Compains

Histoire d'un village du Cézallier

– Conflits autour des communaux

“Labourages et pasturages estoient les deux mamelles dont la France estoit alimentée

et les vrayes mines et trésors du Pérou”

écrivait Sully, ministre d’Henri IV, in : Mémoires ou économies royales d’Estat, domestiques, politiques et militaires de Henry-le-Grand, publiés en 1638.

 

      Très étendue avant la Révolution, la paroisse de Compains comptait environ 70 km2. Privée de ses terres du sud-ouest pendant la Révolution, elle ne couvre plus aujourd’hui que 50 km2. Sa situation dans la moyenne montagne auvergnate faisait bénéficier Compains de très vastes communaux, principalement situés à Brion et Barbesèche. L’exploitation de ces montagnes communes donna lieu à d’incessants désaccords entre les seigneurs et les paysans, des divergences qui s’exprimèrent par le biais de nombreux procès.

 

L’exploitation des communaux selon la coutume d’Auvergne

 

      Les communaux sont un ensemble de terres, d’herbages, de friches, de marais, etc. dont la communauté des habitants d’une paroisse ou d’un hameau avait l’usage. On faisait estiver les bestiaux dans les communaux et on pouvait en défricher des parties pour y planter.

      La coutume d’Auvergne prescrivait la règle des “foins et pailles” : “on ne peut faire pasturer bestail es paturages communs ou particulier d’aucune justice a plus grand nombre que l’on a hyverné et nourris des foins et pailles recueillis dans le lieu”. Chacun ne devait estiver plus de bêtes qu’il n’en avait hivernées dans son étable. Cette disposition de la coutume avantageait les gros propriétaires qui profitaient d’un plus grand nombre de têtes d’herbage dans les communaux  (une tête valait environ un hectare), alors que le petit cultivateur en était presque exclu. Le paysan qui détenait un journal de pré, (le journal valait à Compains 34 ares 19 centiares ), avait droit à une tête d’herbage dans les montagnes.

      Contrairement aux dispositions de la coutume, les herbages des communaux de Compains étaient souvent surexploités : certains y plaçaient plus de bêtes qu’ils n’en avaient hiverné, certains aussi défrichaient exagérément les communaux pour les cultiver.

 

L’ancienne économie des montagnes

 

      Sous l’Ancien régime, les paysans vivaient majoritairement en autarcie et produisaient la plupart des biens qu’ils consommaient. Aussi, contrairement à ce que nous observons de nos jours, les montagnes n’étaient pas vouées qu’au seul élevage. Estives d’été, cultures et prés cohabitaient. Le laboureur à Compains était éleveur et céréalier. Au pied de la Motte, on cultivait notamment le seigle, l’avoine, l’orge et les raves. Plus près du village on trouvait les prés, on pratiquait la culture du lin et du chanvre. Dans les horts à viande (jardins potagers) proches  des maisons on plantait les légumes du quotidien auxquels viendra s’ajouter la pomme de terre à la fin du XVIIIe siècle.

      Chacun des hameaux de la paroisse avait de vastes communaux voués à la dépaissance des troupeaux et à la confection de fromages. Depuis toujours, ces communaux étaient exploités “promiscument” (en communauté), partie en pacages, partie en terres labourables. Dans l’ancienne économie, le nombre de têtes d’herbage dont on pouvait jouir dans les communaux dépendait de la quantité de prés détenue par chacun. Celui qui possédait dix journaux de prés avait droit à dix têtes d’herbages dans les montagnes des communaux. Pour les habitants, les communaux représentaient plus qu’une propriété collective immémoriale : rapportés au modèle agricole pratiqué dans les montagnes qui associait l’élevage aux cultures céréalières, les communaux constituaient un bien indispensable à la survie de nombreux villageois.

 

Tumultueuses relations seigneurs-paysans

 

      Les sources retrouvées mettent en évidence la relation souvent conflictuelle entre les seigneurs de Compains et les paysans de Compains sous l’Ancien régime. L’exploitation et l’utilisation du sol des montagnes vouées à l’estive furent l’objet de contestations incessantes et de procès entre les Laizer et les paysans du XVIIe jusqu’au XIXe siècle. On a vu le long procès conduit par les brionnais contre Jean Ier de laizer lorsqu’il voulut créer le lac des Bordes dans la dépression située au pied de la Motte de Brion (voir le chapitre Lacs et tourbières). Le pacage d’un trop grand nombre de moutons avait ensuite été à l’origine de nouveaux procès (voir le chapitre Les Laizer à Compains, Jean Ier de Laizer).

      Pour le seigneur, depuis la mise en place de la féodalité, le communal faisait partie de sa propriété éminente, en partie concédée aux habitants qui y exercent des droits d’usage. Cette position était partagée par le pouvoir royal. Les modalités du partage des communaux entre les communautés rurales et les seigneurs avaient notamment été organisées en 1669 par une Ordonnance royale sur les Eaux et Forêts qui stipulait que “le tiers des bois, prés, marais, landes, pâtures etc, étant de la concession gratuite des seigneurs et sans charge de cens, redevance, prestation ou servitude, pourra être distrait et séparé au profit desdits seigneurs en cas qu’ils le demandent et que les deux autres tiers suffisent au besoin de la communauté”. Les paysans vivaient sous la menace de ce droit de triage  accordé aux seigneurs qui, s’il était pratiqué, ne leur laisserait que les deux tiers des communaux, le troisième tiers allant au seul  seigneur. Cette ordonnance fut perçue par les paysans comme une menace et provoqua l’ouverture de longues procédures en justice, à Brion comme en bien des paroisses.

      La communauté des habitants de la paroisse s’estimait propriétaire des terres communes qu’elle peuplait souvent de trop de bestiaux et qu’elle cultivait parfois exagérément. Les paysans, dont les propriétés étaient presque partout confinées par les communaux, étaient tentés d’y empiéter pour agrandir leurs parcelles. On grignotait au vu et au su de tous les marges du communal, on usurpait les terres du prieur de la chapelle de Brion et on estivait trop de bêtes dans les herbages pourtant vastes dont on disposait. Ces abus de jouissance réduisaient l’espace réservé aux bêtes et provoquaient d’incessants conflits, d’autant que l’empiètement temporaire pouvait aussi évoluer en usurpation durable.

      L’Auvergne restait l’asile de bien des archaïsmes. Pourtant, la mise en évidence ci-après des débats qui agitaient alors les esprits, montre qu’il n’était pas vraiment question de moderniser l’exploitation des herbages en vertu des nouvelles théories économiques qui circulaient alors dans le royaume. Pour les gros propriétaires, il s’agissait surtout de faire respecter la coutume d’Auvergne dans la propriété collective. Défricher ou estiver il fallait choisir et l’estive devait se faire dans l’ordre. Au fil du XVIIIe siècle pourtant, la propriété collective sera considérée par les économistes comme rétrograde et contre-productive car elle incitait les cultivateurs à la négligence. La volonté royale de secouer les pratiques agricoles ancestrales pour une meilleure productivité, était cependant contrebalancée par l’intendant d’Auvergne, bien conscient que les communaux contribuaient à la survie des plus pauvres.

 

 

A BRION

 

      On a vu que dans le lointain hameau d’Espinat, (voir le chapitre consacré aux Montmorin-Saint-Hérem), l’agent seigneurial de Jean de Montmorin-Saint-Hérem alors seigneur de Brion avait dû venir régler un litige en 1513 entre les paysans qui surpacageaient les montagnes. Le représentant du seigneur était alors en position d’arbitre. A Brion, après l’arrivée de Jean Ier de Laizer (v.1611-1676), c’est désormais directement entre le seigneur et les compainteyres que les différends vont se solder par de multiples procès.

 

Surcharge et empiètements dans les communaux

 

      Le village de Brion avait des communaux considérables – environ 652 têtes d’herbage –  pour partie jouis en montagnes où les bestiaux “pacageaient confusément”, et pour partie en terres labourables où “chacun pouvait aller travailler dans la portion récoltée par un autre”. Conforté par l’Ordonnance de 1669, Jean de Laizer ne manque pas de brandir en 1670-71 la possibilité de triage que lui accorde dorénavant la loi. Il estime que, puisqu’il n’utilise pas ce droit qui lui permettrait de clore à son profit le tiers des communaux de Brion, les paysans ne doivent pas contester le trop grand nombre de bestiaux qu’il fait pacager, comme le faisaient ses prédécesseurs, selon lui.

      Dénoncé pour surpacage par les brionnais devant Jean Le Camus, intendant d’Auvergne, Laizer contre attaque et dénonce à son tour les habitants qui transforment une partie des communaux en terres labourables. Laizer demande  que défense soit faite aux paysans et à quiconque de défricher ou brûler les montagnes communes à peine de 500 livres d’amende.

 

Remise en cause de la propriété seigneuriale

 

      Cette surexploitation des communaux se compliquait d’une question épineuse qui mobilisa longtemps les brionnais : la propriété des Laizer à Brion composée de la Motte, du foirail et du lac des Bordes, était-elle fondée ? A l’appui de cette question, des juristes locaux invoquaient l’absence de titres de propriété et la non résidence à Compains des Laizer qui habitaient une maison à Chidrac. Pour les brionnais, les Laizer étaient des propriétaires forains, des non-résidents. De ce fait, durant des décennies, les cultivateurs de Brion vont tenter avec acharnement  de contester aux Laizer leur propriété et ce en pleine contradiction puisqu’ils acceptaient que le seigneur leur afferme des herbages dans la montagne de Brion. Plaintes, rapports d’experts, renvois, jugements, appels, les affaires judiciaires s’enchainaient, enrichissant sans fin les hommes de loi.

 

Bataille pour la Motte

 

      Une “ancienne transaction” passée avec les Montmorin-Saint-Hérem autorisait les brionnais à faire pacager leur bétail sur le foirail situé au pied de la Motte, moyennant une redevance de dix sols. Protégée par des bornes, seule la Motte “qui portait les ruines du château” restait symboliquement réservée aux Montmorin. On peut penser que cet accord voulait contribuer à une relation pacifiée avec les paysans de Brion à qui on laissait ainsi un maximum d’herbages proches du village, tout en réservant au seigneur la butte castrale où s’était dressée l’ancien château des Bréon.

 

Les montagnes de Brion (© Cliché Francis Cormon)

 

      L’arrivée de Jean de Laizer bouleverse ces usages et les contestations paysannes redoublent. Divers textes viennent pourtant conforter la propriété de laizer. Par exemple, peu avant sa mort (1676), Jean de Laizer avait fait reconnaitre en 1673 aux paysans qu’il se réservait le passage de ses bestiaux dans les communs et montagne de Brion au dessous des moulins “pour passer et repasser ses bestiaux en tous tems, a son plaisir et volonté, pour aller de sa montagne de la Taillade, autrement appelée Blatte, et dudit Blatte à la Taillade, comme il en a ci devant joui et usé”. La même année, 29 habitants de Brion reconnaissaient qu’il était propriétaire de la Motte, du lac et d’“un foirail borné et limité par des reconnaissances anciennes avec six cabanes et huttes qui appartiennent au seigneur de Brion”. Des reconnaissances dont on considèrera cent ans plus tard qu’elles valaient reconnaissance de propriété pour les Laizer.

 

Communaux du bourg et de Brion (carte Cassini vers 1760)

 

      On notera cependant un fait curieux et, pour nous, encore inexpliqué. L’authenticité de l’acte de 1673 fut contestée par les habitants. Mis en demeure de produire cet acte deux siècles plus tard, Maurice de Laizer fournit un acte qui n’était pas conforme au double établi par le notaire pour les paysans. Qui avait voulu tromper l’autre et quand ? On se procura l’original du notaire qui se révéla semblable à la copie de Laizer. Au XVIIe siècle, le notaire aurait-il fourni une copie non conforme aux habitants ?

      A la génération suivante, des contestations renaissent, cette fois entre les brionnais et François de Laizer qui a succédé en 1716 à son frère Jean II. Les Laizer disposaient alors de 119 têtes d’herbage dans la montagne de Brion qu’ils acensaient en partie à des brionnais. Afin de se concilier les paysans et, “par bonté” écrit François, il n’avait pas fait exécuter des arrêts obtenus du parlement qui l’autorisaient à confisquer le bétail installé en surnombre par les paysans. Dans un courrier, semble-t-il adressé à son homme d’affaire, il affirme n’avoir pas non plus perçu les amendes contre ceux qui le troublaient dans sa jouissance du lac des Bordes en “mangeant son herbe”. Enfin, comble de tolérance…, il avait même fini par admettre le pacage des bestiaux sur la Motte. Cette concession n’allait pas rester sans contrepartie.

 

La transaction de 1722

 

      En 1721, François demande le partage des communaux de Brion “que les habitants qualifient de montaigne”, à tort selon lui,  puisque les paysans ont de tous temps bénéficié du côté du village de La Meyrand d’un pacage dit “le pacage des boeufs”. En outre, ayant appris par un brionnais que cinquante ans plus tôt les paysans avaient obtenu l’enlèvement de plus d’une centaine de moutons que son père faisait paître en excès, François exige que soient retirées les brebis des habitants qui pacageaient en surnombre. On en trouvera quinze. Il veut en outre interdire aux paysans d’acenser des chevaux et d’enclore leurs cultures.

      Conduite par Jean Chanet, un gros marchand, propriétaire à Brion du plus important troupeau après celui de Laizer, la communauté des habitants décide d’aller une nouvelle fois en procès : on continue de dénier à Laizer sa propriété au prétexte qu’il n’a à Brion ni feu, (il n’habitait pas sur place), ni résidence par le biais de colons et de leur cheptel, contrairement à ce que prescrivait la coutume d’Auvergne. En conséquence, pour les brionnais, Laizer ne devait pas avoir accès aux communaux.

      Arrive enfin une transaction le 20 août 1722, année de la mort de François qui a obtenu du baillage de Montpensier une sentence reconnaissant sa propriété de la Motte, du foirail et du Lac des Bordes. Condamnés, les habitants interjettent appel le 22 septembre et perdent le procès. Laizer consent pourtant à leur bailler à ferme la Motte, le foirail et les alentours du lac des Bordes, mais la contrepartie sera conséquente.

      Donc les brionnais vont pouvoir jouir des pacages contestés moyennant une acense, mais la compensation pour Laizer est de taille :  déjà doté de 119 têtes d’herbage, le seigneur s’attribue 20 têtes d’herbage supplémentaires (environ 20 hectares) qu’il se réserve d’exploiter lui-même ou d’affermer. Pour faire bonne mesure, il s’empare de 5 têtes d’herbage supplémentaires pour assurer la sécurité des foires. Or au chapitre Foires, on se souvient avoir vu que le seigneur touchait déjà un péage et une leyde sur ceux qui se rendaient aux foires et qui y vendaient des biens. Après cette transaction, François se retrouvait donc à la tête de 144 têtes d’herbages à Brion où il pouvait estiver ses bestiaux en été. Condamnés aux dépens, les paysans durent en outre payer 58 livres pour avoir fait pacager en 1722 les biens seigneuriaux. 

      Après cette date, on constate qu’exécution sera donnée à cet accord pendant des décennies par la communauté des habitants de Brion. A partir de 1723, plusieurs cabanes seront construites par le comte de Brion sur le foirail. Elles seront louées successivement par actes notariés de 1723 à 1829. En novembre 1777 puis en mai 1789 encore, Jean-Charles de Laizer seigneur de Brion renouvèlera des baux à ferme qui coururent jusqu’à 1829. A cette date, on verra Maurice de Laizer, rentré d’émigration, s’efforcer avec opiniâtreté par le biais de multiples procès de se réapproprier les biens tenus par sa famille sous l’Ancien régime.

 

Spécialisation et organisation des prairies

 

      A Compains, les montagnes faisaient l’objet d’une spécialisation en fonction du bétail qu’on voulait y installer. On a vu précédemment que les caprins étaient regroupés l’été vers Anzat (voir au chapitre Vie rurale, la chèvre). Selon la nature des pâturages d’altitude et donc de l’herbe plus ou moins “grasse”, les bovins, les “bêtes arantes”, les vaches à lait, les bourrets, (jeunes bovins de deux à trois ans), les chevaux ou les moutons pâturaient l’été chacun dans un espace dédié.

      Lors de la répartition des cantonnement spécifiques au sein desquels on introduisait certains animaux à l’exclusion des autres, en 1760, on avait négligé à Brion  d’attribuer un bon pacage aux “bœufs arants”, les bœufs de labour qui tiraient l’araire ou la charrue, et ce en dépit d’un “ancien usage” qui voulait qu’on leur réserve les meilleures pâtures. Conscients du caractère contre-productif de leur laisser-aller, les paysans déplorent de s’être “fait mutuellement un tort considérable”, en laissant pacager les meilleurs herbages par de jeunes bourrets au lieu de consacrer les meilleurs  herbages aux bovins qui travaillent. Pour remédier à ce “dérèglement” et mieux utiliser la ressource, on prend le parti de réorganiser les pacages.

      Il fut décidé que, du premier juin jusqu’à la Saint-Mathieu (21 septembre), un tènement serait délimité au sein duquel on pourrait introduire ses bœufs arants : chaque propriétaire de huit têtes d’herbages serait autorisé à placer deux bêtes arantes dans les meilleurs prés. Par ailleurs, on réserva aux vaches à lait le creux dit “grenier de Blatte”, près du ruisseau des Règes. Un autre espace fut réservé aux bourrets, d’autres accueillirent chevaux et brebis. Pour éviter les excès des piétinements répétés dans les herbages, certains souhaitèrent en outre que tous fassent la montaison à l’estive et la dévalade d’automne le même jour. Ces mesures de rationalisation de l’usage des herbages participaient d’un mouvement général qu’on retrouve dans d’autres villages de Compains, comme dans nombre de paroisses d’Auvergne.

 

Défricher ou pacager, il faut choisir : le règlement de 1766

      Une sentence rendue le 7 avril 1766 au baillage d’Aigueperse, ordonnait qu’à Brion “du consentement des parties”, un expert établirait un règlement entre “tous les habitants du village de Brion et autres forains” (non résidents), pour fixer la quantité de terrain que chacun pourra défricher annuellement dans les communaux “au prorata de ce que chacun possède”. Comme les prés, on mesurait ces défrichements en journaux, un journal représentant l’étendue de terre qu’un attelage pouvait normalement labourer en un jour, ou l’étendue d’herbe qu’un homme pouvait couper à la faux en une journée de travail. En Auvergne, le journal valait entre 35 et 40 ares. A Compains, un notaire estimait en 1873 que la superficie du journal y équivalait à 34 ares 19 centiares, soit 3419 mètres carrés.

      Le juge châtelain supervisa l’opération : on fixa à chacun les têtes d’herbage qu’il pourrait utiliser, y compris celles de Jean-Charles de Laizer et du prieur de la chapelle de Brion.  L’établissement d’un règlement s’ensuivit qui prévoyait que plus on défricherait moins on aurait de têtes d’herbage. Depuis 1513, la situation n’avait pas évolué.

 

L’application du règlement : comptage et surveillance des bestiaux (1768)

      Jean-Charles de Laizer veillait personnellement à ce que le nombre de bestiaux autorisés à estiver soit strictement surveillé pour éviter la dérive récurrente de la surexploitation du communal. Chaque année au commencement du printemps, en présence du seigneur, on réglait “par écrit” le nombre de bestiaux qui avaient hiverné dans les étables pour en déduire le nombre de ceux qui pourraient estiver dans les montagnes. La méfiance étant de règle, Laizer faisait “recompter plusieurs fois dans le courant de l’été les bestiaux”, pour éviter “la cupidité de plusieurs” ! Pour cette vérification qualifiée dans nos sources de “police immémoriale”, Laizer était accompagné du procureur d’office et du garde chargé de la “guette des herbages”, la surveillance des communaux.

Jean-Charles de Laizer en 1787

extrait de :  Bonnefoy (G.), Histoire de l’aministration civile dans la province d’Auvergne et

le département du Puy-de-Dôme

 

      En présence des brionnaiss assemblés en 1768, on examina donc “ce que chacun d’eux a droit de jouir et d’estiver”. Ceux qui avaient des bestiaux en surnombre, (on trouva 15 brebis et 9 bovins), durent les sortir des pâturages et ils furent passibles d’une amende. La majorité des contrevenants reconnut les faits et se soumit “à la loi de police”. Comme souvent il y eut des réfractaires : Jacques Golfier refusa de retirer deux bovins suivi par la veuve Vendrand qui contestait qu’on lui fasse retirer une brebis. Les plus gros laboureurs de Brion écrivirent ensuite au juge châtelain de Compains pour dénoncer “la cupidité” d’un seul habitant qui refusait “une police si équitable et si longtemps exécutée“. Ils demandaient l’assignation et la condamnation des deux récalcitrants.

 

 

AU BOURG DE COMPAINS

 

Une montagne ingrate

      Les communaux du bourg couvraient un vaste espace de 276 têtes d’herbage sur la Montagne de Barbesèche, jouie indivisément par les “coherbassiers” (éleveurs) du bourg, dont la dame de Compains, Louise de Miremont, comtesse de Brion. Devenue prématurément veuve de Jean-Baptiste de Laizer, Louise était la tutrice de son fils Jean-Charles.

      La Montagne de Barbesèche manquait d’eau, d’où son nom. Le communal était irrégulier, bosselé, anguleux avec des terrains de qualité inégale. La montagne, on l’a vu, présentait l’inconvénient d’être peu arrosée par deux ruisseaux mal situés, l’un à l’est, l’autre à l’ouest. Cette configuration défavorable imposait de déplacer les bêtes sur de longues distances pour les abreuver. Plusieurs chemins parcouraient Barbesèche dont “deux chemins considérables” qui conduisaient, l’un du bourg à Brion, l’autre du bourg au hameau de Cureyre. Ces deux chemins qui se réunissaient pour mener jusqu’au foirail de Brion étaient fréquentés du printemps jusqu’à l’automne par des hordes de bestiaux qui se rendaient aux foires. Leurs piétinements endommageaient les herbages et rendaient une partie du communal difficilement apte à la dépaissance des troupeaux.

 

Montaison et dévalade sur la Montagne de Barbesèche

      On tente en 1745 d’organiser l’économie pastorale “pour éviter mil incidents qui arrivent annuellement”. Quatre laboureurs du bourg (Morin, Blanchier, Reynaud et Eschavidre) ont assigné tous les autres, y compris Louise de Miremont pour les biens qu’elle tient à Barbesèche. Pour préserver les pâtures du piétinement des bestiaux, les quatre laboureurs demandent qu’une règle précise régisse l’usage de Barbesèche lors de la montaison printanière à l’estive (23 avril), et lors de la dévalade d’automne prévue le jours de la Saint-Luc (18 octobre),  jour qui marquait “le temps ordinaire de descendre les vaches”.  Un règlement amiable est élaboré “pour éviter la discorde et entretenir la pais dans la commune” : nul ne devra faire monter ses bestiaux à l’estive avant le jour de la montaison ; tous les animaux monteront le même jour sous peine d’être déchus d’entrer à Barbesèche ; un lieu sera délimité pour la traite des vaches et des razes devront être tracées pour disperser l’eau depuis les sources.

 

La Montagne de Barbesèche. Au fond, le Montcineyre

 

Premier partage de la Montagne de Barbesèche (1782)

      Dans les années 1770, Jean-Charles de Laizer demande le partage du communal de Barbesèche où il tient 42 têtes d’herbage. Hormis Laizer, seuls deux exploitants ont plus de 20 têtes : on en trouve 62 chez François Blanchier et 22 chez Jacques Reynaud. Les autres habitants ont entre 2 et 18 têtes. Les meilleurs herbages sont situés au nord de la montagne, le long du Bois de Saint-Georges, au Pré Rigaud notamment. Laizer veut s’approprier la terre de la Contraille ce qui lui permettrait de rejoindre le Pré Rigaud à l’ouest et la Montagne de la Taillade à l’est.

      Les habitants du bourg et le curé Guillaume Jamot refusèrent le partage. Après un procès contre laizer qu’ils perdirent à nouveau, ils furent condamnés en 1782 et durent se résoudre à la division du communal. La part de chacun devait correspondre au nombre de têtes qu’il avait le droit d’estiver, soit 42 pour Laizer, 3 têtes pour le curé Jamot et 231 têtes pour tous les autres cultivateurs du bourg. Des bornes seraient plantées entre la portion de Laizer et celles des cultivateurs.

 

Une mauvaise affaire pour les paysans

      Le partage de Barbesèche avait posé un problème aux experts. Réservés quant à la possibilité de lotir le communal avec équité, ils considéraient que les habitants avaient inconsidérément accepté de lotir leur montagne sans prévoir les inconvénients qui en résulteraient pour eux. L’intérêt des habitants, compte tenu du mauvais état de la montagne, aurait commandé qu’on ne la lotît pas. Pour limiter les inégalités entre Laizer et les paysans, les experts obtiendront de ne diviser la montagne qu’en trois lots : le premier et meilleur lot, la Contraille, alla à Laizer qui le réclamait. Les deux autres lots, l’un situé “de jour” (à l’est), l’autre “de nuit” (à l’ouest), furent attribués aux habitants du bourg.

      Les paysans se partagent les deux lots les plus secs et les plus piétinés, ceux qui sont parcourus par les chemins fréquentés par des centaines de bêtes chaque année. En outre, certains seront même contraints de déménager leur buron s’il ne se trouve pas dans le lot qui leur a été attribué. Laizer, qui reçoit les têtes d’herbage bien arrosées de la Contraille, fait une bonne affaire. Il ne sera plus gêné par les chemins empruntés par les troupeaux et pourra rejoindre ses terres depuis, à l’ouest, la métairie de Malsagne qu’il détient jusqu’à, à l’est, la Montagne de la Taillade en passant par le Pré Rigaud, la Contraille et Blatte.

       Le partage final de la Montagne de Barbesèche interviendra après un jugement du 7 mai 1914. En exécution de ce jugement, Barbesèche fut morcelée et vendue cette fois en six lots pour 245 040 francs. Un procès-verbal du 20 février 1923 détermina les attributions de chacun des ayant-droit.

 

 

LA RÉVOLUTION

 

Les montagnes de Brion en 1789

      En 1789, les montagnes de Brion comptaient 574 têtes d’herbage indivises entre le comte de Laizer qui, outre ses 119 journaux de prés se trouvait propriétaire dans les communaux de 144 têtes d’herbages qu’il affermait. Le prieur de la chapelle de Brion avait 18 têtes et les brionnais se partageaient le reste. A Brion, sur 35 propriétaires , seuls 5 possédaient 20 journaux de prés ou davantage (Laizer 119, Jean Chanet 87, François Vendrand 33, François Tartière 33 et Pierre Eschavidre 20 journaux). Dix huit habitants détenaient moins de huit journaux. Les 12 familles les plus pauvres n’en possédaient que 3 ou moins.

 

1791-1794, les années décisives : “les communaux appartiennent à la Nation”

      Arrive sous la Convention “le décret bienfaisant du 10 juin 1793” qui ordonne le partage des communaux “par tête d’habitants de tout âge et de tout sexe, domiciliés dans la commune un an avant la promulgation de la loi du 14 aout 1792”. Cette loi de 1793 annule les dispositions de la coutume d’Auvergne. Le partage des communaux est donc acté, sans exclusion à l’égard de quiconque. Le partage n’est pas obligatoire, mais s’il est choisi, les communaux doivent être partagés par tête et également entre tous les habitants quelque soit l’âge ou le sexe, et sans condition de fortune. La seule condition requise est d’être domicilié dans la commune depuis un an avant la loi du 4 août 1792, soit depuis le 12 août 1791. Le propriétaire non habitant n’aura plus aucun droit sur les communaux et montagnes communes.

 

Echecs des brionnais : partage et vente des communaux

      Seul un tiers des brionnais vote le 4 août 1793 pour le partage des communaux. Ceux qui refusent le partage entrent en procès. Une nouvelle assemblée des habitants convoquée par l’officier municipal le 28 février 1794 annonce que le partage des communaux de Brion est “irrévocablement décidé” par les nouvelles lois révolutionnaires. Les participants acceptent. Un jugement du tribunal rendu à Issoire le 14 messidor an II (2 juillet 1794) reprend les conclusions de la loi de 1793. Il est notifié à l’agent national du district de Besse “connu pour son zèle et son patriotisme”. On ordonne aux habitants de délibérer des modalités du partage. On menace les réfractaires. Dans “l’intérêt des pauvres habitants de Brion…et pour l’intérêt public” ceux qui, par de “perfides insinuations”, chercheraient à s’y opposer, seront dénoncés à la Convention. Une menace qui, chacun le savait, pouvait conduire à un sort funeste. Pour les révolutionnaires, les communaux vont enfin cesser d’être “la propriété chérie des ci-devant seigneurs et des gros propriétaires”.

      Survient une mésentente entre les brionnais et l’administration révolutionnaire. Refusant de s’avouer battus, des brionnais avaient formé le 4 prairial an II (23 mai 1794) opposition à toute adjudication des 144 têtes d’herbages communaux de Laizer en arguant du droit des habitants à la propriété de ces têtes. Mais pour l’administration du département, la partie du communal que s’était arrogée François de Laizer en 1722 “appartenait à la Nation” et les communaux devaient dorénavant être vendus indépendamment des prés détenus. Sans tarder, des ventes furent faites à des particuliers. Enfin, autre déception pour les brionnais qui revendiquaient toujours la Motte, le foirail et le lac des Bordes en se fondant sur “l’immémorialité”, leur demande fut repoussée, faute par eux de fournir des titres de propriété.

      La vente des communaux et des biens du ci-devant seigneur ne fut pas toujours une réussite. L’argent manquait pour acheter. Certains s’empressèrent d’acheter sans avoir eu le temps de réunir les fonds nécessaires. Le 25 messidor an II (13 juillet 1794), les 25 têtes d’herbage dont s’était emparées François de Laizer furent considérées comme d’anciens biens de l’émigré et adjugées à trois compainteyres, François Tartière, Antoine Boyer et Ligier Minet. Leur association ne permit malheureusement pas aux trois cultivateurs de réunir les fonds. N’ayant pas exécuté les conditions de l’adjudication, ils furent déchus du bénéfice de la vente. Logiquement, ce furent les paysans les mieux nantis, les hommes de loi, les bourgeois qui réussirent à s’approprier les terres partagées et vendues pendant la Révolution.

 

 

LE RETOUR DES ÉMIGRÉS

 

Connivence entre certains paysans et les Laizer

      Sans se lasser, les brionnais reviennent à la charge en 1801, toujours avec les mêmes arguments contre Jean-Charles de Laizer. Ils espèrent toujours récupérer les 144 têtes d’herbage dans les montagnes de Brion. Quant à Jean-Charles de Laizer, il réclamait en 1800 pour la énième fois, et “preuves” à l’appui, qu’on le radie de la liste des émigrés. Ce qu’il finit par obtenir. Émigrés ou non, les laizer n’étaient pas restés inactifs. Lors de la vente des biens nationaux, certains cultivateurs – Jean Chanet de Brion, mais aussi le charpentier Jean Morin -, achetèrent en sous-main des biens nationaux pour le compte de Louise d’Espinchal, épouse de Jean-Charles. Ces terres furent ensuite revendues aux Laizer qui les affermèrent immédiatement à ces mêmes paysans. Nous y reviendrons dans un chapitre ultérieur.

 

Retour à Compains de l’émigré Maurice de laizer

      Maurice de Laizer fait son apparition à Compains vers 1817 après des années d’émigration, notamment en Russie. Son grand-père Jean-Charles de Laizer était mort en 1806 et son père Louis-Gilbert en 1808.  La Restauration succède à l’Empire et c’est le retour en force de l’ancienne aristocratie. Avec opiniâtreté, Laizer va multiplier les procès contre les habitants, à Compains comme dans les lieux où ses ascendants avaient eu des propriétés. Son objectif est de récupérer un maximum des terres qui relevaient de sa famille avant la Révolution et qui, faute d’acheteurs, n’avaient pu être vendues comme biens nationaux. Certains sources évoquent un partage amiable consenti par les paysans en 1819. Aucune documentation n’a pour l’instant été retrouvée quant à ce partage après lequel les parties nord et est du village de Brion auraient été mises en culture  ou couvertes de prés.

 

L’établissement du cadastre

      Après une loi napoléonienne du 15 septembre 1807 qui ordonnait la confection d’un cadastre général de la France, le cadastre de Compains fut établi en 1828. Maurice de Laizer entamait alors de nombreux procès contre les habitants. Laizer était réputé avoir surveillé les travaux des géomètres qui établissaient le cadastre de Compains pour leur donner des indications qui allaient dans le sens de ses intérêts. Telle était du moins l’opinion de l’homme d’affaire de madame de Coeffier, grande propriétaire à l’ouest de la commune de Compains. Ses terres étaient voisines de celles de Maurice de Laizer que le mandataire de madame de Coeffier décrit comme quelqu’un “qui se faisait craindre”.

 

Brion – Le foirail, la Motte et les habitants du hameau en 1828 

Extrait du cadastre (1828) complété par l’auteure – Source : Arch. dép. du Puy-de-Dôme

 

La récupération de la Motte, du foirail et du lac des Bordes (2 février 1830)

      A son retour, Maurice de Laizer se lance donc dans une série de procès contre les compainteyres et bien d’autres dans les lieux où ses ascendants avaient eu des biens. En 1829, il attaque Blanchier, maire de la commune de Compains et demande au tribunal de faire cesser le bail à ferme qui courait à Brion depuis la transaction de 1722. Il veut rentrer en possession de la Motte, du foirail et du lac des Bordes.

      Pour prouver l’ancienneté de sa propriété, Laizer s’appuie sur la reconnaissance reçue par son aïeul Jean Ier de Laizer en 1673, que nous avons déjà évoquée plus haut. Les habitants y reconnaissaient notamment que le foirail avec six cabanes et huttes appartenaient au seigneur de Brion. Les attendus du tribunal ne seront pas en faveur des paysans qui ont, en outre, omis une démarche importante. Ils auraient dû former une action contre Jean-Charles de Laizer en profitant de la loi de 1792 qui accordait aux communes un délai de cinq ans pour se pourvoir contre l’ancien seigneur.

 

Le jugement définitif du 2 février 1830

      Les attendus du tribunal ne sont pas en faveur des paysans. Le tribunal considère que la transaction de 1722 intervenue entre les brionnais et François de Laizer forme pour Maurice de Laizer un titre authentique de propriété de la Motte, du foirail et du lac, “quoique la pièce n’ait pas été rapportée au tribunal”. Les attendus sont clairs :

• Sous l’Ancien régime, si les habitants ont accepté de passer des baux à ferme avec Jean-Charles de Laizer, c’est donc qu’ils ne contestaient pas sa propriété des biens qu’ils prenaient à ferme,

• Si les habitants avaient considéré qu’ils avaient été dépouillés par “la force de la puissance féodale”, ils auraient réclamé pendant les cinq ans qui suivirent la loi du 24 août 1792. Ce qu’ils n’ont pas fait.

• Les habitants ont accepté que les Laizer construisent des cabanes sur le foirail, qui leur furent louées sans interruption de 1723 à 1818,

• Enfin, pendant la Révolution, les habitants ne s’étaient pas opposés à la vente à trois compainteyres le 25 messidor an II de la Motte, du foirail et du lac devenus des biens nationaux après l’émigration de Jean-Charles de Laizer et de son fils Louis-Gilbert parti dans l’armée de Condé se battre contre la France.

Et le tribunal de conclure que le corps commun des habitants ne peut établir sa propriété sur les trois biens contestés et que, moyennant la renonciation par Maurice de Laizer aux 25 têtes d’herbage que s’était indûment appropriées son ancêtre en 1722, il peut rentrer dans la propriété de la Motte, du foirail et du lac des Bordes.

      Quelques décennies d’attente seront encore nécessaires pour qu’intervienne le partage de la montagne de Brion.

 

 

LE PARTAGE DE LA MONTAGNE DE BRION (1873-1874)

 

Derniers jugements

      En 1840, Maurice de Laizer fait une nouvelle fois assigner les brionnais dans l’espoir de parvenir, enfin, au partage. Sans succès. Après sa mort en 1855, ses héritiers demandent à nouveau le partage en 1863, toujours contre l’avis des habitants. Des experts sont nommés en 1868. Après deux nouveaux jugements  intervenus en 1868 et 1871, un géomètre se prononce sur le partage de la  montagne entre la famille Laizer et une centaine d’habitants nommément désignés. Selon un rapport de 1873, la Montagne de Brion couvrait alors 506 hectares.

 

Le partage

       Les experts délimitent le tènement des laizer qui couvrait les 67/625e de la montagne. Pour éviter le morcellement, les paysans consentent à ce que ce lot soit attenant à la Motte et au foirail dont les Laizer étaient déjà propriétaires. Les 558/625e restants furent partagés entre ceux qui justifièrent y avoir droit. On convint enfin que chaque étendue de pré de 34 ares 19 centiares (équivalent à l’ancien journal), donnerait droit à une tête d’herbage dans la montagne.

       Quant à la vente à des paysans, il faudra encore patienter jusqu’au début du XXe siècle.

 

 

1921 : LES LAIZER VENDENT LEURS TERRES DE BRION A

FRANCOIS CHABAUD ET MARIE ECHAVIDRE

 

En 1921 à Brion : une histoire s’achève, une autre commence

      Un des fils de Maurice de laizer, Gabriel-Casimir, laissait à sa mort en 1909 une veuve et quatre filles qui conservèrent quelques années encore leurs terres de Brion. Elles restaient propriétaires en indivision de 70 hectares d’une montagne désignée dans l’acte de vente sous le nom de Montagne du foirail de Brion qui incluait la Motte, le foirail et ses cabanes, et quelques têtes d’herbage dans la Montagne de la Redonde dont l’essentiel avait déjà été partagé  en quatre lots en 1911.

      François Chabaud et son épouse Marie Echavidre, étaient propriétaires-cultivateurs à Brion-Haut. Ils achètent cette partie de la Montagne de Brion le 5 septembre 1921 moyennant 42 000 francs  (n°185 à 187bis du cadastre de 1828). La Motte, le foirail, les cabanes et les herbages de la Redonde appartiennent dorénavant à des cultivateurs qui,  selon l’acte de vente, devront s’entendre “à leurs risque et périls” avec tous les cabaniers du foirail.

 

François Chabaud sur ses terres de Brion

On notera une erreur sur la carte postale : il s’agit de la Montagne de Brion et non de la Montagne d’Ardes sur Couze.

 

      En 1925, les mandataires de la veuve de Gabriel-Casimir de Laizer et de ses filles, donnent quittance à François Chabaud et Marie Echavidre “pour solde du prix de la montagne du foirail de Brion que mes enfants et moi même avons vendus”. Une nouvelle aventure commençait à Brion.

 

A SUIVRE

Comme tous les chapitres de notre recherche, ce texte est susceptible d’être enrichi

au fil des sources qui seront retrouvées.