Compains

Histoire d'un village du Cézallier

– Maisons et symboles

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Conserver la mémoire du village

    Profitant de la bonne volonté de nombreux habitants, il nous a semblé qu’il était temps de fixer une ébauche de la mémoire du patrimoine bâti du village. Comme tous ceux de notre recherche, ce chapitre est appelé à évoluer au fil de nos découvertes. Il est particulièrement dédié aux nombreux compainteyres qui, adhérents à la démarche de l’auteure (petite-fille de Jean Boyer, né dans la maison du Cougny en 1866), ont renseigné cette recherche et nous ont laissé approcher leurs textes familiaux et leurs demeures. Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés de leur confiance.

Notre objectif ci-après est donc de nous intéresser aux extérieurs comme aux intérieurs des maisons de la commune et d’y “dénicher” les détails ou les particularités qui marquent – pour combien de temps encore – leur histoire et leur vécu. Tous ceux qui, à l’avenir, voudront contribuer à étoffer ce conservatoire de la mémoire en nous communiquant ce qu’ils savent seront les bienvenus.

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ANCIENNETÉ des VILLAGES-HAMEAUX de COMPAINS

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      On sait par les auteurs anciens (Sidoine Apollinaire Ve s., Grégoire de Tours VIe s.), que depuis les débuts du premier millénaire, des hommes s’étaient établis dans le milieu peu hospitalier des montagnes septentrionales du massif que nous nommons aujourd’hui par commodité le Cézalier. Bien avant eux, depuis la fin de l’époque glaciaire, des groupes humains se déplaçaient dans les montagnes, pratiquant la chasse, la cueillette, puis l’agriculture et l’élevage.

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     Autour de l’an Mil, près de la très ancienne commune de Compains christianisée dès le IVe siècle, des groupes d’habitants sont devenus assez nombreux pour créer les nouvelles paroisses d’Egliseneuve et Espinchal dont les ressorts se sont insérés entre Condat et Compains. Maisons, châteaux, églises passent du bois à la pierre. On bénéficiait alors d’une période d’environ trois siècles de réchauffement climatique propice à l’augmentation de la production et, par voie de conséquence, à la croissance de la population. Cette séquence favorable autorisa vraisemblablement le développement des estives et l’installation de hameaux d’altitude, protégés de loin en loin par des lieux défensifs.

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Certains villages-hameaux apparus durant cette période faste disparurent sans doute momentanément ou définitivement au fil du Moyen Âge, soit suite aux malheurs du temps – retour de la peste en 1348, puis guerre de Cent Ans après la défaite de Poitiers (1356) – soit suite à un changement dans les modes d’exploitation. La froidure dite “petit âge glaciaire” fit son retour vers 1320 pour s’étirer ensuite durant cinq siècles jusqu’au milieu du XIXe siècle.

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Pourtant, au hasard des textes médiévaux que nous avons retrouvés aux Archives nationales et aux Archives départementales du Puy-de-Dôme, (textes notariaux en particulier), on peut percevoir l’ancienneté et le nombre des villages de la paroisse de Compains au XIVe siècle (Brion, le bourg, Chaumiane, Cureyre, Escouailloux, Roche, Moudeyre, La Fage, Grosleix, Graffaudeix, Espinat, Redondel, Chabaniol…). Encore tous n’ont-ils probablement pas été repérés. C’est donc non seulement l’ancienneté de ses villages qui caractérise Compains mais aussi leur permanence à travers vents et marées puisqu’on les retrouve aujourd’hui, pour la plupart très dépeuplés, mais vivants.

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CONSTRUIRE en MOYENNE MONTAGNE

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La maison des montagnes occidentales

Durant des siècles, la maison du Cézalier septentrional, le plus souvent construite face au soleil, fut un lieu où cohabitèrent les humains et les animaux. Dans un même rez-de-chaussée se succédaient en enfilade la pièce à vivre et l’étable séparées par une barrière à claire-voie qui permettait aux habitants de profiter de la chaleur animale. Sous les combles, on stockait le fourrage dans la fenière qui, conjointement avec les animaux de l’étable, contribuait au maintien d’une température supportable dans le logis. La longueur de l’étable et le nombre des fenestrous, souvent rares, reflétait la taille du cheptel du paysan. Chaque maison avait creusé sa cave garde-manger où les provisions étaient conservées au frais.

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Des matériaux majoritairement locaux

A quelques exceptions près, les maisons du village, soumises à de fortes intempéries, restèrent frustes jusqu’au début du XXe siècle. Pour construire les bâtiments de Compains on utilisait autant que possible les matériaux qu’on avait à portée de la main. Faute de moyens, on négligeait le risque d’incendie et on couvrait les toitures avec les gluis du seigle cultivé communément dans la région et dont les longues pailles offraient une bonne résistance aux éléments. Le chaume qui couvrait les toitures pouvait avoir d’autres usages. Durant la période de jointure du printemps, la pénurie de fourrage était particulièrement redoutée. On ne pouvait monter trop tôt les bovins à l’estive sans risquer de décimer le troupeau saisi par le froid des hautes terres après un hiver passé au chaud dans l’étable. Quand la réserve de foin était épuisée, en attendant les beaux jours, on utilisait en dernier recours le chaume des toitures des maisons avec lesquels on nourrissait momentanément les bovins.

Les plus commodes, ceux qui, plus fortunés pouvaient éviter de couvrir de chaume leur maison, utilisaient les lauzes, puis vinrent les ardoises. Quoique la provenance des matériaux soit rarement précisée dans les minutes notariales, on connait quelques carrières dans la région (Montredon, entre Besse et Murol, Anzat, pierre à bâtir de Thiollères près de Besse (la tuilerie, forme francisée de l’Occitan teullera) où des pierriers sont encore visibles, la Tiollière (la tuilerie), entre Egliseneuve et Espinchal. Arrive enfin avant la fin du XIXe siècle, l’ardoise de Travassac (commune de Donzenac, Corrèze), moins onéreuse à l’achat que la lauze. Selon les habitants, les ardoises qui couvrent les maisons de Compains proviennent donc pour la plupart de ce pittoresque gisement ardoisier qui était exploité à ciel ouvert. En dépit de leur coût plus élevé que celui du chaume de seigle, les ardoises de Travassac, solides et d’une étanchéité exceptionnelle, mirent fin au règne des gluis qui, outre leur inflammabilité, présentaient l’inconvénient d’être consommé par les animaux quand les toitures rasaient le sol.

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Des toitures rasantes pour mieux se protéger du froid

A Brion, comme à Jassy (com. Saint-Alyre-ès-Montagne), comme aux Chirouzes (com. Saint-Anastaise aujourd’hui Besse), les toits très pentus couverts de chaume qui rasait parfois le sol devaient être protégés de l’appétit des animaux. Aux Chirouzes, en limite nord de Compains, une étable dont le toit frôlait le sol était entourée de grandes pierres plates et pointues dressées verticalement, qui – souhaitait-on – devaient empêcher les bestiaux de consommer le couvert à paille des toitures. Cette pratique repérée aux Chirouzes est décrite par Luc Breuillé et alii, auteurs de l’ouvrage Maisons paysannes et vie traditionnelle en Auvergne, éd. Créer, p. 369.

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Le mystère des pierres plates de Marsol

La mémoire collective est de peu de secours quant à l’origine de ces pierres taillées en pointe et dressées les unes contre les autres qui bordent aujourd’hui quelques prés et jardins à Marsol et aux Chirouzes. Mais alors pourquoi n’en trouvait-on pas dans toutes les régions où la paille des toitures rasait le sol ?

Faisons une hypothèse. Ces pierres qui aujourd’hui enclosent les jardins sont très localisées aux abords du Puy Moncey, volcan peléen d’où elles furent peut-être extraites. Les minéraux de ce puy, ont été étudiés par des géologues qui y ont repéré une variété de phonolithe presque unique en France, qu’on ne retrouverait qu’à Blesles [voir : Thonat (A) et alii, BRGM, Carte géologique de la France 1/50 000 – Notice explicative de la feuille de Massiac, p. 88]. Trop fragile, cette phonolithe du Moncey ne peut se débiter en dalles aptes à couvrir les toitures. Par contre, elle peut se débiter en dalles pour d’autres usages. Les cultivateurs de la région auraient pu trouver dans ces pierres inutiles aux toitures une opportunité pour former des barrières qui auraient éloigné les animaux du seigle qui couvrait les toits rasants des étables. Aujourd’hui, on leur aurait trouvé un nouvel usage pour border les jardins.

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Marsol – Pierres dressées le long d’un jardin. Au fond, grange avec pignon à redent surmonté d’un épi de faîtage taillé en boule. Ces pierres de forme arrondie sont parfois nommées cocu, un terme dont on peut rapprocher le Cocudoux, la montagne au sommet arrondi située à l’ouest de la commune.

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Sur le foirail : menaces contre les gluis de seigle des toitures des auberges

Les aubergistes qui ouvraient momentanément des estaminets sur le foirail à l’occasion des foires de Brion devaient protéger la paille des toitures trop basses qui attiraient la convoitise des animaux. Des mesures de précaution exigées par les propriétaires des bâtiments s’expriment par exemple en 1766 dans un bail à ferme passé entre Jean-Charles de Laizer, seigneur de Brion propriétaire des cabanes du foirail et Pierre Perrier, un hôtelier habitant la ville d’Ardes qui voulait louer une cabane à Brion pour y vendre du vin les jours de foire. Aux termes du bail, Perrier dut s’engager à “empecher que les chevaux les jours de foire ne détruisent le couvert a paille” de la cabane qu’il allait louer.

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L’exception du clocher

Comme le Mont Saint-Michel, le clocher octogonal de Compains présente la singularité d’être couvert de tavaillons de châtaignier, un arbre qui pousse abondamment dans certaines régions de l’Auvergne (bassin de Maurs, Cantal, par exemple). Rare en Auvergne, cette pratique se retrouve surtout en région de hautes montagnes (voir : Clochers de Basse Auvergne par Marcel et Maryse Pierre, éd. Créer, 2006).

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Quand s’imposait la nécessité de refaire à neuf le clocher, des compagnons couvreurs spécialisés dans les toitures en bois faisaient halte à Compains où ils prenaient pension à l’auberge Guittard-Tartière, face au chevet de l’église. Après la dernière campagne de couverture du clocher, les compagnons partirent travailler dans les Alpes.

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Brion-bas – Toit pentu d’une grange adossée à la petite butte basaltique qui flanque le nord de la Motte

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Toits rasant le sol à Jassy, hameau de la commune de Saint-Alyre-ès-Montagne

Le DÉROULEMENT des TRAVAUX

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L’état des lieux

Rédigés par le notaire, les procès-verbaux des travaux à conduire dans des bâtiments ruinés ou dangereux sont réalisés de façon formelle, en présence du maître d’ouvrage, des maîtres d’œuvre, maçons et charpentiers, et sous l’œil de plusieurs témoins dont parfois le procureur d’office du village . Le bâti est souvent en état de déshérence. De façon générale, les archives montrent que le bâtiment qu’on reconstruit ou qu’on améliore apparait mal entretenu quand la misère n’a pas contraint à le laisser à l’état de chezal (ruine). Les textes montrent des bâtiments complètement décrépis “on ne peut s’empecher de tout refaire a neuf”...“hors d’état d’empecher de mouiller les biens et fourrages qui y seraient ameublé”, ou encore dépourvus du nécessaire “aucun plancher pour battre les bleds” (1747). On sent que, souvent, on a attendu le dernier moment pour intervenir. Parfois dans le cas de bâtiments devenus dangereux, on se limite aux réparations “pressantes et nécessaires…pour empecher entière destruction”.

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Les maîtres d’œuvre

Souvent réalisés pour reconstruire des chezals en très mauvais état, les travaux sont précédés d’un examen détaillé par les maîtres maçons et charpentiers choisis pour effectuer les travaux. On évalue l’état du bâtiment avec, par esprit d’économie, le réemploi possible ou non de matériaux en fin de vie : “le couvert a paille est si médiocre que la paille ne peut servir qu’a faire du fumier”.

Les travaux sont souvent réalisés par des artisans de Compains ou de la région proche (Besse). C’est un charpentier et maçon de Saint-Anastaise aux portes de Compains, Pierre Magny, qui rénove pour 189 livres la “maison grange étable” que Jean Valon de Chaumiane veut construire en 1709 à la place d’un chezal. L’artisan local est souvent associé à un maître maçon ou à un couvreur de passage venu de la Marche (aujourd’hui la Creuse), “estant presentement en le bourg de Compains”. A plusieurs reprises, les maçons viennent des villages de Gioux et de La Nouaille dans la Creuse.

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Maison à Moudeyre (2020) sur les hautes terres d’Entraigues. Ce hameau, aujourd’hui presque totalement déserté, appartenait à la paroisse de Compains avant la Révolution

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Un maçon austro-hongrois à La Godivelle

A l’occasion, on embauche un artisan étranger parfois venu de très loin et de passage dans la région. En 1806 à La Godivelle, village qui jouxte Compains au sud, Bernard Tarnat emploie Joseph Chalnachy, un maître maçon “autrichien-ongrois”, originaire du lieu de Sabatino en Autriche. L’homme travaille depuis environ huit ans dans le Puy-de-Dôme et à cette date il doit retaper à La Godivelle un chezal de maison qui comprend classiquement outre l’habitation, une grange et une écurie correspondant aux maisons bloc abondantes dans la région. C’est Jean Tartière de Compains, couvreur de son métier, qui s’attellera à la toiture du bâtiment, travail qu’il estime à dix journées, temps nécessaire pour couvrir la maison avec 1000 gluis de seigle.

Compains – “la cabane à Mouné”, photo de Jean-Pierre Bernard

Les travaux à réaliser sont importants : il faut refaire le chapial (pignon), la cheminée, les portes et les murs qui s’écroulent. Une partie des planchers et des poutres sont pourris. Pour ce long travail qui durera 70 jours, le maçon devra remployer une partie des pierres du chezal pour ne pas trop dépenser. Il devra également utiliser des matériaux qui, pour la plupart, ne se trouvent pas sur place : de la chaux et six tombereaux de “terre grasse”, (terre argileuse), pour réaliser le mortier, huit chars de pierres brutes, dix tombereaux de sable et trente de mortier… Les matériaux viennent de loin car ils “seront conduits a pied d’œuvre en raison de leur éloignement”, une provenance qui n’est malheureusement pas précisée. Le montant de la nourriture des artisans est estimé à 30 sols par jour.

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A Compains, il n’a pas été possible de retrouver des comptes de construction complets et précis. Il n’est pas clair de déterminer qu’elle part des matériaux on réemploie quoiqu’il soit évident qu’on cherchera à réemployer une grande partie des pierres de taille des chezals encore utilisables. La provenance des matériaux, le coût de leur transport pour le maître d’ouvrage ne sont pas précisés dans la documentation retrouvée pour le moment, mais sont considérés comme onéreux du fait de l’isolement du village de Compains et du mauvais état des chemins qui augmentent les difficultés d’acheminement et donc la facture des travaux : “le transport de la chaux est beaucoup plus cher à Compains que dans les communes de Limagne. On est obligé de l’aller chercher a cinq lieues du pays”.

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Les MAISONS de COMPAINS dans l’HISTOIRE

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Au temps des Bréon : un ancien hameau du XIIe siècle sur le Cézalier

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fouilles compains

XIIe siècle – Aux Yvérats, entre Cureyre et Escouailloux : fondations de bâtiments semi-enterrés mis au jour par une équipe d’archéologues – Rapport consultable sur Open edition.org

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Des fouilles pratiquées à Compains dans les années 2010 ont mis au jour entre Cureyre et Les Yvérats d’anciennes constructions semi-enterrées datées du XIIe siècle, époque où les Bréon imposaient leur loi dans la seigneurie de Brion.

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1685 – Vente d’une importante maison à un aubergiste

   Veuve de François Roux dit Joye, laboureur à cureyre, Françoise Roche est endettée. Elle vend en 1685 à Michel Juilhard, hoste (aubergiste) au bourg de Compains, une vaste maison pour le prix élevé de 400 livres. L’habitation est composée d’une antichambre, deux chambres chacune dotée d’une cheminée, four, cave, grange, étable et basse-cour.

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Maison traditionnelle à Chaumiane

Maison bloc à terre à Chaumiane

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Au Cougny au début XVIIIe siècle : construction d’un buron qui sera

transformé en habitation 150 ans plus tard

La maison du Cougny photographiée en 1936. On distingue encore la cheminée et des traces de chaume sur la toiture. Au premier plan en bas à gauche, le ruisseau.

Acquise à une date inconnue mais qui précède 1665, “la parra escougny”, (le pré du Cougny), appartient à la famille Boyer de Compains. Un premier bâtiment est construit sur la parcelle du Cougny avant 1745. Isolé sur la montagne c’est un buron à vocation purement agricole. Tombé en ruine, le buron sera reconstruit avant d’être compartimenté dans la seconde moitié du XIXe siècle. On y ajoute alors une petite salle commune avec cheminée, séparée de l’étable par une cloison de bois (ci-dessous). C’est là que naitra en 1866 Jean Boyer, fils cadet d’Antoine Boyer de Compains et Marguerite Crégut de Cureyre.

Maison du Cougny – L’étable

Sous le fenil, les bêtes étaient placées dans l’étable, la tête tournée vers les mangeoires qui longent les deux murs latéraux. Le fourrage tombait dans les râteliers des animaux grâce à des trappes ménagées dans le plancher du fenil. Au centre de l’étable, le purin s’évacuait par une rigole dont la pente était orientée à l’opposé de la porte qui donnait accès à la salle commune. Parvenu dans les herbages, ce lisier fertilisait les prés environnants.

Construite en harmonie avec son milieu, cette maison-grange-étable est bien intégrée au site. On a profité des accidents du terrain pour la caler dans un repli du sol. Cependant, et contrairement à l’usage, l’entrée de la salle commune fait face au nord, montrant que la destination initiale du bâtiment n’était pas d’en faire une habitation. Cette disposition devait faciliter l’acheminement des bêtes depuis l’étable jusqu’au ruisseau qui court au pied de la maison.

On remarque ci-dessous de nombreux points communs entre la maison-grange-étable construite près de Malsagne sur la Montagne de Barbesèche et la maison du Cougny.

Maison-grange-étable à Barbesèche

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Grange à Cureyre

Ci-dessous à Cureyre, la porte décentrée de cette grange est surmontée d’un linteau de bois et flanquées de jambages de pierre.

Grange au toit rasant et à la porte décentrée (2006)

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1762 – Le curé de Compains achète et prend possession d’une modeste maison

L’achat

Pierre Besson, curé de Compains en 1762, achète comptant pour un montant de 87 livres une modeste maison que lui vend Pierre Morin, laboureur du “bourg paroissial” de Compains. C’est une “petite maison sittuée au lieu de Compains… de la contenue d’environ trois brasses de long et trois en large avec un petit jardin potager au devant de la porte de la maison…ledit jardin de la contenue a semer un demy carton de chenevy (chanvre)… déclarant le vendeur que la maison n’est composée que de quatre petites poutres…qu’il n’y a au plancher que dix planches bois de sapin…les couverts a paille de devant presque neufs, le derrière presque usé…une petite fenêtre…la cheminée ayant son manteau en bois…deux lits clos qui sont aussy a demi usés et de petite valeur”. Après l’achat, restait à prendre possession de la maison, un acte qui s’accompagnait de gestes symboliques.

La prise de possession

Le jour suivant l’achat, toujours en présence du notaire et des témoins, le curé se transporte jusqu’à la maison qu’il vient d’acheter. La visite s’accompagne des gestes rituels de la prise de possession. Le religieux met du bois dans la cheminée, “visite les lits clos”, ouvre et ferme la fenêtre, ouvre et ferme la porte, se transporte au jardin où il ramasse quelques pierres qu’il jette hors de celui-ci, “prend et rompt une petite branche d’un petit prunier qui est enradiqué dans ledit jardin et crie par plusieurs et diverses fois qu’il en prenait possession du tout”. De tels gestes symboliques étaient pratiqués par tous les acheteurs d’un bien, y compris par le nouveau curé quand il prenait possession de l’église de sa paroisse.

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1772 – Géraud Roux fait construire une maison à Espinat

Originaire de Chaumiane, le laboureur Géraud Roux s’est installé en 1772 à Espinat, un hameau de Compains qui relevait du baron de Saint-Hérem sous l’Ancien Régime. Voulant faire construire une maison entourée de jardins – un ort (jardin) à chanvre et un ort à viande (jardin potager) – Géraud Roux fit dresser le procès-verbal de la construction du bâtiment où apparait ce qui suit.

Deux des artisans intervenants sont originaires de la région : François Berthelage est maître charpentier à Besse et Guillaume Coissard maître couvreur à paille au village d’Espinat. Comme souvent, le Limousin est la région d’origine du maître maçon, Jean Haire, venu de Saint-Hilaire-Foissac (Corrèze). Le maître couvreur à tuiles, Jean Lemerie, est originaire de Saint-Pardoux (Creuse). La partie inférieure de la toiture sera couverte à tuiles et la partie supérieure couverte à paille pour laquelle on emploiera “2200 gluis de paille battus” qui seront acheminés depuis le hameau de La Groleix dans la paroisse de Besse.

Classique, la maison se présente d’un seul tenant, sans étage et comprend logis, écurie, grange, cave et four. De dimensions courantes pour une maison du Cézalier à cette époque, la bâtisse est longue de dix toises et deux pieds (environ vingt mètres) et large de quatre toises quatre pieds (environ neuf mètres). La porte et les deux fenêtres sont logiquement placées “a l’aspect de jour et midy”. L’une éclaire la salle commune, l’autre l’écurie. Accolé au mur nord de la maison, un four de douze pieds de circonférence et une cave voutée construite hors sol sont tous deux “couverts a thuile”. La présence d’un four privé montre une certaine aisance chez Géraud Roux qui ne compte donc pas utiliser le four commun aux villageois, ordinairement situé sur le couderc du village.

Au fond de la salle commune, le mur aveugle sera occupé par des lits de bois que devra construire le maître charpentier. Dans l’évaluation des coûts, le prix des lits est inclus avec celui des ferrements (serrures) et des grillages. Le montant des travaux est énoncé par les artisans devant Antoine Chanteloube, lieutenant en la baronnie de Saint-Hérem. La véracité des coûts est affirmée par les artisans sous serment “la main levée a Dieu”. La maison neuve de Géraud Roux lui coutera 2766 livres, prix qui inclut les salaires et la nourriture des artisans.

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1782 – La maison du notaire au linteau nommé et daté

     A quelques dizaines de mètres au sud-ouest de l’église, une maison porte sur son linteau la date de sa construction ou de sa rénovation (1782) surmontée des initiales de son propriétaire gM, vraisemblablement Guillaume Morin, notaire à Compains de 1777 à 1812. Les Morin ont été notaires à Compains de père en fils au moins depuis le XVIIe siècle et la bâtisse était toujours occupée par un Morin en 1828.

1782 – Maison de maître au bourg, datée 1782 et dénommée GM

Selon les Anciens du bourg, la maison était flanquée sur son côté ouest d’une tour carrée dont ne subsiste aujourd’hui que la base, visible sur la gauche de la photo ci-dessus. Daté et nommé, le linteau a une forme arquée pour mieux s’opposer à la poussée du mur.

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1782 – A Beauregard, maison-étable

Sur les jambages de la porte : millésimes et marques de propriété

On a vu qu’au Moyen Âge les extrémités nord et est de la seigneurie de Brion étaient gardées par deux lieux, dits Beauregard, où le cadastre (1828) n’indique plus que des burons. Le terme Beauregard indiquait alors un lieu où la vue dégagée permettait une surveillance efficace en limite de seigneurie. Regard signifie ici “guette” (guet), surveillance et non belle vue.

Au nord de la commune et en limite supérieure de l’habitat permanent, Beauregard (dit aussi la chaux), à 1180 mètres d’altitude surplombe aujourd’hui la ferme de Roche. Le bâtiment isolé est formé d’une grange-étable prolongée à son pignon nord par une petite maison couverte de lauzes et partiellement protégée de la violence des intempéries par un bourrelet de terre. L’habitation s’ouvre par une porte étroite sur la salle commune à peine éclairée par une minuscule fenêtre pour mieux protéger l’intérieur des frimas. Comme souvent, la cheminée est adossée au pignon est.

Beauregard – Maison-étable – Sur les jambages de la porte marques de propriété et millésimes – à gauche : “l’AN 1922 LES VERDIERS” – à droite : “1782 MORIN”

Une maison doublement datée et nommée

Faute d’avoir pu l’inscrire facilement et visiblement sur le linteau, c’est sur chacun des jambages de la porte qu’apparaissent des marques de propriété et des dates relatives à deux anciens propriétaires de la maison. La pierre gravée la plus ancienne, datée 1782, porte le nom de Morin, sans indication de prénom. Très répandu à Compains, ce patronyme ne permet pas d’affirmer que Beauregard aurait pu être la propriété de Jean-baptiste Morin, notaire à Compains de 1768 à l’an VII, ou de son neveu Guillaume Morin notaire à Compains de 1777 à 1812 et maire de la commune de 1800 à 1808, pas plus que de tout autre Morin de la commune. On peut juste noter que la date est identique à celle de la maison du notaire au bourg, ce qui peut n’être qu’une coïncidence. A la génération suivante, sur le cadastre de 1828, Beauregard (n°320) est désigné “bâtiment” et non maison, indiquant sans doute que son évolution en habitation fut postérieur à cette date.

Enfin, le 13 décembre 1905, Le Moniteur d’Issoire nous apprend qu’à l’occasion de la succession de Jean Morin et Charlotte Crégut son épouse, la propriété du Baguet voisine de Beauregard incluant prés, bois et deux bâtiments, a été vendue aux enchères à un marchand boucher de Besse par les héritiers des Morin-Crégut dont Michel Morin, époux d’une Verdier, patronyme que l’on retrouve sur le jambage gauche de la maison de Beauregard sous la forme : “l’an 1922 les VERDIERS”. Il semble que les Verdier, face à l’inscription Morin sur le jambage droit, aient voulu affirmer le changement de propriétaire en inscrivant à leur tour leur patronyme sur le jambage gauche. La maison se trouva à deux reprises millésimée et nommée. Cette façon d’agir semble unique dans le village.

Buron de Chavade – Au fond Le Baguet

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A Marsol, une ancienne maison et son colombier

Atypique à Compains, la maison de Marsol représentée ci-dessous était dotée à l’étage de voutes malheureusement disparues aujourd’hui. Au rez-de-chaussée, une rare cheminée triple orne la pièce à vivre, protégée par de murs d’une épaisseur exceptionnelle. A l’extérieur, un escalier voit ses marches bloquées en porte à faux dans la maçonnerie du mur, une disposition inhabituelle à Compains où les escaliers extérieurs sont rares.

Marsol – Maison remarquable

Enfin, autre fait exceptionnel à Compains, on aperçoit, niché sous la toiture, un petit colombier à trois trous, précédé d’une tablette où peuvent se poser les pattes des pigeons. Les trois orifices pratiqués sur la façade de la maison sont des yeubles, de petits trous pratiqués devant le colombier placé sous la soupente pour servir de porte et de lucarne (yeuble, du vieux français véer, dérivé du latin videre, voir).

Le droit de colombier

On sait qu’en Auvergne, le colombier n’était pas l’apanage du seul seigneur. Sous Louis XIII, un arrêt du parlement avait autorisé en 1630 la construction de colombiers sans besoin d’une permission des seigneurs justiciers. Chacun avait donc le droit, à peu près partout, de construire des colombiers à sa guise. Chabrol, commentateur de la coutume d’Auvergne peu avant la Révolution, abonde en ce sens : “On a demandé si, en Auvergne, les seigneurs hauts justiciers étaient en droit d’empêcher de construire des colombiers. On sait que, sur cette matière l’usage varie dans chaque pays. Celui d’Auvergne est que chacun a droit de construire des colombiers et en la forme qu’il juge à propos. Ce n’est point parmi nous un droit de justice ni de fief”. Un député de la province d’Auvergne constatait ce fait en août 1789 alors qu’on discutait de l’abolition des droits féodaux “chez nous…tout vigneron, tout laboureur a un colombier. Le droit n’est pas exclusif et il n’en résulte, en Auvergne, aucun inconvénient”. On notera que la maison habitée occasionnellement au bourg de Compains par Jean de Laizer était elle aussi dotée d’un colombier qui disparut lors de la destruction de la maison. Grâce au colombier, on pouvait vendre la colombine, fiente des pigeons réputée pour ses qualités fertilisantes.

Il faut dire malgré tout que l’élevage de pigeons ne présentait pas que des avantages. Le Moniteur d’Issoire déplorait en 1926 que, de février à avril, les pigeons dévorent les semences, causant un préjudice considérable aux agriculteurs. Un arrêté préfectoral qui ordonnait la fermeture momentanée des colombiers lors des semis n’était ni respecté par les agriculteurs, ni appliqué par les pouvoirs publics.

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Vers une AMÉLIORATION du BÂTI

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La modernisation de l’habitat amorcée sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), se poursuit sous le Second Empire et la Troisième République. Ce renouveau du bâti est dévoilé par les dates sculptées sur les linteaux : 1834 sur une maison de Belleguette, 1860 reconstruction du presbytère, 1863 rénovation de la maison d’Antoine Boyer, construction de l’hôtel-café Guittard-Tartière-Tombe-le-loup… Ce mouvement est caractérisé par des constructions nouvelles à étages et lucarnes qui changent la physionomie du bourg et de certains villages de la commune pour évoluer vers un style sans rapport avec l’architecture locale traditionnelle.

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Belleguette – Maison à étage (1834)

Faut-il se fier aveuglément aux dates qui figurent sur les linteaux ? Assurément pas, puisqu’il peut s’agir de pierres récupérées et réutilisées, mais faute de preuves écrites…

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Une ferme modernisée : la maison d’Antoine Boyer et Michèle Laporte au XIXe siècle

Au bourg, une ancienne ferme voit son linteau, millésimé 1863. Cette simple et vaste maison est fort heureusement restée dans la tradition, tout en se modernisant. Des chambres éclairées par des lucarnes ont été crées dans la fenière. Un trottoir a été ménagé devant la maison. Cette maison appartint aux arrière-arrière grand-parents de l’auteure de ce site.

La ferme d’Antoine Boyer (1796-1879) et Michèle Laporte (1803-1891)

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Le nouveau presbytère

En 1823, la situation de la maison curiale est décrite à l’évêque par le curé comme étant catastrophique. Les derniers travaux remontent à 1787. Depuis cette date, la Révolution est passée, la neige et les orages ont pourri le chaume “et il n’est pas un seul point de la maison où il ne pleuve”. Le curé décrit les planchers vermoulus, les portes et les fenêtres qui ne ferment plus, la cave, incapable de conserver le vin nécessaire au Saint Sacrifice. L’ecclésiastique, vieux et malade, considère qu’il vit dans “un affreux bivac” (bivouac). La décision de reconstruire le presbytère arrive enfin … en 1860. Le solide bâtiment que nous voyons ci-dessous ne sera terminé que quatre ans plus tard.

Près de l’église Saint-Georges, le presbytère (1864)

L’ancien presbytère hors d’âge a donc enfin été remplacé en 1864 par un grand et solide bâtiment. Le bois des planchers et les poutres ont été prélevés dans la forêt des Gardes non loin de là, à Saint-Genès-Champespe. En 1889, lors de sa visite pastorale à Compains, Jean-Rodolphe Beauregard, vicaire général venu suppléer l’évêque, considérait que le nouveau presbytère était très solide et bien distribué. Le bâtiment s’inscrivait pleinement dans le nouveau style, plus urbain, qu’allaient emprunter les nouvelles maison du village, en particulier celles qui devraient accueillir une activité commerciale.

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La maison de l’épicier Marien Perrière

Marien Perrière nait en 1846 à Saint-Etienne des Champs (63) en Combraille. D’abord entrepreneur de travaux publics, il s’installe à Compains entre 1881 et 1886 alors qu’on vient de construire la route qui relie le bourg à Brion. Au recensement de 1886, on voit qu’il a épousé Jeanne-Eugénie Champeix, 28 ans, née en 1858 à Pontgibaud. Au recensement de 1891, Marien se déclare “boulanger-épicier”, puis en 1896 “négociant en épicerie”. Au recensement de 1901, il est dit “patron épicier”, aidé par son fils Jean-Baptiste Perrière, commis épicier de 20 ans, né à Saint-Jacques d’Ambur (63). En 1906, Jean est devenu patron boulanger au bourg. Son père, retraité, meurt en 1918. Son épouse est encore recensée en 1931.

L’épicerie de Marien Perrière au centre du bourg – Carte postale de Gilles Crégut

Dans le but d’y ouvrir une boulangerie-épicerie, Marien Perrière fit construire sans doute à son arrivée à Compains la vaste maison ci-dessus dont le linteau de la lucarne centrale est millésimé 1887. Il fallait alors construire des locaux adaptés qui répondent aux besoins des nouvelles activités commerciales qu’on pouvait dorénavant développer en profitant des nouvelles routes carrossables et de véhicules automobiles. Fonctionnelle et conforme à son objectif marchand, la maison a perdu tout lien avec l’ancien habitat traditionnel paysan. Les Perrière, voulant valoriser leur commune, firent éditer de nombreuses cartes postales de Compains (voir le chapitre : C’était Compains, le bourg).

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L’hôtel Guittard-Tartière

L’hôtel Guittard-Tartière

Construction d’aspect très urbain comme le montre la carte postale ci-dessus, l’hôtel Guittard-Tartière a été construit sur l’emplacement d’un chezal. Ses tenanciers sont identifiés au recensement de 1901. Il s’agit de Marie Tartière, 31 ans qui a épousé Adrien Guittard, 25 ans, ancien voiturier à Issoire.

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Maison près de l’église

L’habitation ci-dessus dont la construction remonterait au début du XXe siècle, a sacrifié à la tradition en installant une couverture de lauzes. Au faîtage subsistent des boules, symboles de prospérité.

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La maison des Babut, une famille de charrons

Certains artisans pratiquaient une double activité : laboureurs l’été, artisans l’hiver. Sous l’Ancien Régime, la profession de laboureur masque souvent l’activité artisanale dans les textes notariaux. Il faut attendre les recensements du XIXe siècle pour que l’activité artisanale cesse d’être occultée par celle de “propriétaire exploitant” qui, depuis la Révolution, qualifie le cultivateur dans les minutes notariales.

Lors du recensement de 1901, Antoine Babut, né en 1875, était déclaré propriétaire exploitant . Il avait épousé Marie Chabaud, née en 1878 à Saint-Donat. Marguerite Babut, née en 1834, était sage-femme à Compains. Au recensement de 1906, Antoine déclare exercer la profession de charron, puis au recensement de 1911 il se qualifie menuisier, des qualifications logiques puisque le charron, pour cercler de ferraille les roues des véhicules attelés, devait savoir travailler le bois aussi bien que le métal.

Parmi leurs enfants, Emile Babut, né en 1901, et Jean Babut, né à Compains en 1904, sont tous deux déclarés charrons au recensement de 1921. Un autre enfant, Michel Babut, né en 1910 au bourg exerce en 1936 la profession de facteur intérimaire alors que son frère aîné, Jean, est toujours charron.

Le village comptait d’autres artisans exerçant un métier du fer : en 1906, Jean Tartière, 52 ans, était maréchal-ferrant et Eugène Tartière, 31 ans, forgeron.

La maison à étage photographiée ci-dessous fut celle du charron Michel Babut. Elle est située un peu à l’écart du bourg près du pont qui franchit la Couze, entre la route actuelle et l’ancien chemin qui escalade la montagne pour conduire à Brion. Certains à Compains se souviennent que pour pratiquer son activité, Michel Babut allumait un brasier près du pont pour chauffer le métal et réaliser les cercles métalliques qui devaient entourer les roues des charrettes. Mais la modernisation des routes et l’évolution des moyens de transport rendirent sa profession de moins en moins indispensable.

La maison du charron Michel BabutRappel du passé, un étau est planté devant la maison

Non loin de sa forge, Michel Babut avait construit le moulin à scie représenté ci-dessous sur une carte postale éditée par Perrière. Des Anciens du bourg se souvenaient avoir vu fonctionner ce moulin où chacun venait avec son bois pour le faire scier tandis qu’un wagonnet sur rails descendait le bois au moulin.

Le moulin à scie de Michel Babut – éd. Perrière (source : Archives départementales du Puy-de-Dôme)

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Le bistrot de Brion d’hier à aujourd’hui

Peu d’évolution du bâti entre cette ancienne photo d’avant guerre et nos jours pour cette maison de Brion-Haut

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Des maisons et des caves à Escoufort et Brion

On ne peut évoquer les bâtiments liés à la vie économique du village en omettant l’activité fromagère. A 1194 mètres d’altitude, on trouvait à Escoufort Bas un village d’altitude dont les nombreuses maisons ne sont plus aujourd’hui qu’un vaste champ de ruines qui recèle encore sous les murs détruits des caves à fromage parfois encore bien conservées (voir au chapitre : Villages et burons abandonnés).

Escoufort – Cave couverte de terre et ses niches intérieures

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Ci-dessous à Brion, une ancienne cave à fromage, bien protégée par le talus voisin.

Brion – Ancienne cave à fromage

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Les LINTEAUX MILLÉSIMÉS et NOMMES

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Lors de la construction d’une maison ou, peut-être plus fréquemment, à l’occasion de sa rénovation, de nombreux linteaux se sont trouvés datés et flanqués des initiales du patronyme des époux propriétaires du bâtiment. On trouve généralement ces initiales incisées dans la pierre de part et d’autre du millésime, plus rarement placées d’un seul côté. Peu nombreuses sont les dates antérieures aux années 1850.

A Brion – En haut petit cartouche millésimé 1830, au centre gauche C 1874 A, au centre droit M 1858 J – A Belleguette en bas à gauche E 1834 B – A Brion en bas à droite VM 1877

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Les Costes – Linteau au cœur inversé

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Les SYMBOLES

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Toute ouverture, pensait-on, portait en elle une menace, celle de laisser entrer chez soi les mauvais esprits, ou pire encore, le démon. Aussi cherchait-on à s’en protéger en apposant sur les linteaux, sur les portes ou sur les volets des fenêtres des symboles destinés à repousser ces indésirables. Ces figurations qu’on rencontres sur les maisons et les granges dévoilent, outre un besoin de protection, la recherche du bonheur et de la prospérité pour la famille.

Les églises elles-mêmes, croyait-on, n’étaient pas épargnées par l’éventualité d’y voir entrer le Malin. Vues sous cet angle, les pentures du XIIIe siècle qui ornent encore la porte sud de l’église Saint-Georges, bardée de têtes effrayantes, sont de toute évidence destinées à repousser les mauvais esprits, tout autant que le salguebrou, la tête hurlante placée au XVe siècle sur la tour du clocher. A travers eux, on pensait pouvoir chasser les démons du lieu saint qui, comme les habitations, devaient être protégés des esprits malins.

Fixés dans la pierre ou accrochés sur les bâtiments, on trouve encore quelques symboles protecteurs à Compains de nos jours.

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Le losange

Au bourg portes losangées

On rencontre si fréquemment des losanges ou des cœurs percés sur les volets ou sur les portes des granges qu’on a oublié qu’ils ne sont pas placés à cet endroit par hasard ou uniquement pour dispenser leur lumière parcimonieuse à l’intérieur du bâtiment. Il faut se souvenir que ces marques évoquaient, ou évoquent encore, le bonheur, la fécondité et la prospérité qu’on souhaitait attirer sur la maison.

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Le fer à cheval

Toujours apprécié de nos jours, le fer à cheval est considéré comme le porte-bonheur universel, protecteur de l’habitation des humains comme de l’étable des animaux. Dans les villages de la commune, on rencontre des fers à cheval sur les habitations comme sur les granges ou les burons. les jambes des fers rencontrés à Compains sont toutes tournées vers le bas, contrairement à l’idée qui voudrait que les éponges (pointes situées aux extrémités des fers), soient tournées vers le haut “pour que le bonheur ne tombe pas”.

En haut : au bourg – Au centre gauche : à Brion – Au centre droit : au Baguet – En bas : aux Cibéroux

Le rôle protecteur du fer à cheval renvoie à nouveau à l’église de Compains et à ses pentures. Une légende qu’on racontait aux enfants de Compains ne dit-elle pas que les pentures de la porte sud proviendraient des fers du cheval d’un chevalier qui, blessé, se serait réfugié sur son cheval dans l’église. Pour le punir sans l’accabler, Dieu décida de détacher les fers qui protégeaient les sabots du cheval du chevalier. Le maréchal ferrant arrivant dans l’église, trouva les fers du cheval sur le sol de la nef et décida alors d’en faire les pentures vieilles de 800 ans que nous voyons encore aujourd’hui. Les pentures joueraient donc un double rôle protecteur car issues de fers à cheval et qui plus est, dotées de têtes de dragons pour faire reculer les mauvais esprits.

On ne peut s’empêcher de penser qu’au fond de toute légende peut se cacher une parcelle de vérité. Oui, mais laquelle ? Il faut bien convenir que cette histoire racontée aux enfants illustre de manière habilement détournée comment on pouvait chercher à protéger doublement de façon profane et disons le un peu païenne, un lieu religieux. Qui plus est en récupérant la volonté divine…

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La croix

Brion – Maison-grange-étable surmontée d’une croix

Le coeur

Au bourg : Cadran solaire inscrit dans un cœur

Au bourg, s’ajoute au caractère utilitaire de ce cadran solaire, le souhait d’attirer bonheur et prospérité sur sa famille grâce au cœur au sein duquel il est inscrit.

Cisterne (com. d’Egliseneuve d’Entraigues), n’est pas situé à Compains dira-t-on, et l’endroit semble même n’avoir jamais fait partie de la seigneurie de Brion, si l’on s’en tient aux textes médiévaux retrouvés pour le moment. Cependant, situé à la bordure ouest de la commune de Compains, le lieu marquait la limite entre les terres des Bréon et celles des La Tour. On y remarque d’ailleurs un lieu-dit La Garde de Cisterne, qui fut le siège d’un point de surveillance placé en ces lieux bien déserts.

Non loin, au pont de Clamouze, carrefour de la route qui bifurque vers Picherande, on trouvait une auberge, étape entre Egliseneuve et Besse. Sur les hauteurs qui dominent la rive gauche du ruisseau qu’apparait une maison dont le linteau porte pour motif central un cœur inversé. Ce cœur, inscrit dans un carré qui symbolisait l’homme dans son espace terrestre, est surmonté d’une croix flanquée d’éléments décoratifs représentant des branches de laurier. Symbole de réussite auquel on attribuait des vertus curatives, le laurier était considéré comme un talisman protecteur.

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Cisternes - Linteau
A Cisterne – Coeur inscrit dans un carré et flanqué de branches de laurier


Ces symboles figurent parmi les marques de protection les plus courantes quand on voulait attirer sur sa maison la protection divine. Le chœur inversé symbolise le foyer et la croix évoque la fidélité à Dieu qui protège la maison. Le laurier symbolisait la puissance et l’immortalité.

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Les Costes – Cœur inversé – A droite, semble-t-il, P et L

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Quelques INTÉRIEURS

Les lits clos

Souvent précédés d’un marche-banc, sorte de coffre de rangement, des lits clos sont encore visibles à Compains. Toujours alignés au fond de la salle commune, ils font face à la porte d’entrée.

maison chez boyer lits clos
Au bourg
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Le “lit de rivière”

Dans de nombreux contrats de mariage, la future épouse recevait dans sa dot un lit de rivière. Obscure au premier abord, cette expression désignait selon les compainteyres un sommier formé d’une enveloppe qu’on remplissait chaque année de feuilles mortes ou d’herbes sèches ramassées aux environs. Des Anciens du village se souviennent que leur grand-mère ramassait à l’automne les feuilles mortes qui serviraient à fabriquer ce sommier naturel qu’on couvrait en guise de matelas d’une coette de plumes ou de poils de lapin. Des linceuils (draps de lin aussi solides que rugueux), des cuissins, une couverte de laine ou une courtepointe piquée d’étoupe à l’usage du pays, complétaient l’ensemble.

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Aux Costes



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A Belleguette

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A Brion vers 1955

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ALLUMER le FEU

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      La cheminée de la salle commune ci-dessous est appuyée sur le pignon Est. Elle repose sur des piédroits qui flanquent le foyer aménagé dans l’épaisseur du mur. Ils soutiennent un linteau qui, selon les maisons, peut être en pierre ou en bois.

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A Belleguette

  Les “cafinious”, des niches, sont pratiquées dans le mur pour entreposer des objets d’usage quotidien. Dans la cendrière, la cavité la plus vaste pratiquée dans le mur de la cheminée, on conservait les cendres à utiliser pour  la lessive. Le long du côté gauche de la cheminée on aperçoit le “cantou”, siège sur lequel on s’asseyait près du foyer.

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Au bourg

Au fond de cette cheminée apparait le contrecœur. Cette volumineuse pierre encastrée dans l’épaisseur du mur faisait office de plaque de cheminée.

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Aux Costes

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A Brion-bas

Cheminée d’une ancienne maison dont le plafond qui séparait la pièce commune de la grange a été détruit.

A Marsol

Remarquable cheminée au large linteau de pierre de taille en forme d’arc triple surbaissé.

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La cuisine

L’ayguière (évier) était taillée dans une pierre monolithique. L’évacuation de l’eau vers l’extérieur passait par un conduit en pierre ménagé à travers le mur.

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Les Costes – Aiguière (évier) et son évacuation extérieure


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Les Costes – Travades entre les poutres du plafond

Ci-dessus, des petites barres de bois, dites travades en langage du pays sont placées perpendiculairement entre les grosses poutres du plafond de la salle commune. On y suspendait le lard du cochon.

Escouailloux – Sortie d’ayguière

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Le CONFORT ENTRE dans la MAISON

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Dans la seconde moitié du XIXe siècle, certains ménages parviennent à construire leur maison et à l’équiper plus confortablement. Ainsi, Françoise Morin, veuve de Pierre Blanchet, propriétaire à Compains, vend en 1913 une maison (section C du cadastre parcelle 602) avec “boiseries, lits, alcôves et buffet adhérents aux murs de la cuisine”, construite après 1828.

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L’apparition de l’armoire dans les foyers

      Contrats de mariage, testaments, inventaires après décès évoquent la présence de mobilier dans les foyers paysans, reflet de la situation matérielle de la famille. Pendant des siècles, les effets personnels furent conservés dans des coffres. Quelle que soit sa situation, une famille détenait un coffre où elle resserrait ses biens. Au XVIIe et jusqu’au début du XVIIIe siècle on trouve également quelques mentions de garde-robes. Encore rare avant la Révolution dans les familles de Compains et de Saint-Alyre-ès-Montagne, l’armoire ne se répandra véritablement que dans la seconde moitié du XIXe siècle, conséquence de l’amélioration des conditions de vie des familles de cultivateurs.

Le coffre

      Les contrats de mariage retrouvés chez les notaires de Compains du XVIIe siècle à la Révolution montrent que la dot de la mariée comprenait presque toujours un coffre qui, à Compains, est nommé arche quand il contient des provisions. Quand elles sont précisées, les essences de bois sont variées : parfois taillé dans du bois de pierre (un bois dur), le coffre est souvent dit en bois de fresne ou de sapin. Parfois décrit serruré par les notaires, le coffre offert par ses parents à la mariée était destiné à renfermer les vêtements et menus linges, précision que n’omet jamais d’indiquer le notaire, qu’il s’agisse des effets du curé dans son inventaire après décès ou de ceux des époux dans leur contrat.

La garde-robe

      Certains contrats du début du XVIIIe siècle évoquent une garde robe avec portes fermant à clé. A une ou deux portes, en bois de frêne ou de noyer, on trouvait les garde-robes dans les familles qui bénéficiaient d’un niveau de vie plus élevé que celui de la moyenne des familles de la paroisse.

L’armoire

      Meuble solide fait pour être transmis, l’armoire fait une timide apparition au XVIIIe siècle chez le curé et dans les familles les mieux nanties de Compains et Saint-Alyre-ès-Montagne. Dites le plus souvent en bois sans précision d’essence, les armoires sont parfois décrites en sapin, en bois de pierre ou en frêne. Le chêne est très rare. Quand elle est plus élaborée, l’armoire est décrite a deux portes et surtout avec tous ses ferrements ou ferrée et serrurée, une sécurité qui en augmentait la valeur. On trouvait plusieurs hormoires en chêne et en sapin en 1747 dans l’inventaire après décès du curé de Compains.

L’un des premiers compainteyres à détenir une armoire, si l’on excepte le curé, semble avoir été en 1777 Pierre Bergier de La Gardette près d’Escouailloux. Sa maison, déjà bien équipée, comprend un four et “une cave en voute couverte à thuiles” où il conserve des fromages. Souhaitant équiper sa maison d’une armoire, Pierre Bergier convoque un maître charpentier qui se rend à La Gardette pour fabriquer sur place “une armoire neuve à deux portes, bois de sapin”.

      Les inventaires montrent que la présence d’une armoire n’exclut nullement celle simultanée d’une garde-robes et d’un ou plusieurs coffres acquis au fil de la vie. L’état du mobilier est simplement parfois précisé par le notaire mauvais ou à demi usé. L’armoire devient courante dans les contrats de mariage dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le contrat de mariage d’Antoinette Boyer et Antoine Eschavidre, mariés en 1847, porte qu’ils reçurent “une armoire neuve à deux portes en bois dur ferrée et serrurée”.

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L’armoire du grand-père

Armoire sculptée vers 1900 par le grand-père de Denise Chanet

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Il pouvait arriver que le cultivateur consacre les longues soirées hivernales à la fabrication et à la sculpture de son armoire. Ainsi en fut-il de l’armoire à deux vantaux ci-dessus. Sculptée vers 1900 par le grand-père de Denise Chanet (née en 1930), l’armoire poursuit sa vie à Compains.

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Le vaisselier et les placards

Rarement rencontré dans les contrats de mariage ou les inventaires après décès, le vaisselier apparait exceptionnellement en 1723 dans le testament-inventaire d’Antoine Braud où figure “une armoire a deux portes et vaissaillier”, présence qui trahit une certaine aisance de la famille.

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Brion Bas – Placards plaqués contre un mur près d’une cheminée fermée

Enfin, on citera les murs couverts de placards dont on retrouve encore plusieurs exemplaires à Brion de nos jours. Dans la pièce à vivre, de part et d’autre de la cheminée “placardée” elle aussi, les placards couvrent les murs de la salle de séjour.

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Aujourd’hui

Pleines il y a encore un siècle, nombre de maisons se sont vidées aujourd’hui. Du patrimoine bâti accumulé par des générations que reste-il ? En un peu plus d’un siècle, c’est tout un patrimoine culturel qui s’est transformé pour s’adapter à une vie plus moderne. C’est à un véritable remuement du bâti traditionnel qu’on s’est trouvé confronté depuis la seconde moitié du XIXe siècle, quand l’amélioration des conditions de vie permit la rénovation de nombreux bâtiments, en attestent les dates retrouvées sur les linteaux du village. Le prix élevé de certains matériaux (lauzes) a lui aussi contribué à faire évoluer les bâtiments. La création de routes, qui a favorisé l’arrivée de véhicules à moteur, a entrainé la création de nouveaux bâtiments commerciaux et administratifs d’un style “urbain” et favorisé la construction de maisons contemporaines. Des métiers ont disparu : avec l’abandon de la culture du seigle on a vu disparaitre les artisans spécialisés dans la confection de couverture en chaume mais aussi le charron, le forgeron et bien d’autres.

Au fil du XXe siècle, l’évolution des modes de vie ancestraux s’est accélérée et a précipité l’évolution du bâti. C’est à un véritable abandon de patrimoine ancien qu’on assiste aujourd’hui. A quelques exceptions près, les burons devenus inutiles ont disparu. Le four de Belleguette est noyé sous la végétation. La modernisation des exploitations agricoles et l’aspiration au confort, bien légitimes, ont conduit à rénover parfois drastiquement l’habitat traditionnel qui n’était plus adapté au mode de vie actuel. L’eau courante a fort heureusement remplacé les puits ou la quête de l’eau à la source. Mais alors qu’on disait “qu’à Brion chaque maison avait son puits”, témoignages d’un passé millénaire, combien de ces puits sont encore entretenus aujourd’hui ? Plus récemment encore, la proximité de Besse a attiré à Compains une population saisonnière, bien venue certes, mais dont la préoccupation première n’est pas toujours de respecter ce qui pourrait être conservé et mis en valeur du bâti ancien, sans parler des aménagements intérieurs (disparition des lits clos…). Aujourd’hui, il ne nous reste que quelques bribes de la vie d’autrefois. Alors, et sans nous empêcher de vivre, sachons préserver ce qui peut encore l’être encore du cadre de vie transmis par nos ascendants.

A SUIVRE

11 commentaires sur “– Maisons et symboles”

  1. Bernard Says:

    Natif de Compains je suis enthousiamé par les articles publiés sur le passé de la commune. Un grand merci d’avoir mis à la disposition des habitants et des amoureux de la région une profusion de documents historiques Bravo Felicitations pour le travail de recherche J P Bernard à Troyes

  2. BROQUERIE Says:

    Je pense que les habitants peuvent être fiers de cette initiative d’histoire locale. Encore bravo pour la somme de travaux que cela représente et un grand merci.
    Viviane

  3. Françoise Says:

    Documentation très riche, intéressante à tous points de vue qui donne envie d’en découvrir plus sur place que ce que l’on voit en traversant le village.Des habitants aussi très investis, attachés à leur patrimoine, mettent en valeur la vie ancienne de Compains et ses témoins. Félicitations

  4. tabana Says:

    Et dire que le four à pain de Belleguette a été pillé il y a peu de temps !!

  5. couloumy Says:

    Merci pour votre travail, moi aussi je suis native de Compains et ma mère est une Tartière, tous les noms que vous citez, je les connais, j’ai toujours une maison à 1km500 de Compains
    Merci merci beaucoup

  6. couloumy Says:

    Un petit ajout pour le patrimoine religieux : ma mère A. Tartière avait 10 ans en 1932 et elle se souvient, le transfert des ossements a duré quelque 30 années, car à mes 10 ans, nous jouions tous les gamins du village dans le vieux cimetière et il y avait toujours des ossements visibles sous les dalles bancales,
    Encore merci

  7. TARTIERE Says:

    Un grand MERCI pour ces précieux documents…
    Je suis toujours heureuse de trouver des renseignements sur ce village que j’aime énormément: il faut dire que j’y viens régulièrement depuis mes 3 mois et j’ai 49 ans aujourd’hui!
    Mes arrières grand parents s’appelaient TARTIERE Antoine de Belleguette et MORIN Marie de Chandelière…je regrette tellement la maison de Chandelière qui a du être détruite en juillet 1998 suite au remembrement, la raison est qu’elle aurait été dangereuse pour les riverains!!!
    MERCI BEAUCOUP POUR VOTRE TRAVAIL

  8. noyelle Says:

    bonjour ,pouvez vous me dire ,de quelle dimension était les lits clos en profondeur , ils y dormaient seul ou a deux , merci depuis le mur du fond , auford de la façade du lit clos merci a vous

  9. Valérie Says:

    Bonjour, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai pris connaissance de votre site. En effet, nous avons acheté en 2014 une petite maison aux Borderies sur la commune de Singles.
    Je cherche à connaitre la période de sa construction car elle me semble très ancienne avec une porte d’entrée assez basse, deux petites fenêtres, des linteaux assez grossiers et surtout une cheminée au large linteau de pierre de taille en forme d’arc triple comme celle de Marsol. C’est la première fois que je vois cette similitude! Peut être pouvez vous m’apporter des réponses.
    Etant de Bordeaux, je découvre cette région que j’adore et souhaite approfondir mes connaissances. En vous remerciant par avance. Valérie

  10. MORIN Says:

    C’est toujours pour moi, un grand plaisir que de retrouver des noms connus dans mon arbre,Morin Chabaud Boyer Tartiere Eschavidre Martin Verdier etc .Je souhaite pour ma retraite une maison un buron ou tout immobilier, qui pourrait avoir du caractere et etre un peu l’histoire de la famille à Compains, Valbeleix, Ardes sur Couze ou autre. Même des ruines à retaper.Merci de me faire signe si en plus vous êtes des cousins…

  11. Morvan Says:

    Bonjour, je découvre votre site avec intérêt : je fais actuellement la généalogie de la famille Chamboissier. J’y retrouve des noms croisés dans mes recherches.
    Morin, Eschavidre, Chanet
    Le hameau de Belleguette
    Merci

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