Compains

Histoire d'un village du Cézallier

– L’église Saint-Georges

   

 

L’EGLISE SAINT-GEORGES  (XIIe – XIIIe siècle)

 

Compains- Eglise Saint-Georges – Perspective de l’angle sud-ouest de l’église

 

     A la fin du XIIe ou dans le premier tiers du XIIIe siècle, Compains ne resta pas à l’écart de l’élan religieux qui couvrait le royaume d’un “blanc manteau d’églises”. A peine pourrait-on nuancer cette observation poétique du moine Raoul Glaber pour parler en Auvergne d’un “sombre manteau d’églises” compte tenu de la nature des matériaux employés. Le nouveau sanctuaire de Compains est caractérisé par un renouvellement des techniques puisque construit dans un style transition  entre le roman et le gothique, dit aussi gothique primitif. Il  présente une nef romane à deux travées sans bas-côtés, à laquelle fut ajouté un choeur transition. La tour d’escalier située au pied du clocher sera ajoutée au XVe siècle.

 

Eglise Saint-Georges – Modification du plan de l’architecte Ruprich-Robert (Monuments historiques 74 N 141)

 

 

Saint-Georges, omniprésent à Compains 

 

Saint George

 

     D’abord placée sous la titulature de Saint-Michel archange, l’église Saint-Georges de Compains est aujourd’hui vouée à un martyr oriental, saint Georges, un saint auxiliateur qui secourt les hommes et les animaux. Honoré partout à Compains (église, fontaine, oratoire, vitrail, chasse), saint Georges aurait été selon la légende un officier des légions romaines d’orient supplicié en 303 sous Dioclétien. Une autre hypothèse voudrait qu’il s’agît de saint Georges qui fut évêque du Puy.

 

  Statue équestre de saint Georges terrassant le dragon. Transept de l’église de Compains.

 

 

Compains – Eglise Saint-Georges Chasse de Saint-Georges

 

 

 

 

Symbolisant la lutte contre le paganisme, on trouve saint Georges terrassant le dragon dans l’église où un bois sculpté, un vitrail et une chasse lui sont dédiés. Il orne la fontaine du village et, à peu de distance du centre du bourg, il christianise une source où l’on construisit au XVIIIe siècle un oratoire qui lui est dédicacé.

 

 

 

 

 

 

 

 

  L’église, coeur de la paroisse 

  

 

    Sur la place, à l’ombre du Sully où on attachait encore le bétail au siècle dernier, on débattait des questions à régler profitant de ce qu’à l’appel des cloches, tous sont venus assister à l’office depuis les nombreux villages de la paroisse. On trouvait là les chefs de famille “faisant et composant la majeure et la plus saine partie des principaux habitants”. 

 

 

 

 

Un édifice coûteux à entretenir 

     L’église romano-gothique commencée à la fin XIIe ou au début du XIIIe siècle est de style transition. Elle associe une nef romane à deux travées et un choeur de style gothique primitif à travée unique. A l’époque de sa construction, nous sommes en un temps où les chevaliers de Bréon, seigneurs de Brion, prenaient la Croix vers la Terre Sainte et devenaient les vassaux du Dauphin d’Auvergne (1222).

D’une solide construction, l’édifice fut remanié au XVe siècle et une tourelle d’escalier lui fut accolée près du transept sud. On la rénova au XIXe siècle : en 1821 on craignait la chute de la tourelle d’escalier “ce qui entrainerait l’effondrement de la nef”. L’entretien du bâtiment, cause de dépenses importantes, faisait l’objet de multiples palabres entre les compainteyres et suscitait l’inquiétude des évêques lors des visites pastorales.

 

 

Le chevet

Eglise Compains côté EST

     Polygonal, le chevet est percé de fines fenêtres en lancette semblables à des meurtrières pour mieux protéger l’église du froid. Il est renforcé par des colonnes elles aussi polygonales surmontées de chapiteaux dont les motifs ornementaux portent un fort sens symbolique.

 

 

 

 

 Les chapiteaux

Compains chapiteaux chevet cerf 2

 

 

 

 

 

   Chapiteau au décor animalier

 

 

 

 

 

 

     Un chapiteau au décor animalier symétrique porte au centre et de part et d’autre de l’axe médian deux animaux de profil qui s’affrontent. A gauche un lion. Symbole de puissance, le lion au fil du XIIe siècle, a succédé à l’ours comme roi des animaux. Il est représenté ici dressé sur ses pattes arrière, toutes griffes dehors, dans une position fréquente en héraldique.

     Face à lui, un dragon lui aussi dressé sur ses pattes arrière porte des cornes de bouc et des ailes de chauve-souris. Dans cette scène où le sculpteur a voulu symboliser le combat entre le bien et le mal, le lion représente ici le croyant qui combat le péché. On peut y voir également le gardien de l’église puisque le lion, outre sa réputation de courage, était réputé dormir les yeux ouverts.

     Ces deux animaux sont flanqués de deux cerfs porteurs de bois imposants. Au fil du XIIe siècle, la chasse au cerf, animal christique et gibier royal, avait remplacé la chasse à l’ours autrefois pratiquée par les nobles. Traditionnellement, le cerf tuait le serpent, incarnation du mal et la repousse annuelle de ses bois en faisait  un symbole de résurrection.

     Enfin, on remarque des feuilles de houx qui comblent les vides du chapiteau et prennent la forme d’une croix sur l’axe médian. Considéré comme le symétrique hivernal du chêne, le houx symbolisait la persistance de la végétation en hiver. Depuis le temps des druides, il était aussi réputé repousser les mauvais esprits et la foudre.

 

            Chapiteau des vignerons

 

 

     Le chapiteau ci-contre représente des têtes sereines et souriantes séparées par un entrelacs de grappes de raisin et de feuilles de vigne. Sans doute exécutés par le même artiste, les personnages portent tous la même coiffure à rouleaux qu’arborent les têtes des culots qui soutiennent les colonnes du chœur de l’église.

     Sachant que le climat interdit la culture de la vigne à Compains, on ne peut voir ici une représentation de la vie rurale locale. C’est donc à nouveau un thème religieux que le sculpteur a voulu évoquer ici : celui du Christ et de l’eucharistie.

 

 

 

 Les modillons du chevet

 

 modillons du chevet

     

 

modillon à tête d’homme

 

 

 

 

 

 

 

 

 La tour d’escalier

Solidement construite la tourelle d’escalier (XVe siècle) conduit jusqu’aux cloches.

 

 

     Qui finança l’ajout de cette tourelle quelques décennies après la fin des ravages de la guerre de Cent ans ? Peut-être les Souchet, des bourgeois clermontois détenteurs depuis 1411 de la seigneurie de Brion qu’ils ne vendront que vers 1525 aux Montmorin Saint-Hérent. Seigneurs du lieu durant près de 150 ans, les Souchet pourraient avoir voulu laisser leur empreinte dans les montagnes en finançant cet ajout à l’église. 

 

  La construction de la tour s’assortit de la mise en place à l’angle d’un de ses murs d’une minuscule tête humaine dont la signification mystérieuse nous interpelle.

 

 

 

Surprise sur le mur de la tour :

Petite tête placée sur la tour d’escalier

 

 

Eglise Compains Tour

Tour d’escalier (XVe s.)

     Le cercle bleu tracé sur la tour d’escalier ci-contre désigne l’emplacement d’une tête (à droite) peut-être un “veilleur de pierre”, figurine protectrice qu’on plaçait en Auvergne à l’angle de deux murs d’une maison ou sur sa façade pour la protéger. Que veut nous dire sa position sur l’église ? Protection contre la foudre ou contre le malin ?

 

 

Coexistence du christianisme et du paganisme dans

l’église Saint-Georges

On a cru pouvoir fixer le début de la christianisation des montagnes au IIIe siècle, après qu’Austremoine ait envoyé ses évangélisateurs vers l’ouest d’Issoire. Ceux-ci ne comblèrent cependant qu’en partie les besoins de spiritualité des montagnards des profondeurs de l’Auvergne. Les anciennes croyances en des forces surnaturelles à conjurer – qu’on nommera ici, par facilité, des superstitions  ou des “croyances complémentaires”- ne s’éradiquèrent que peu à peu et la conversion des peuples au christianisme demeura longtemps superficielle.

Au fil du temps, l’Eglise réussit à christianiser les lieux vénérés depuis des temps immémoriaux par les communautés rurales en vertu de cet ancien paganisme naturaliste. On a ainsi vu à Compains deux chapelles construites près de sources considérées comme guérisseuses et situées en pleine nature : l’oratoire de Saint-Georges et la chapelle Saint-Gorgon qui succéda au XIXe siècle à une croix plantée au moins depuis le XVIIe siècle près d’une source affluente du ruisseau de la Gazelle. Et que dire des pentures de la porte sud de l’église : outre la légende féodale à laquelle elles sont associées, ne sont-elles pas ornées de têtes mystérieuses, mi-hommes, mi-dragons, sans doute considérés aptes à défendre l’entrée du saint lieu aux démons indésirables. Et que dire encore des deux dédicaces successives de l’église, la première vouée à saint Michel, la seconde à saint Georges, deux archanges guerriers pourfendeurs du dragon, symbole du paganisme.

 

Un salguebrou à Compains ?

Ces croyances “originelles” furent mises en évidence – à deux reprises semble-t-il – par les oeuvriers de l’église. La tête énigmatique représentée au XVe siècle sur l’angle de la tour d’escalier, la bouche grande ouverte comme pour mieux crier ou souffler, pourrait-être un “repousseur de mauvais esprits”, dit en occitan salguebrou ou salgabri. Placées généralement sur les portails des églises, ces têtes “repoussantes” à la bouche largement ouverte étaient chargées par leurs clameurs de défendre au démon l’accès des sanctuaires (voir : Cahier des Amis du Vieil Allanche, n°12, mai 2019)

 

Salguebrou

 

Proches de Compains, deux têtes de salguebrous figurent sur les modillons du porche gothique flamboyant de l’église d’Allanche. Les églises d’Ydes, de Fontanges et de Saint-Anastasie en sont aussi dotées.

Quel but poursuivait-on au XVe siècle en plaçant un salguebrou sur la tour d’escalier qui conduit au clocher ? Les constructeurs visaient sans doute moins l’éloignement du diable que l’apaisement des éléments déchainés. Les clameurs du salguebrou devaient surtout avoir pour objectif d’éloigner la foudre et de protéger le sonneur de cloches lors des terribles orages relatés par les anciens textes.

 

Des salguebrous à l’intérieur de l’église ?

 

 

Que suggèrent les deux petits culots en forme de tête coiffée de rouleaux situés de part et d’autre du choeur de l’église ?

Ces petits visages tournés vers l’autel arborent un air serein, mais déterminé. Ils montrent une bouche arrondie qui semble souffler vers l’autel, tel le salguebrou de la tour extérieure sculpté deux siècles plus tard.

Pour repousser le mâlin ?

 

 

 

 

Le “clochier” et son coq

     L’église dallée et voûtée apparait bien dégradée quand l’archiprêtre d’Issoire examine l’état du bâtiment en 1634. Le “clochier de Compens” est couvert d’un toit de bardeaux dits “allebardeaux” dans le parler local et la toiture fuit “y pleuvant de partout”. La situation semble avoir été rétablie un siècle plus tard “avons trouvé le sanctuaire et toute l’église […] en état” fait consigner Jean-Baptiste Massillon, évêque de Clermont en 1727.  Il faut dire qu’à cette époque, le curé a bénéficié d’un don important du fils du notaire de Compains Jean Morin, lieutenant en la justice de Compains (†1711), et de son épouse Louise de Laizer (†1712) qu’il a pu utiliser pour des travaux à l’église.

 

L’ancien coq du clocher…

       La réfection du clocher qui s’élève à la croisée du transept s’avéra indispensable en 1683. Les paroissiens étaient si pauvres et “si surchargés de taille” qu’ils n’avaient pu faire accommoder le clocher à temps. Les éléments s’étaient mis de la partie : “la gresle et les inondations [ont été] si fréquentes qu’il leur a esté impossible de remettre le clocher de ladite paroisse [qui] tout ruiné menace d’une chute entière”. Mais où trouver l’argent des travaux ? C’est l’impôt qui y pourvoiera. Dans une supplique adressée à l’intendant d’Auvergne, la levée d’une imposition exceptionnelle fut demandée par les habitants pour réunir les 1200 livres nécessaires à l’exécution des travaux. Ainsi fut fait et chacun paya au prorata de ses revenus. 

En 1742, c’est au tour du presbytère d’être considéré “en état de détresse”. Peu avant la Révolution, l’état de l’église sera estimé correct par l’évêque, sous réserve d’en rénover le pavement. 

 

       Nombre de clochers du Cézalier ont été restaurés, remaniés ou reconstruits au XIXe siècle pour réparer  des ans l’irréparable outrage, pour réparer aussi les destructions des révolutionnaires. Refait en 1822, le clocher de Compains voit sa flèche couverte de bardeaux de châtaignier, une pratique courante en région de montagne.

       L’ancien coq qui surmontait le clocher est aujourd’hui placé dans l’église. Symbole de renaissance et de vie,  le coq est associé chez les chrétiens au jour qui se lève, au reniement de Saint-Pierre et à la résurrection. Depuis 2016, une nouvelle girouette,  elle aussi ornée d’un coq, surmonte le clocher de Saint-Georges.

 

… et le nouveau

 

Le portail méridional 

     Comme de nos jours, c’était le portail méridional triplement voussuré qu’on utilisait au quotidien. Il fut refait au XIXe siècle comme les deux autres portes de l’église  (B. Phalip). Les vantaux du portail sont couverts de quatre pentures en fer forgé dont le style évoque en plus rustique le type d’Auzon qu’on retrouve fréquemment dans la partie ouest de l’Auvergne. Certaines terminaisons des pentures ouvragées portent des ébauches de têtes humaines ou des gueules de monstres assez frustes. 

Le portail méridional de l’église Saint-Georges 

 

 

La légende féodale des pentures de Compains

     On racontait à Compains l’origine légendaire des quatre pentures du portail sud. En un temps où les seigneurs avaient encore de “mauvaises coutumes”, deux chevaliers s’affrontaient sur leur destrier devant le porche de l’église.

chevalier

 Blessé, l’un d’eux voulut chercher refuge dans l’église où il entra, toujours à cheval. A l’instant où les fers de l’animal touchaient le pavement du sanctuaire, ils se détachèrent. On les cloua alors sur les vantaux de la porte.

 

Egliseneuve d’Entraigues, église Saint-Austremoine   

Chevalier   

 

 

 

 

 

 

 L’INTERIEUR DE L’EGLISE

 

 

 

Compains –  La nef de l’église Saint-Georges

Lithographie d’Emile Sagot (1801-1900) – Arch. dép. du P.- de-D., Photothèque Cg63 – Reprod. Serge Seguin 

 

 

 La nef

     Sombre, la nef est aveugle côté nord. Au sud, l’unique fenêtre a été en partie masquée lors de la construction de la tour d’escalier qui conduit au clocher. A l’ouest, seul l’oculus qui surmonte le portail apporte une lumière parcimonieuse.

 

 Les chapiteaux

 

    Bon pasteur ou pélerin ?

     Dans la nef, des chapiteaux floraux revêtent un aspect purement ornemental. Les chapiteaux historiés, aux corbeilles élancées et galbées, ne sont pas inspirées par des scènes de la vie religieuse mais plutôt par des scènes de la vie quotidienne des montagnes.

 

 

     Des personnages barbus ornent les angles des corbeilles séparés par des bottes de seigle ou des fleurs . Le sculpteur des chapiteaux semble avoir voulu représenter la vie des paysans des environs. Vêtu d’une robe et appuyé sur son bâton, un personnage en pied évoque l’un des nombreux bergers qui gardaient les troupeaux dans les montagnes. On ne peut non plus exclure qu’il s’agisse du Bon Pasteur (Evangile de Luc, chap. 15) ou même  du pèlerin qui, soutenu par son bâton se rendait à Vassivière ou à la Font-Sainte.

 

Compains – Eglise Saint-Georges Chapiteaux à corbeilles évasées ornés de têtes séparées par des fleurs et des gluys de seigle.

 

 

 

 

 

 

Etat déplorable de l’église aux XVIIe et aux XVIIIe siècles

Les visites pastorales montrent que la cure vit dans la parcimonie, même sur l’autel : “la lampe [de l’autel] n’est allumée que pendant l’office […] faute de fonds”, et ce encore en 1782. Cette pratique économe est particulièrement désapprouvée par l’évêque François Bochard de Saron qui ordonne qu’une personne pieuse fasse des quêtes dans la paroisse pour financer l’achat d’huile.

     L’autel est garni en 1634 de nappes, de chandeliers de cuivre et d’images saintes. On y trouvait en 1700 le Saint Sacrement dans un tabernacle de bois sculpté avec un ciboire d’argent et deux vases. Même les vêtements du curé sont pitoyables : “les chapes sont toutes déchirées”, les contours sont faits dans de “pauvres étoffes” et les “ornements de chasubles ont besoin d’etre réparés”. 

 

La chaire

Décorée de trois panneaux de bois sculptés, une chaire était placée à gauche de la nef, près du transept de l’église Saint-Georges.  Cette chaire aujourd’hui démontée était encore visible au milieu du XXe siècle, comme le montre la carte postale ci-dessous qui date des années trente. Aujourd’hui, seuls sont encore conservés dans la sacristie deux des trois panneaux de bois sculptés de cette chaire.

 

Panneaux de bois de l’ancienne chaire aujourd’hui démontée

 

Sur le panneau de gauche apparait l’auteur du deuxième évangile, Saint-Marc, qu’on célébrait le 25 avril. A ses pieds son attribut traditionnel, le lion dont Marc évoque les rugissements dans les premiers versets de son évangile.

Sur le panneau de droite, Moïse porte les tables de la loi.

 

La chaire dans les années trente

 

Le Choeur

 L’abside

      L’âpre climat des montagnes a influencé les constructeurs de l’église, comme peut-être aussi le style en vogue en Poitou et Limousin. De hautes fenêtres très étroites éclairent l’abside polygonale à cinq pans. Bien adaptées à la froidure ambiante, elles compensent leur étroitesse par un large ébrasement intérieur et extérieur qui assure une bonne luminosité au choeur de l’église. 

L’autel

     La seconde moitié du XIXe siècle est marquée en Auvergne par un important mouvement de rénovation des églises encouragé par les évêques. Dans nombre de sanctuaires, des autels de marbre blanc sont alors installés pour remplacer les retables et les anciens autels.

 

 

     Compains n’échappa pas à ce mouvement rénovateur.  L’autel de marbre blanc est surmonté d’un tabernacle de la même matière. L’ensemble est sensiblement différent de l’autel représenté quelques années auparavant sur la lithographie d’Emile Sagot. Pour faire face aux frais, le conseil de fabrique dut faire appel aux dons des paroissiens.

 

Choeur, détail d’une retombée de voûte Ministère de la culture, base Palissy, cl. Franck Genestoux

 

 

     Le mobilier liturgique est souvent délabré : on ne trouve à Compains en 1634, aucun confessionnal “qui aurait indulgenté ladite paroisse”. En 1700, un confessionnal sommaire a été réalisé mais l’évêque demande qu’on lui ajoute “des grilles a deux écoutes, deux accoudoirs et agenoulloirs a peine d’interdiction dudit confessionnal”. La chaire est dite en 1782 “dans le plus mauvais état et de toute vétusté”. Quant aux “peuples”, ils ne sont pas invités à s’asseoir : “il n’y a d’autre banc que celui du seigneur” dans l’église Saint-Georges. 

 

 

 

 

 

 

 

 

    L’arrière de l’autel abrita longtemps ce qui servait de sacristie. Plusieurs fois réclamée par les évêques au XVIIe    et au XVIIIe siècle la sacristie était jugée indispensable, “n’y ayant qu’un réduit très étroit derrière l’autel”. Après maintes hésitations, une petite sacristie qui empiétait sur le cimetière du côté sud de l’église fut construite au XIXe siècle.

 

culot main

 Les culots

 

  culot tête

 

 

 

 

 

 L’imagination des tailleurs de pierre auvergnats fit son oeuvre à l’entrée  du choeur de l’église : regardant l’autel, deux paires de culots d’exécution très soignée terminent des colonnes tronquées. Les deux premiers culots présentent des têtes d’hommes aux traits ronds et simples qui portent une chevelure à rouleaux (voir aussi à Aigueperse et Riom) ; les deux autres culots montrent deux mains qui semblent jaillir du mur pour soutenir les colonnes. Les mains aux doigts écartés et aux ongles marqués semblent tendues vers l’autel.

 

 

 

 

 

 

     Les fonts baptismaux font l’objet de critiques répétées lors des visites pastorales : ils ne sont pas couverts d’une “piramide” de bois et l’eau du baptême repose directement dans le bassin de pierre. Une cuve baptismale, sans doute la pierre sculptée de losanges (XIIe-XIIIe siècle) que nous voyons aujourd’hui dans le transept nord, est décrite en bon état lors de la visite pastorale de l’évêque en 1700. Il y manque cependant un couvercle (la pyramide) qui ne sera installé qu’au début du XVIIIe siècle. Un autre problème se pose à l’évêque François de Bonal en 1782 : “le bassin a besoin d’être étamé […] et les vases des saintes huiles [sont] hors d’état de conserver décemment ce qu’ils contiennent”. 

 

 

 

 

 

Le buste du donateur

  

 

      Près de la cuve baptismale est installée une croix de cimetière en andésite aux bras courts cylindriques et aux amortissements arrondis. La croix porte un Christ caractéristique de l’art populaire auvergnat. A son pied, le buste du donateur placé sur le fut surmonte un socle octogonal de facture gothique. Au revers de la croix, la vierge.

  

  

  

   

 

La croix et les fonts baptismaux se trouvaient à la fin des années  quatre vingts à l’extérieur de l’église, près du portail méridional. 

  

   

 

 Croix de cimetière dans le transept de l’église

De face, le Christ, au revers de la croix, la Vierge.

 

 

 

 

 

 

 

  LES LIEUX DE SEPULTURE

Voir au chapitre : Vie religieuse – les lieux de sépulture

 

 

 

L’ancien presbytère et la croix de mission

 

Eglise Saint-Georges - vue nocturne

                                             Eglise Saint-Georges

 

 

 

Un commentaire sur “– L’église Saint-Georges”

  1. BROQUERIE Says:

    Bonjour,
    Le site de Compains me plaît dans sa présentation; les photos à l’appui illustrent parfaitement certains commentaires.
    Bravo à l’auteur(e)
    VB