscience collective aboutissant à une action commune. Par crainte d’une innovation qui, estimaient les brionnais, ne profiterait qu’au seigneur, on vit une petite communauté paysanne déterminée et consciente de ce qu’elle estimait être ses droits coutumiers, oser s’insurger contre la politique domaniale du seigneur en assumant les grands risques financiers d’un procès. Perdants, ils savaient qu’ils seraient condamnés aux dépens. Ce qui arriva.
L’innovation imposée par Jean de Laizer illustre la raideur de la politique domaniale du seigneur qui n’avait sans doute pas envisagé un instant qu’une concertation préalable pourrait utilement préparer les ruraux à cette modification majeure de leur environnement familier. La controverse montre inversement l’esprit peu enclin au changement de paysans souvent réputés réfractaires à toute évolution par les observateurs du temps.
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• La guerre des moutons (1670)
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Estives défrichées pour y planter quelques bleds, écobuage, bestiaux qui pacagent là où ils n’auraient pas dû, surpacage, empiètements, bornes déménagées… Qu’il fut seigneur ou paysan, chacun, au mieux de ses intérêts, transgressait la coutume qui régissait l’Auvergne. Alors que l’affaire du Lac des Bordes n’avait pas encore atteint son terme, c’était l’envahissement de la Montagne de Brion par les moutons du seigneur qui mobilisait en 1670 les brionnais.
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Brebis « suivie » – Paul Vertaison(1841-1911)
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La montagne de Brion
Précision de vocabulaire : en Auvergne, le terme montagne ne désignait pas obligatoirement un lieu fort élevé, mais plutôt un lieu que son altitude – moyenne en ce qui concerne la paroisse de Compains – distinguait de la vallée de la Couze située au pied des contreforts du massif du Cézalier. Sur le plan de l’économie agricole, le terme montagne désignait des pâturages d’altitude arpentés par les bestiaux durant la bonne saison. La montagne était divisée en têtes d’herbage. La tête valait à Compains moins d’un hectare sur lequel on nourrissait une vache et son veau ou six moutons.
Des estives et des communaux considérables
Brion bénéficiait de montagnes communes aux dimensions considérables, environ 650 têtes d’herbage équivalant à 510 hectares selon les estimations d’experts au XIXe siècle. Le foirail, la Motte, le Lac des Bordes et ses environs, faisaient partie de la réserve seigneuriale. Peuplée de « toutes sortes de bestiaux », la Montagne de Brion était formée de trois principaux espaces herbagés : Fontpiroux, la Redonde et Blatte. Ces lieux, dits aussi Montagne de la Garde avaient toujours été « jouis indivisement » (partagés) entre les brionnais et le seigneur. Mais dans l’immensité de ces pacages d’altitude, tous s’autorisaient des entorses aux prescriptions de la coutume d’Auvergne, le plus souvent en toute impunité. En principe réservée aux bovins, la montagne pouvait aussi être pâturée par les moutons du seigneur et des paysans. On y cultivait du seigle, de l’orge et quelques légumes et les paysans y défrichaient des « terres novales » (de nouvelles parcelles). En 1670, l’usage que les uns et les autres faisaient de ces montagnes rendit particulièrement houleuses les relations entre Jean de Laizer et les brionnais. Cette fois, c’était le trop grand nombre de moutons que le seigneur faisait pacager qui dressait contre lui les paysans.
Les moutons nuisent aux herbages des montagnes
On trouvait des moutons dans chaque village des montagnes occidentales et rares sont les contrats de mariage à Compains où ne figure pas dans la dot de la mariée « six brebis mères ou suivies ». Du mouton on tirait la laine et la viande mais aussi la peau utile aux parchemins et qui, selon Pierre Charbonnier, représentait 20% de la valeur de la bête. Comme les chèvres, les « brebialhes » (mouton et brebis) étaient l’assurance des pauvres : ils aidaient à survivre le journalier sans ouvrage, le vieillard, la veuve, ou l’indigent, tous ces fragiles qui trouvaient là de quoi échapper à la survenue de la mendicité.
Tous savaient cependant que le partage de la même montagne par les bovins et les moutons était incontestablement préjudiciable aux bovins puisque le mouton arrache l’herbe, détruisant progressivement les herbages. Les terrains de parcours réservés aux moutons étaient donc les « jachères absolues », souvent des terrains pentus ou pierreux ou même des bords de chemin. Quand il n’est pas relégué dans quelque coin ingrat, « le mouton cherche sa vie le long des chemins et sur les sentiers » écrivait en 1804 l’abbé Ordinaire.
Le cultivateur, comme l’éleveur – on pratiquait presque toujours cette double activité à Compains – craignait que, parfois gardé de façon relâchée par les enfants, le mouton prenne sa pitance là où il le pouvait, souvent là où il n’aurait pas dû. La plupart du temps, chaque mas avait un lieu dédié au parcours des moutons. Au bourg, des pâtres venaient, selon la coutume, chercher les ovins au printemps pour les conduire à Anzat sur des terres vaines et vagues qui leur étaient laissées. A Ardes où certaines terres étaient propices aux moutons, on les vendait lors d’importantes foires. A Besse, on les installait sur un territoire dit « la plaine des moutons ». La laine était vendue à Marcenat.
Haro sur les moutons du seigneur
La Montagne de Brion comprenait environ 625 têtes d’herbage. Laizer, qui surchargeait la montagne, ne reconnaissait y faire paître que « quelques moutons » – il en avouait 250 – une évaluation que les paysans n’hésitaient pas de leur côté à chiffrer à 300 ou 400. Ce qui était sûr, c’était que mélanger moutons et bovins sur le même terrain de parcours impactait la qualité des herbages réservés aux bovins. Croyant se justifier, Laizer clamait qu’il ne faisait qu’imiter la pratique de Montmorin son prédécesseur, et pensant faire taire les brionnais, brandissait la menace de partager les communaux si on l’obligeait à éloigner ses moutons. Mise à exécution, la menace aurait privé les paysans du tiers de la Montagne de Brion.
Nouvel affrontement
C’était sans compter avec le notaire Jean Verdier et son frère, déjà rencontrés dans le conflit du Lac des Bordes. Peu impressionnés par la menace seigneuriale, les deux frères prirent la tête d’un nouveau mouvement de résistance et s’attachèrent à défendre les droits que donnait aux habitants la coutume d’Auvergne. Là encore, l’opposition entre les parties dépassa la simple controverse locale puisque, forts de leur droit, les brionnais s’adressèrent à l’intendant d’Auvergne Jean le Camus qui diligenta une enquête.
La contre-attaque de Jean de Laizer dénonça à l’intendant ces paysans de Brion « font éclater leur haine » contre lui, arguant qu’eux-mêmes défrichaient indument la montagne où ils faisant pousser « toutes sortes de graines » pour, l’année suivante, transformer ces mêmes terres en prés de fauche « si bien que par ce moyen lesdits habitans hyvernent plus grande quantité de bestail qu’ils n’ont de foin et de paille de leurs héritages », ce qui, on le savait, contrevenait à la coutume d’Auvergne. Par mesure de rétorsion, Laizer voulait demander l’arpentage des biens de chacun et la séquestration de la récolte, renouvelant sa menace de faire opérer le partage des communaux.
Les brionnais gagnent leur cause…provisoirement
S’il était vrai que transformer les communaux en terres labourables contrevenait à la coutume d’Auvergne, la pratique était si générale qu’il aurait été difficile à l’intendant Le Camus de l’interdire sans soulever des « émotions » préjudiciables à la paix civile dans nombre de paroisses. Indubitablement, chacun n’en faisait qu’à sa tête. Heureusement, les défrichements pratiqués par les paysans pauvres furent mieux tolérés par l’intendant d’Auvergne que le pacage des moutons seigneuriaux qui sabotaient la montagne réservée aux bovins. Les brionnais avaient le droit pour eux, on leur donna raison. Ne pouvant passer outre, Jean de Laizer dut retirer ses moutons en excédent.
La victoire des brionnais leur profita un demi siècle, jusqu’à ce que, devenu seigneur de Brion, François de Laizer, fils de Jean Ier, y puisât argument en 1721 pour attaquer à son tour les habitants. En s’appuyant sur cette ancienne décision, François exigea des ruraux qu’ils retirent de la montagne les moutons qu’à leur tour ils faisaient pacager en surnombre. Quant au partage de la Montagne de Brion, les Laizer devront encore patenter deux siècles puisque le cantonnement des biens qu’ils avaient pu récupérer dans la montagne de Brion après l’Empire n’interviendra qu’en 1874.
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Les seigneuries à Compains dans le dernier quart du XVIIe siècle
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Des relations contrastées avec l’Église
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• Désintérêt pour la chapelle de Brion
Les relations des Laizer avec l’Église sont paradoxales. Affichant une dévotion visible à la chapelle de Vassivière, le seigneur n’hésite pourtant pas à priver le curé de la paroisse de Compains d’une partie de ses revenus en s’appropriant les dîmes qui auraient dû revenir à l’ecclésiastique, des dîmes que le curé pouvait le cas échéant utiliser pour venir en aide aux plus pauvres. Quant à des dons faits à l’église de Compains ou à la chapelle de Brion, la documentation retrouvée jusqu’à présent n’en mentionne pas.
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- Le curé de Compains fait condamner Jean Ier de Laizer et son fils Jean II
Depuis le Moyen Âge,les curés des paroisses voyaient bafouer leurs droits après que les nobles aient inféodé tout ou partie des dîmes, l’impôt versé aux ecclésiastiques. Dans son mémoire sur l’état de la province d’Auvergne en 1637 déjà évoqué plus haut, Jean de Mesrigny déplorait, évoquant les dîmes : « beaucoup de gentilshommes d’Auvergne s’accommodent » [accaparent] des dîmes des curés et des ecclésiastiques leurs voisins « et se les font adjuger a vil prix sous le nom de leurs domestiques ». L’intendant souhaitait que défense soit faite aux gentilshommes d’abuser de leurs droits et « d’affermer les dîmes et autres biens ecclésiastiques, soit sous leur nom ou autre emprunté, a peine de perdre leur privilège de noblesse ».
A Compains, le curé de la paroisse, Antoine Papon, lui aussi victime de cet abus seigneurial, imita les paysans et décida de réclamer ses dîmes et d »entrer en procès contre Jean de Laizer, mais aussi contre le seigneur d’Entraigues possessionné au sud-ouest de Compains, contre Las Colanges, seigneur d’Escouailloux et même contre les religieux du chapitre de Saint-Chamant, qui tenaient seigneurie à Chandelière, à l’est de la paroisse.
L’affaire remonta à la justice royale du parlement de Paris dont la décision traîna en longueur. Le 6 septembre 1673, le parlement donnait raison au curé. Las ! Antoine Papon, mort peu avant, ne connut pas l’arrêt de la cour en sa faveur et le jugement profita à son successeur, le curé Gabriel de Chazelles. La justice étant déjà lente, c’est dix ans plus tard, le 30 mai 1682 que Jean II de Laizer fut finalement condamné non seulement à laisser au curé la jouissance des dîmes de certains villages de la paroisse, mais aussi à lui restituer les dîmes indûment perçues, comme l’avait décidé dès le 2 septembre 1671 le parlement. Dans les rapports de force, le dernier mot revenait dorénavant parfois à la justice royale. Suite à cette décision, en 1693 le curé de Chazelles touchait des dîmes à Marsol, Grolier, Chandelière, La Montagnoune (Cureyre), et « dans un petit circuit » à Compains.
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- Dons des Laizer à la chapelle de Vassivière
A une dizaine de kilomètres de Besse et à 18 kilomètres de Compains, on vénérait l’été à la chapelle de Vassivière une vierge noire, conservée l’hiver dans l’église Saint-André de Besse. Isolée au milieu des herbages, la chapelle est toujours le lieu d’un pèlerinage très fréquenté par les auvergnats.
Il était de tradition chez les Laizer de faire sous différentes formes des dons à la chapelle de Vassivière ainsi qu’aux prêtres communalistes de l’église Saint-André de Besse. La sœur ainée de Jean Ier, Gasparde de Laizer, née en 1605, avait épousé Jean d’Héraudi baron de Saint-Diéry. Elle donna en 1634 à la chapelle « deux couronnes d’argent […] l’une pour l’image du grand autel, l’autre pour l’image de la petite chapelle » (dite la chapeloune, cette petite chapelle est située en contrebas de la chapelle principale). De leur côté, Jean de Laizer et son épouse Jeanne de Bonafos « mus d’une particulière dévotion envers la glorieuse Vierge Marie » avaient fondé en 1652 pour 160 livres de messes à dire à haute voix à la chapelle de Vassivière. Ces messes devraient être célébrées lors des sept fêtes principales de la Vierge à l’intention de tous leurs parents vivants ou trépassés. En « cas de mauvais temps, non autrement », les messes devraient être célébrées à l’église Saint-André de Besse.
L’invocation de la Vierge de Vassivière fut sans doute renforcée dans la famille pour demander la guérison de Jean, (mort en 1662, soit à environ 14 ans), d’une maladie que contracta aussi sa sœur. Pensant aider à la guérison de sa fille, Jeanne de Bélinay offrit à la chapelle le poids en cire de l’enfant. Sauvée, celle-ci fut placée au couvent des Ursulines à Clermont où les religieuses se chargeaient de l’éducation des jeunes filles. En 1668 encore, Jean de Laizer et son épouse donnaient à Vassivière un tabernacle en bois doré qui fut posé sur le grand autel. Ce don ne profita pas longtemps à la chapelle qui fut pillée l’année suivante.
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- Dons aux prêtres communalistes de Besse
L’importante communauté de prêtres communalistes de Besse reçut également des dons des Laizer, en particulier une rente fondée sur une vente de bois. En 1672, Jean de Laizer accordait à Blaise Thouren, laboureur de Chandèze, le droit d’exploiter une coupe de bois dans le bois des hommes (sud du Montcineyre, près de Chaumiane). En contrepartie, Thouren devait verser une rente annuelle de huit livres aux frères de la communauté de Saint-André de Besse. Cette autorisation fut reconduite à plusieurs reprises par ses fils, Jean II (en 1689 et 1699), puis peu avant sa mort par François en 1716. Au XVIIIe siècle, Jean-Charles de Laizer clora cette rente qui n’était plus versée.
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Vie sociale à Brion
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• De baptêmes en mariages
Si le désintérêt des Laizer pour la chapelle de Brion semble avoir été total, il était d’usage que Jean de Laizer ou son épouse affichent leur proximité avec certains de leurs gens en apparaissant occasionnellement à des baptêmes et à des mariages. Il s’agissait le plus souvent des plus aisés de la paroisse, la famille du notaire Morin, celle du curé de Chazelle ou parfois la famille de leurs métayers. Quelques exemples parmi lesquels certains pourront retrouver l’un de leurs ancêtres.
Un an après l’achat de la seigneurie de Brion, « Jean de Siougeat » parraine le 14 juillet 1655 Jean Grolier, fils de Jean et Jeanne Manier, du hameau compainteyre de Groslier. La marraine, Antoinette d’Anglard, est issue d’une famille corrézienne. Les d’Anglard qui vivaient au château du Roquet à la Mayrand, paroisse située au Levant de Compains, étaient aussi possessionnés à Saint-Anastaise, paroisse qui s’étendait au nord du bourg près du lac de Bourdouze. En 1663, Jean Ier est témoin au mariage d’Antoine Morin, fils de Jean Morin, notaire royal à Compains. Antoine épouse Catherine Blanchier, la fille d’un laboureur aisé du village. Les employés du seigneur ne sont pas oubliés. Ainsi en 1664, quand Louise Vidhille, fille du métayer de Malsagne « appartenant au seigneur », épouse Guillaume Maynal, Jean de Laizer est témoin au mariage.
On retrouve Jeanne de Bonafos en 1668, commère au baptême d’Antoine Morin, homonyme de son père, avec pour compère Antoine Ribeyre, conseiller du roi à Clermont et seigneur d’Opme. Gros propriétaire à Compains et dans la région, Ribeyre tient un nombre important de têtes d’herbage au sud de la paroisse. En juin 1669, lors du baptême de Marie Groslier fille de maître Jean Groslier, dit petit Jean, cuisinier de Compains et de dame Anne de Palemorgue sa femme. Son parrain est un homonyme du seigneur de Brion, Jean de Laizer, sieur de Lignerol, dit dans l’acte « bastard » par le curé. La marraine est Marie Fauchier femme de Jean Morin, notaire Royal et lieutenant d’Entraigues et Compains où il réside. Lignerol est une terre située dans la paroisse voisine de Saint-Anastaise. On signalera à cette occasion un fait rare de la part d’un curé : le seigneur de Lignerol est qualifié à deux reprises « batard » par le curé dans le registre paroissial. Sans doute voulait-il distinguer cette lignée « parallèle » de celle du seigneur… Le seigneur de Lignerol qui faisait une carrière militaire est à plusieurs reprises signalé à Compains, qu’il vienne y assister à la messe ou y traiter une affaire en l’absence du seigneur de Brion. On retrouve par exemple le 26 février 1670 Jean de Laizer-Lignerol parrain avec Antonia Groslier marraine d’Antonia Admirat, fille de Michel Admirat et Anne Groslier. Meuniers à Belleguette, les Admirat faisaient partie des habitants commodes de la paroisse. Enfin, le notaire le qualifie le 18 janvier 1676 « Jean de Laizer, sieur de Lignerol, fermier général du chateau de Riben dans la commune de Soulignac-Lembron » dans le procès-verbal des biens de Jean Ier de Laizer mort quelques jours auparavant. Signalons pour finir qu’après la mort de Jean de Laizer, Jeanne de Bonafos sa veuve sera marraine à Compains de Jean-Gabriel de Chazelles, fils de l’écuyer Antoine de Chazelles et de Marguerite Béraud. Le parrain sera Gabriel de Chazelles, curé de Compains. La famille du curé de Chazelles était originaire d’Ussel sur la planèze dans le diocèse de Saint-Flour. Antoine de Chazelles était à cette date seigneur au Baguet près de Marsol, mais la famille avait sa « résidence ordinaire » à Charvisy en planèze. La « proximité » des Laizer avec les habitants s’estompera petit à petit, disparaissant même au fil du XVIIIe siècle.
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• Mort de Jean Ier et Jeanne de Bonafos
On a vu au chapitre consacré aux foires de Brion que le « seigneur de Sioughat Jean de Lezer » avait bénéficié en 1670 d’un arrêt de la « cour du parlement de France…portant enregistrement des lettres patantes de sa majesté pour raison desdites foires [de Brion] et des droits de laides » (leydes). ces droits perçus lors des foires faisaient partie des anciens droits seigneuriaux usurpés par les féodaux depuis le Moyen Âge. Après la mort de Jean Ier en janvier 1676, le 25 septembre suivant, une sentence rendue en la sénéchaussée d’Auvergne à Riom au profit de sa veuve, Jeanne de Bonafos de Bélinay, confirmait les privilèges précédemment accordés à Jean Ier « pour raison de l’établissement de cinq foires à Brion…et droit de laide desdites foires ». On peut penser qu’à cette date Jean II de Laizer nouveau seigneur de Compains avait cédé à sa mère les revenus des foires de Brion.
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- Un testament contesté
Dans son testament du 21 juillet 1670, Jean Ier de Laizer avait substitué pour lui succéder ses fils Jean II, puis François. Il s’agissait que son successeur puisse maintenir la cohésion des biens familiaux en évitant leur morcellement. Jean Ier meurt en 1676, quelques jours après que Jean Morin, notaire royal à Compains, ait ajouté in extremis à son testament un codicille par lequel il lèguait à son épouse trois mille livres de rente, les meubles et le bétail de ses propriétés. Sans doute les fils de Jeanne de Bonafos soupçonnèrent-ils quelque manipulation car une semaine plus tard et à la surprise de Jeanne de Bonafos le notaire Morin diligenté par le procureur du roi apposait les scellés « dans la maison et chasteau [terme pris ici dans le sens de demeure] de Chidrac en laquelle le seigneur de Siougeat est décédé et autres maisons appartenant a sa succession ». Entre le 19 et le 20 janvier 1676, les possessions sises à Chidrac, Montauron, Riben et Compains se trouvèrent mises sous scellés au grand dam de Jeanne de Bélinay qui arguait du codicille et formait opposition. En vain.
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• L’inventaire des immeubles détenus par le seigneur de Compains (1676)
Trois jours durant le notaire qui procédait à l’inventaire apposa les scellés sur certaines pièces et coffres dans la maison de Chidrac, au domaine de Montauron, au château de Riben dans la commune de Soulignac Lembron (Solignat, Puy-de-Dôme), où on retrouve Jean de Laizer, seigneur de Lignerol, qualifié par le notaire, on l’a vu plus haut, « fermier général du chateau », et à Compains, seul lieu qui nous intéresse ici.
A Compains : « ni maison, ni établerie » et un château ruiné
Lors de la pose des scellés à Compains, selon les déclarations des brionnais au notaire, les Laizer n’avaient dans le hameau de Brion « ni maison, ni établerie », ce que confirma le notaire qui posa les scellés. Confirmant l’ancienneté de la destrucion de l’ancien château médiéval, il n’est pas plus mentionné dans l’inventaire de 1676 qu’il ne l’a été en 1654 dans l’acte de vente de la seigneurie. Aux dires des employés seigneuriaux s’ajoutaient simplement à la seigneurie deux domaines et corps de métairie que ledit seigneur avait dans la terre de Compains et ses dépendances.
Au bourg : une « maison seigneuriale » avec son colombier
C’était au bourg que logeait ponctuellement le seigneur quand il passait à Compains régler ses affaires, dans une maison seigneuriale sise au nord de l’église Saint-georges, à peu près là où se tient de nos jours l’ancien presbytère. Telle que décrite par le notaire dans l’inventaire après décès de 1676, la maison du bourg, (dite « chasteau »), couvrait 70 mètres carrés. Elle comprenait au rez-de-chaussée une cuisine, un four et deux chambres où vivaient Jeanne Auzolle qui s’occupait de la basse-cour, le forestier Jean Chandezon et son fils, palefrenier. A l’étage, Laizer s’était réservé deux chambres (voir le chapitre De la forteresse au chasteau). Les notaires parisiens décrivent quant à eux la maison comme une « résidence seigneuriale » située au bourg et pourvue d’un signe extérieur de noblesse, un colombier garni de pigeons, un oiseau dont la chair était très appréciée sous l’Ancien Régime. Dite colombine, la fiente des pigeons constituait un bon engrais vendu au profit du seigneur. Le privilège de colombier, peu usité chez les nobles d’Auvergne, mais pratiqué par le seigneur de Compains, n’était guère apprécié des paysans qui voyaient les pigeons vaguer sur leurs terres et consommer les grains qu’ils semaient. On ne sait si les règlements qui prévoyaient d’enfermer les pigeons pendant les semailles étaient respectés à Compains. Chez les paysans, et en dépit d’un règlement du parlement en 1630 qui autorisait la construction de colombiers sans besoin d’une autorisation des seigneurs hauts justiciers, il semble qu’il existait peu de colombiers dans la paroisse. Aujourd’hui, seul un petit colombier a été retrouvé au village de Marsol (voir à ce chapitre). Ce village, situé dans la paroisse de Compains, faisait partie de la seigneurie du Valbeleix et releva des seigneurs de Saint-Nectaire jusqu’aux premières années du XVIIIe siècle
Sans doute achetée avec la dot de Jeanne de Bonafos, la seigneurie de Brion constituait donc, selon cet inventaire, la possession principale de Jean de Laizer.
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• Ensépulturés dans l’église Saint-Georges de Compains
Mort le 14 janvier 1676 à Chidrac, Jean de Laizer fut transporté à Compains où il trouva sa sépulture le 18 dans l’église Saint-Georges où son épouse Jeanne de Bonafos de Bélinay l’y suivit le 6 septembre 1687. L’emplacement de leur tombe marque, sinon leur attachement à Compains, du moins leur volonté d’y laisser les restes de leur passage terrestre pour mieux y affirmer le pouvoir de leur famille. L’église ne comporte pas d’enfeu qui aurait permis de localiser leur tombe, vraisemblablement située sous les dalles du transept droit de l’église au pied de la tour qui donne accès au clocher. Ils y reposent en compagnie des non-nobles les plus commodes, notaires ou marchands qui avaient eu les moyens de se faire enterrer dans l’église. Cette mauvaise habitude peu hygiénique sera interdite par une ordonnance de 1776 qui interdira l’hinhumation dans les églises aux membres du peuple, pratique qui continuera d’être tolérée pour la noblesse et les religieux.
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L’église Saint-Georges, lieu de sépulture de Jean de Laizer et Jeanne de Bonafos de Bélinay
Lithographie d’Emile Sagot, Arch. dép. du Puy-de-Dôme
Le procès-verbal d’une visite pastorale dans la seconde moitié du XVIIe siècle, mentionne « il n’y a d’autre banc que celui du seigneur » montrant que l’église Saint-Georges était vide de tout siège pour les paroissiens. La représentation d’Emile Sagot montre que rien n’avait changé quand il représenta l’église deux siècles plus tard.
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Un antagonisme durable
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On l’a vu, les tensions furent souvent vives entre le seigneur, les habitants et le curé qui n’hésitèrent pas à plusieurs reprises à résister à Laizer quand il agissait contre ce qui leur paraissait être leur bon droit, consacré séculairement par la coutume. La longue affaire du Lac des Bordes illustre l’incompréhension et l’obstination des parties qui, chacune s’estimant dans son bon droit, meuvent pendant deux décennies un procès ruineux pour les antagonistes.
A quoi attribuer les relations tendues entre Jean de laizer et ses adversaires, le curé de la paroisse et les paysans de Brion, sinon à un besoin de plus grande justice face au manque d’habileté d’un seigneur sans doute peu porté à transiger et doté comme ses semblables d’une tendance à abuser de sa position dominante. Pourtant, en l’état actuel de nos sources, on remarquera à sa décharge que Jean Ier de Laizer semble ne s’être jamais approprié les communaux du village – même s’il en agita la menace – contrairement à certains nobles dont le comportement répréhensible avait été en 1667 à l’origine d’un édit royal qui ordonnait aux seigneurs qui s’étaient emparés des communaux de les restituer aux paroisses.
On peut penser que les Saint-Hérem n’avaient géré que de loin leur châtellenie, affermée à l’écuyer Jean de Lubé quand survint la vente à Jean de Laizer. Pour éviter des conflits avec des ruraux difficilement gérables, il est possible que ceux à qui les Montmorin affermèrent la seigneurie de brion, aient laissé aux habitants plus d’autonomie que ne voulut en laisser Jean de Laizer aux brionnais. On sait par exemple qu’une transaction entre Montmorin et les habitants de Brion les avait autorisés à pacager le foirail seigneurial pour le prix de 10 sols par an, à l’exclusion de la Motte dont le périmètre, borné, était réservé au seigneur. Quand la seigneurie eut changé de mains, faisant fi des bornes, les brionnais firent aussi pacager la Motte, pourtant réservée aux bestiaux du nouveau seigneur. Ce relâchement possible de l’autorité seigneuriale au temps des Saint-Hérem, pourrait avoir encouragé le développement d’un sentiment d’indépendance chez des paysans déjà réputés indociles et, qui plus est, conduits et encadrés par un notaire mû par une bonne connaissance des arcanes de la justice royale et des droits que donnait la coutume.
La société rurale était une société de traditions et d’habitudes, d’autres diront de routine. Les changements imposés par le nouveau seigneur, rendirent insupportables à tous ses abus et firent sentir aux brionnais le besoin de desserrer un étau auquel, selon nous, ils n’étaient plus accoutumés. Signe que la justice royale, bien que lente, ne fonctionnait pas si mal, dans un contexte social qui ne cessa d’être tendu, le curé comme les habitants obtinrent, après des procès, que certains de leurs droits soient reconnus, aidés par la volonté royale de reprendre en main la noblesse.
Quarante ans après la mort de Jean Ier, son fils Jean II déplorera encore les tracasseries qu’imposaient les brionnais aux fermiers de son père, au point que celui-ci avait beaucoup de difficulté à en trouver. Après lui, François de Laizer devenu seigneur de Brion entretiendra lui aussi des relations conflictuelles avec les compainteyres.
Enfin, peut-être n’est-il pas si hasardeux de postuler qu’à Compains comme dans bien d’autres communautés rurales, certains esprits ouverts aux influences urbaines du fait de l’émigration hivernale et, qui plus est, bien conseillés par quelques hommes de loi accessibles aux idées nouvelles, commençaient à évoluer vers des idées qui annonçaient la rupture de la fin du XVIIIe siècle.
A SUIVRE









