Les PESCHIN-GIAC, seigneurs de Brion (1368-1411)
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Les PESCHIN-GIAC
seigneurs de Brion pendant les « malheurs du temps »
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Imbaud du Peschin, seigneur de Brion
En 1368, donnée par Jean de Berry, la seigneurie de Brion parvient entre les mains d’Imbaud Brun du Peschin (1330-1373). Fils de Guillaume Brun, seigneur du Peschin en Bourbonnais, Imbaud est chambellan de Jean de France, duc de Berry et frère du roi Charles V. Issu d’une famille bourbonnaise sans lien ancestral ni avec les Bréon, ni avec la paroisse de Compains, Imbaud avait, disait-on, « un grand pouvoir sur l’esprit de son maître ». Vivant à la cour ducale et largement doté de biens importants par Jean de Berry, Imbaud du Peschin devient seigneur de Brion au pire moment de la guerre de Cent Ans, après que la seigneurie ait été tronquée par Maurin III de Bréon sur qui avait été saisie la terre d’Entraigues et après que deux villages, Chaumiane en 1349 et Curayre en 1361, aient été vendus avec leurs droits par Maurin à Guillaume de Tinières.
Imbaud ne profitera de cette libéralité que peu de temps puisque le 5 février 1373 le duc paiera les frais de ses obsèques à Bourges. Imbaud mourut-il en voulant défendre sa seigneurie de Brion encore occupée par les routiers en 1375 comme nombre de châteaux isolés dans les montagnes ? On ne sait. Ce qui est sûr, c’est que le Dauphin d’Auvergne dut réunir en 1375 des fonds pour payer aux routiers le pâtis (rançon) qui devait libérer la forteresse de Brion où pour, au minimum, contribuer à y limiter les exactions des compagnies.
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Jeanne du Peschin, « dame de Breon » (1360 – av.1422)
Après la mort d’Imbaud du Peschin, la seigneurie de Brion échut à sa fille Jeanne dans sa dot, non sans mal puisque la mort d’Imbaud en 1373 avait été suivie d’un procès au cours duquel se joua le devenir de Brion. Le différend familial fut conclu par un arrêt du parlement de Paris qui rendit Jeanne du Peschin « dame » de la seigneurie de Compains.
Comme son père, Jeanne fréquentait les cours de France et de Bourgogne et on peut affirmer sans grand risque d’erreur que rien ne dut jamais l’attirer à Compains où la guerre et l’insécurité ambiantes ne pouvaient guère inciter à séjourner dans les montagnes celle qui est dite dans son contrat de mariage, « dame de Breon ».
On avait marié Jeanne du Peschin avec le chevalier Louis de Giac, seigneur de Châteaugay (1376). Comme les Peschin, les Giac étaient proches du pouvoir. Louis était le fils du riomois Pierre Ier de Giac qui comptait lui aussi au nombre des proches conseillers de Jean de Berry dont il fut chancelier de 1371 à 1383 avant de devenir en 1384 chambellan puis, en 1386, grand échanson du roi. Pierre de Giac avait épousé Marguerite de Bornet, fille d’un riche marchand montferrandais.
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Pierre de Giac
Clermont-Ferrand, Bibliothèque du Patrimoine, Overnia, Fonds Boyer.
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Le blason ci-dessous montre un écu parti de Giac (à gauche), parti Peschin (à droite). Les Giac portaient d’or à la bande d’azur accompagnée de six merlettes, trois en chef, trois en pointe. Les Peschin portaient coupé d’argent et d’azur à la croix ancrée de gueules sur l’argent et l’argent sur l’azur.
Ecu parti de Giac et de Peschin ©
Enluminure du Maître de Giac, Heures de Giac (v. 1405-1410)
Toronto, Royal Ontarion Museum, Ms 197 f°17
Villéla-Petit (Inès), Les Heures de Jeanne du Peschin dame de Giac. Aux origines du maître de Rohan, in : Art de l’enluminure n°34, sept.oct.-nov. 2010 ©
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Les Montagnes dévastées et désertées
Aggravé par la guerre et peut-être la peste noire, l’impact de la rigueur des temps dans les montagnes est catastrophique. Les va-et-vient de la peste et la multiplication des exactions des routiers avaient provoqué une importante chute démographique. En expansion depuis des siècles, les villages montagnards se retrouvaient dépeuplés, parfois même désertés. Des familles étaient décimées par la maladie, d’autres « s’en sont fouis ou l’on ne scet » vers des lieux plus sûrs que les villages isolés des montagnes où rodent les compagnies.
La Chambre des comptes avait établi en 1328 un Estat des paroisses et feux des baillages et sénéchaussées de France où apparaissent Haut et Bas Pays d’Auvergne. Dans ce premier dénombrement de la population, le bailliage de Basse Auvergne dont faisait partie Compains comptait 727 paroisses et 215 au Pays des Montagnes.
La situation est devenue tout autre à la lecture du compte de fouage de 1404 établi par Berthon Sannadre, receveur en Auvergne pour le duc de Berry. On ne dénombre plus alors que 634 paroisses en Auvergne. Les ravages de la peste ont détruit en France environ un tiers de la population. Si on y ajoute le prélèvement de la guerre, la population qui se trouve au début du XVe siècle à son étiage ne compte plus qu’environ 12 millions d’habitants, bien loin des 20 à 22 millions comptabilisés en 1328. Dans nombre de seigneuries frappées par les déguerpissements, les tenanciers sont devenus rares.
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La fiscalité
Royaux, ducaux ou seigneuriaux, les impôts ajoutaient leur fardeau aux fléaux des pestes et des guerres. La litanie des plaintes égrenées par les habitants l’atteste : il fallait payer pour racheter les forteresses occupées, payer pour financer la rançon du roi et celle des nobles faits prisonniers par les Anglais après la défaite de Poitiers (1356), payer pour obtempérer aux demandes de Jean de Berry dont le train de vie princier était fort peu soucieux de la misère des peuples de son apanage. De plus, l’Auvergne, au tournant du XVe siècle n’était pas encore rédimée de la gabelle du sel, un impôt toujours mal vu en région d’élevage et pour lequel les commissaires avaient « extorqué des povres habitans du dit pais plusieurs sommes de deniers ».
Souffrance des peuples
Au Haut Pays, la situation n’était évidemment pas meilleure. Sur la planèze, dans la commune de Talizat où les Bréon avaient été possessionnés depuis au moins le XIIIe siècle, une enquête des élus de la paroisse montre la faiblesse de la capacité contributive des habitants. Trois témoins, dont le vicaire, interrogés par les représentants du roi, déclarent qu’on ne trouve dans la paroisse que « deux personnes qui aient biens ne bestiaux dont ils puissent aucune chose paier » et trois autres « qui sont pauvres laboureurs, lesquels nont bestiaux ny revenus aucuns, fors ce qu’ils gagnent tous les jours ». Les autres paroissiens sont qualifiés de « vaccabons et personnes misérables » et ne sauraient en aucun cas être retenus dans la liste des contribuables [A. Rigaudière].
Pressurés de toutes parts, les auvergnats ne souffraient pas qu’en silence. Une supplication adressée au roi par les habitants du « povre pais d’Auvergne » rappelle les maux endurés du fait des ennemis du royaume qui « ardirent, tuerent, raenconnerent, pillerent et firent touls les maulz [rendant] les deux parties du pais [le Bas et le Haut Pays] desertes et inhabitables ». Le passage des routiers laissait exangue des populations apeurées : « le pays fut si mangé et détruit qu’a peine y laissèrent-ils pain à manger ». L’illustration la plus claire de la misère ambiante ressort des six catégories de population qui apparaissent de façon très réaliste dans les enquêtes de feux alors réalisées en Auvergne : les contribuables y sont classés en boni [les « commodes »], debiles [modestes], « povres, povres mendiants et pain querant ».
Face à la déprise humaine, agricole et pastorale, les revenus des seigneurs se retrouvaient affaiblis dans des châtellenies privées de bras. Des foires « a cause des guerres et de la diversité des temps » n’étaient plus organisées depuis des années puisqu’on ne pouvait plus assurer la sécurité des chemins parcourus par les marchands. A Compains où se tenait en temps ordinaire une (ou plusieurs) foires, les Peschin perdirent sans doute plusieurs années durant le produit du péage et de la leyde, les taxes qu’il percevaient sur les marchandises de ceux qui se rendaient sur le foirail de Brion. Ces taxes étaient perçues avant la guerre par Maurin de Bréon qui avait affermé en 1348 leur perception à Guillaume Balbet, un bourgeois de Clermont.
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La reconquête menée par la noblesse – Les Tuchins
Compains resta plusieurs années au centre d’un maëlstrom de compagnies d’Anglais. Imbaud du Peschin et après lui sa fille durent supporter le poids de la guerre à Compains et on peut penser que la seigneurie ne leur rapporta guère durant la quarantaine d’année où ils furent seigneurs de Brion. Sitôt chassés, les routiers revenaient et plusieurs tentatives furent nécessaires pour délivrer les châteaux voisins de Brion. La résistance de tous finit cependant par avoir raison des compagnies. Requis par Jean de Berry, le duc de Bourbon placé à la tête d’une armée surtout composée de seigneurs auvergnats, courut sus à l’Anglais « pour la tuicion du royaume » et libéra plusieurs forteresses d’Auvergne occidentale au nombre desquelles Brion n’est pas cité, car peut-être déjà libéré après le paiement en 1375 d’un pâtis (rançon) auquel avait contribué l’abbaye de Blesle.
Une expédition conduite par Armand de Randon, vicomte de Polignac alors en procès contre Jaubert de Bréon, réussit à reprendre en 1376 Allanche, Fortuniers, Lugarde et quelques autres places tombées aux mains du routier Mérigot Marchès qui reprit Fortuniers dès l’année suivante. Louis de Sancerre, maréchal de France, fut ensuite chargé de reprendre les forteresses d’Auvergne tenues par les routiers « qui se victuaillent sur le pais« .
Restait encore à réduire les bandes de misérables Tuchins qui écumaient les campagnes. Selon la Chronique du Religieux de Saint-Denis, les Tuchins avaient reconnu en 1384 l’autorité de Pierre de La Bruyère, un chef originaire de Limagne. L’homme était un nuisible qui ordonnait de mettre à mort quiconque serait trouvé sur les routes n’ayant pas les mains calleuses. Jean de Berry ordonna de réprimer ce « soulèvement inouï du petit peuple dont la fureur indomptable opprimait le pais ». Il fallait réduire ces Tuchins qui, résolus à secouer le joug accablant qui pesait sur eux, « avaient tout a coup surgi comme une nuée de vers » en tous points de la contrée. Pour les éliminer, l’armée ducale se livra « à un grand carnage ». On raconte aussi que Pierre de la Bruyère occupa durant quelques années le château d’Entraigue, isolé près de Gliseneuve [Egliseneuve]. En 1384 le château fut démantelé et ses pierres dispersées. Ce n’est qu’après la mise à mort du routier Mérigot Marchès en 1392, qu’une paix réparatrice put enfin se réinstaller dans une Auvergne dévastée, dépeuplée, mais enfin, libérée.
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Impunité pour les pactiseurs
Sans vouloir pactiser avec l’ennemi qui occupait le terrain, les Auvergnats avaient dû trouver un modus vivendi qui leur permît de franchir le cap difficile de la cohabitation obligée avec les routiers. Contraints à trouver des accommodements avec l’Anglais, beaucoup s’y étaient résolu avec l’accord tacite des autorités locales. Les religieux n’avaient pas été en reste. Ainsi, a-t-on vu que pour « libérer » Brion, l’abbaye de Blesle avait été taxée pour participer au financement du pâtis.
Nul ne voulut ajouter aux désastres du temps une période de règlements de comptes qui n’aurait fait qu’affaiblir davantage encore les populations. Le pape comme le roi souhaitèrent absoudre ceux qui avaient « apatisé » avec l’ennemi avec l’espoir d’en limiter l’oppression. En signe de pardon, une lettre de rémission fut accordée le 31 juillet 1391 par Charles VI aux habitants de l’Auvergne et du Gévaudan.
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L’amorce du redressement
Dans la dernière décennie du XIVe siècle, les survivants purent réoccuper les terres délaissées où certains seigneurs acceptaient momentanément de ne pas toucher le cens annuel qui leur était dû. Avec la concentration des propriétés, la taille des tenures s’agrandit et chacun commença à bénéficier du début de reprise économique. La pénurie de main d’œuvre profita aux tenanciers dont les revenus augmentèrent. Comme de nombreuses anciennes familles nobles d’Auvergne, le lignage des Bréon s’était éteint alors que commençait à se développer dans les montagnes une nouvelle catégorie de propriétaires fonciers issus de la bourgeoisie.
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Disparition de Louis de Giac
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En France, on parlait à nouveau de se croiser contre le turc Bajazet qui menaçait Constantinople et poursuivait ses conquêtes dans les Balkans. Parti avec le contingent franco-bourguignon faire le voyage de Hongrie en 1396, l’époux de Jeanne du Peschin, Louis de Giac seigneur de Compains disparut au cours de la bataille de Nicopolis où les français subirent une cuisante défaite. On ne retrouva jamais sa trace. Jean sans Peur qui conduisait le contingent français en Hongrie ne put regagner la Bourgogne que deux ans plus tard, au prix d’une énorme rançon.
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Action politique de la dame de Bréon
Devenue veuve, Jeanne du Peschin naviguait entre la cour du roi de France, l’entourage du Dauphin futur Charles VII, et le camp Bourguignon où elle avait été, disait-on, proche de Jean sans Peur. Âgée d’une soixantaine d’années, Jeanne, qualifiée « venerabilis et prudens domina, cognominata de Gyac » semble avoir eu une certaine influence politique si l’on en croit les sources narratives. Selon le chroniqueur Enguerrand de Monstrelet, Jeanne jouait sur les deux tableaux, Armagnac et Bourguignon. Elle fut la « traiteresse » qui participa à la négociation du traité de Pouilly-le-Fort (11 juillet 1419). Signé pour la Bourgogne, entre autres par Pierre de Giac fils de Jeanne, le traité consacrait l’alliance entre le Dauphin futur Charles VII et le duc de Bourgogne. Jeanne aurait incité Jean sans Peur à rencontrer le Dauphin le 10 septembre 1419 à Montereau. Escorté par Pierre de Giac et plusieurs nobles « lequel duc, comme …. il aimoit moult et croyoit de plusieurs choses icelle dame » se rendit à l’entrevue avec le Dauphin au cours de laquelle il fut assassiné. Soupçonnée de double jeu par les contemporains, « laquelle comme il fut de commune renommée fut consentante de ladite homicide », Jeanne fut conduite à Bourges après le meurtre où elle fit serment de servir le Dauphin et de tenir son parti.
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Jeanne du Peschin fonde une vicairie à Brion (1404)
Comme l’ensemble du village, la chapelle Saint-Jean-Baptiste de Brion avait dû subir les vicissitudes de la guerre de Cent Ans. Après que les bruits de guerre se furent estompés en Auvergne vers 1392, sans doute fallut-il encore quelques années pour repeupler le pays et relancer l’économie dans une paroisse de Compains paupérisée après l’occupation Anglaise.
Il incomba à Jeanne du Peschin de réamorcer l’activité agricole et commerciale de sa seigneurie, mais pas seulement. Il fallait rendre sa réalité ecclésiale à la chapelle de Brion, placée sous le patronage laïque du seigneur local. Passée la guerre, Jeanne voulut donc fonder (refonder) en 1404 une « viquerrie » à Brion et nomma un vicaire, desservant auquel devait être versée une rente perpétuelle qui lui garantirait un minimum de revenu. Malheureusement, notre source – un extrait de parchemin retrouvé lors d’un inventaire seigneurial du début du XVIIIe siècle – ne nous permet pas de préciser davantage les détails de cette fondation. On peut néanmoins envisager que cette décision signait le retour à Brion d’une activité normale et que la reprise de l’activité des foires fut concomitante à la nomination du vicaire. L’intérêt bien compris de la dame de Brion était évident : il fallait favoriser le retour de la population pour repeupler le hameau de Brion, fixer les habitants en relançant les foires et rendre à la communauté villageoise le soutien spirituel auquel elle était habituée.
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Les Heures de la dame de Bréon
Dame d’honneur de la reine Isabeau de Bavière, la dame de Bréon encourageait les arts. Elle fit réaliser vers 1405-1410 les Heures de Giac, un livre d’heures magnifiquement enluminé par un artiste dit le Maître de Giac. On y voit Jeanne agenouillée dans un jardin devant la Vierge à l’enfant.
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© Les heures de la dame de Giac enluminure du Maître de Giac vers 1405-1410, Toronto, Royal Ontario museum
Villéla-Petit (Inès), Les Heures de Jeanne du Peschin dame de Giac. Aux origines du maître de Rohan, in : Art de l’enluminure n°34, sept.oct.-nov. 2010 ©
L’enlumineur montre la Vierge assise dans un jardin bordé d’une barrière d’osier. Près d’elle, l’enfant Jésus assisté de deux anges est couché dans l’herbe constellée de fleurs. Face à la Vierge et de taille inférieure, Jeanne du Peschin est agenouillée les mains jointes devant son livre d’heures. Vêtue comme la vierge d’un manteau bleu, la dame de Bréon porte une volumineuse coiffe à bourrelet en forme d’ailes de papillon.
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Jeanne du Peschin et son fils Pierre de Giac vendent Brion à Etienne Souchet (1411)
Après la disparition de son mari Louis de Giac, « noble et puissante dame Johanne du Peschin dame de Breon » manquait d’argent pour doter ses filles. Bien en cour, elle reçut du roi la somme de 2000 livres pour l’aider à payer les frais des mariages. Dans le camp bourguignon, alors qu’elle est presque sexagénaire, elle obtient encore de Jean sans Peur 6000 livres pour compenser les pertes que les troubles avaient causés à ses biens à Paris et Melun.
Pierre de Giac (1377-1427), chevalier, seigneur de Giac et Chateaugay, premier chambellan de Charles VII, petit-fils de Pierre de Giac (1330-1407)
Clermont-Ferrand, Bibliothèque du Patrimoine, Overnia
Pour faire face à ses charges Jeanne s’endette, en particulier auprès de Huguenin Bernuys à qui elle emprunte 2600 livres. Elle hypothèque ensuite Brion « eust dès lors obligé et hypothéqué ses chastel et terre de Brion », sans pour autant que la manœuvre se révèle suffisante à résorber les dettes. En 1411 Jeanne et son fils Pierre II de Giac, doivent vendre « les chastel, terre, baronnie et mandement de breon avec ses appartenances » à Etienne Souchet, un bourgeois clermontois. On découvre à cette occasion que la terre de Brion a été élevée en fief de dignité auquel est dorénavant attaché pour son seigneur le titre de baron.
La vente se révéla insuffisante pour éponger les dettes de Jeanne. Morte avant juin 1422 elle « passa de vie a trespassement sans avoir fait aucun paiement » à son créditeur Huguenin Bernuys. Son fils Pierre de Giac ne remboursa pas davantage avant de finir assassiné en 1427. Il fallut attendre 1445 pour qu’après un long procès, le petit fils de Jeanne « noble homme Loys II de Gyac, escuyer seigneur de Chateaugay » trouve un accord avec les descendants de Huguenin Bernuys. Le remboursement de la dette et de ses intérêts couta cher aux Giac qui durent céder à leur créditeur la terre de Saint-Germain des Bois dans le Cher.
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Les armes d’Imbaud du Peschin dans une maison ornée de blasons à Montferrand
Dans le quartier de la Vacherie à Montferrand, on détruisit en 1909 à l’angle de la Grande rue du Languedoc et de la Petite rue du Languedoc un bâtiment qui, selon Henri Du Ranquet, aurait pu être utilisé par les consuls comme maison du consulat. Selon cet auteur qui put examiner le bâtiment avant sa destruction, on trouvait au premier étage une pièce spacieuse de 18 mètres de long ornée d’une cheminée et éclairée par des fenêtres à meneaux flanquées de petites banquettes de pierre, éléments qui permirent de dater la maison du XIIIe siècle.
Sur les murs on discernait encore la trace de peintures héraldiques remarquables de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle. Peinte à la détrempe sur un fond blanc et bien qu’en piètre état de conservation, était figurée une série de six blasons héraldiques, échancrés comme des targes de tournoi. Chaque blason était suspendu par deux cordons au col d’un animal et semblait flotter sur son échine. Parmi ces armoiries de familles proches de Jean de Berry, on trouvait le blason d’Imbaud du Peschin seigneur de Brion « coupé d’argent et d’azur à la croix ancrée de gueules sur l’argent et d’argent sur l’azur ».
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Montferrand – Maison aujourd’hui détruite où était figuré le blason d’Imbaud du Peschin
Du Ranquet (H.), Vieilles pierres de Montferrand, p. 214
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Les recherches récentes d’Anthony Lodge permettent de penser que cette maison aurait pu appartenir à un proche de l’entourage de Jean de Berry, probablement le riche marchand montferrandais Johan de Bornet qui fut consul à Montferrand en 1376. En apparence éloigné de notre recherche, ce fait nous conduit pourtant vers la seigneurie de Compains car la fille de Johan de Bornet, Marguerite de Bornet fut l’épouse de Pierre de Giac, chancelier du duc de Berry et seigneur de Châteaugay. Ils furent les parents de Louis de Giac, mari de Jeanne du Peschin, la dame de Bréon.
Les armes des Peschin dans l’armorial de Revel (v. 1450)
« Pierre du Peschin crie Brun au Peschin »
Ecartelé d’argent et d’azur, à la croix ancrée de gueules brochant sur la partition.
Au cimier : un aigle issant







Un commentaire sur “Les PESCHIN-GIAC, seigneurs de Brion (1368-1411)”
Bonjour,
dans le cadre de ma these, je travaille sur Jeanne de Peschin.
Vos informations sont très interressantes et j’aimerai savoir d’où viennent vos sources?
Merci
Bonne journée
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